Cinq jours de congé supplémentaires après la naissance d’un enfant, c’est officiel !

3 août 2026

C’est tout récemment que le gouvernement fédéral belge a annoncé cinq jours de congé supplémentaires après la naissance d’un enfant. Seule spécificité : ce congé doit être utilisé soit par la maman soit par le papa/ co-parent. Pour la Ligue des familles – qui en a fait une de ses priorités – l’allongement du congé de naissance est une petite victoire. En effet, quelques jours en plus vont être plus que bienvenu pour rester auprès de son nouveau-né et l’accompagner dès ses premiers jours de vie.

En Belgique, le congé de maternité pour les travailleuses salariées est de 15 semaines et allongé tout récemment pour les indépendantes. Depuis janvier 2023, le congé de paternité et coparentalité est quant à lui passé de 3 à 4 semaines en Belgique. Une évolution certaine qui aura pris près de vingt ans à voir le jour. Mais l’idée mijotait depuis longtemps en faveur d’un allongement, voire même d’une obligation nécessaire. Car, on le sait, il est indispensable pour un père d’être présent, surtout durant les premières semaines, pour a accompagner au mieux la maman face aux difficultés que peut représenter la venue d’un nouveau-né.

Financièrement, pour les pères et co-parents salariés, le congé de naissance est rémunéré 82% du salaire plafonné. Le congé de maternité, 82% du salaire non plafonné les 30 premiers jours et 75% du salaire plafonné ensuite. Les parents indépendants touchent un montant forfaitaire, les parents fonctionnaires conservent leur rémunération. La Ligue des familles pose la question : «Combien sera alors payé ce congé supplémentaire ?»

{Communiqué de la Ligue des Familles}

Le gouvernement fédéral annonce cinq jours de congé supplémentaires à la naissance d’un enfant. Une mesure positive, que la Ligue des familles appelle de ses vœux depuis des années. La Ligue des familles regrette cependant que ces jours soient attribués sous la forme d’un droit transférable entre parents, une formule qui risque de freiner les progrès vers une réelle égalité parentale.

L’allongement du congé de naissance et du congé de maternité est un de nos combats prioritaires depuis de nombreuses années, et nous nous réjouissons donc de cette avancée. Le congé de maternité des mères belges reste l’un des plus courts d’Europe.

La Ligue des familles craint cependant que cette mesure manque l’un de ses objectifs majeurs : mieux ancrer les pères et les co-parents dans une logique de co-responsabilité dans les tâches familiales. Car dans les autres pays qui ont mis en place un tel système, on observe que ce sont les mères qui utilisent très majoritairement ces congés transférables.

L’allongement ne doit pas se faire au détriment des droits individuels

La Ligue des familles regrette toutefois que ces cinq jours supplémentaires puissent être pris par un seul des deux parents, au choix. Si l’objectif est de soutenir davantage les familles, ce congé transférable risque de manquer un de ses objectifs majeurs: mieux ancrer les pères et les co-parents dans une logique de co-responsabilité dans les tâches familiales.

L’expérience des pays qui ont instauré des congés transférables montre en effet que ce sont majoritairement les mères qui utilisent.
Cette mesure pourrait dès lors contribuer à maintenir, voire renforcer, des inégalités déjà importantes dans le partage des responsabilités familiales… au lieu de les résorber.

Une revendication de la Ligue des familles qui se concrétise

Ces cinq jours supplémentaires constituent une première concrétisation du projet de « crédit familial » prévu dans l’accord de gouvernement. Celui-ci vise à remplacer progressivement plusieurs congés existants (congé de maternité et de naissance, congé parental, crédit-temps) par un système de congés liés à l’enfant et partagés entre les parents.

La Ligue des familles a déjà alerté à plusieurs reprises sur les risques de ce modèle. « Nous soutenons l’idée d’allonger les périodes de congé pour les familles, mais pas au prix de la disparition des droits individuels des parents » souligne Céline Cocq, chargée d’études à la Ligue des familles. « Un système de pot commun risque de renforcer les inégalités entre parents et de créer de nouvelles difficultés pour les familles séparées ».

Alors qu’il avait pour ambition de simplifier le système des congés familiaux, le crédit familial risque également d’ajouter de la complexité administrative, tant pour les familles que pour les employeurs. Sa mise en œuvre soulève par ailleurs de nombreuses questions lorsque les parents ont des statuts professionnels différents (salarié, indépendant ou fonctionnaire).

La Ligue des familles plaide pour des congés égaux pour tous les parents. Elle rappelle sa demande d’allonger progressivement le congé de naissance pour arriver à 15 semaines, comme le congé de maternité, et de rendre le congé de naissance en partie obligatoire. Il est temps de soutenir pleinement la place des pères et des co-parents auprès des enfants dès la naissance.

Partagé par Samuel Walheer