Depuis ce 1er juillet, les indépendantes peuvent bénéficier d’un congé de maternité étendu à 15 semaines, comme les salariées. Le Conseil des ministres a approuvé le projet d’arrêté royal afin de prolonger le repos de maternité d’une durée de trois semaines maximum. Cet allongement se fera cependant au détriment de l’aide maternelle octroyée via les titres-services.
Choix entre l’allongement et l’aide maternelle
Jusqu’à présent, les travailleuses indépendantes avaient droit maximum à 12 semaines de congé de maternité, ainsi qu’une aide maternelle via 105 titres-services.
Si les indépendantes peuvent bénéficier d’un congé étendu à 15 semaines, elles doivent par contre faire un choix entre cet allongement de trois semaine ou l’aide fournie par les titres-services selon la formule qu’elle choisissent :
– conservation du congé limité à 12 semaines – octroi de 105 titres-services
– prolongement du congé d’une semaine – octroi de 70 titres-services
– prolongement du congé de 2 semaines – octroi de 35 titres-services
– prolongement du congé de 3 semaines – aucun titres-services
L’avis de La Ligue des Familles
Le principe d’octroyer des congés supplémentaires contre le retrait de l’aide maternelle est cependant regrettable, comme le souligne la Ligue des Familles dans son communiqué de presse :
« Nous nous réjouissons que toutes les mères aient désormais les mêmes droits concernant la durée de leur congé de maternité, c’est une avancée majeure pour laquelle la Ligue des familles plaidait de longue date. Mais nous regrettons un peu ce principe de donner d’une main pour reprendre de l’autre» souligne Céline Cocq, chargée d’études à la Ligue des familles. «Plutôt que de faire l’objet d’un «troc» contre des semaines de congés, cette aide sous forme de titres-services devrait être étendue à toutes les mères. »
En effet, les titres-services représentent une aide bienvenue lors de la période de post-partum. Ils permettent de soulager les jeunes mamans qui, à l’arrivée d’un enfant, voient leurs tâches domestiques et de soin augmenter fortement.
Un soutien précieux pour les mères qui doivent non seulement se remettre de leur accouchement, puis reprendre leur activité professionnelle mais aussi, malheureusement, encore généralement assumer la majorité de la charge domestique.
La Ligue des familles appelle à mieux prendre en compte les réalités du post-partum et à améliorer tous les dispositifs permettant de mieux concilier vie familiale et vie professionnelle.
À quand une aide maternelle ou « kraamzorg » pour toutes les belges ?
Born in Brussels a déjà évoqué la nécessité d’un soutien maternel spécialisé et personnalisé étendu à toutes les jeunes mamans en Belgique. Notamment via l’interview de Farah Bombaerts, une « kraamverzogende » qui a l’ambition d’étendre ces soins maternels aux jeunes mamans francophones : Aide postnatale : à quand le métier de « Kraamzorg » du côté francophone ?
En effet, si le « kraamzorg » existe dans certains pays comme les Pays-bas ou même chez nous, en Flandre, les parents francophones ne peuvent pas bénéficier de cette aide personnalisée qui soutient la parentalité au moment le plus crucial, le post-partum.
Cette aide proposée en raison de 4 heures par semaine, à domicile, va des soins du bébé, au soutien parental, à la prise en charge des autres enfants de la famille ou encore à l’aide au ménage. Concrètement, la jeune maman peut prendre du temps pour elle, bénéficier de conseils avisés sur l’alimentation, les pleurs, …Rattraper un peu de sommeil, être aidée dans la préparation du repas, des tâches quotidiennes pour entretenir la maison, etc.
Cette aide bienvenue permet aussi à la jeune maman de retrouver plus vite sa forme et de reprendre le travail de manière plus sereine.
Emmanuelle Vanbesien
