Portrait : le métier de sage-femme à l’Hôpital Erasme

26 mai 2026

L’équipe de Born in Brussels s’est rendue au service maternité de l’Hôpital Erasme pour ce portrait de professionnelle. À la rencontre d’une sage-femme, prénommée Hélène. L’idée était de saisir les réalités de ce métier essentiel, à l’occasion de la journée mondiale de la sage-femme. 

Hélène, sage-femme à la maternité de l’Hôpital Erasme. Photo : Samuel Walheer

 

Peu de temps après avoir lancé l’invitation auprès des équipes de sages-femmes, Hélène s’est portée volontaire pour l’interview et la rencontre a rapidement pu se faire. Arrivé à la maternité, c’est une femme solaire et emballée par le projet qui se présente à moi. Hélène me présente les lieux, nous nous installons, l’interview peut commencer.

Dès la première question, Hélène annonce la couleur : « Le métier de sage-femme m’a changé ! Faire le bien et mettre la bienveillance au cœur de ma pratique professionnelle m’a permis de me sentir mieux dans ma peau. Je trouve qu’en tant que sage-femme, on reçoit quelque part une certaine reconnaissance directe de la part de notre public. Agir auprès des femmes et leur bébés et pour leur bien-être est très enrichissant. »

Hélène, sage-femme, dans une chambre de la maternité, à Erasme. Photo : Samuel Walheer

Qui est Hélène ?

Hélène a 41 ans et est une maman épanouie. Surtout depuis qu’elle a eu cette idée de se réorienter professionnellement. Avant cela, elle évoluait dans un tout autre environnement : le marketing. Elle vendait des pneus de camions et d’engins de chantier. On peut dire que l’ambiance n’est plus la même. Une sorte de révélation à la suite de son accouchement qu’elle a vécu à l’Hôpital Erasme. Une expérience qui l’a véritablement transformée. C’est en observant les sages-femmes autour d’elle qu’elle a découvert ce métier. « Je pense que ça a beaucoup résonné chez moi de prendre soin des personnes. Ce sont des valeurs que j’avais envie de mettre en place dans mon quotidien. », nous dit-elle.

C’est vers la fin de la période Covid qu’elle s’est décidée à entreprendre ses nouvelles études de sage-femme sur le campus de l’UZ Jette. Une fois les études bouclées, c’est tout naturellement qu’elle a postulé à l’Hôpital qui l’a inspirée. Elle a développé une affection particulière pour le suivi global, de la grossesse à l’accouchement jusqu’à l’accueil du bébé au sein de la famille. C’est dans ce sens qu’ Hélène a d’abord été engagée en maternité, dans le service GHR (grossesse à haut risque). Après s’être formée en salle d’accouchement, elle y travaille depuis plusieurs mois.

 « Le métier de sage-femme est un métier à mille facettes. Il y a plein de manières de l’exercer et c’est ça qui le rend très riche. » Hélène

Être sage-femme en milieu hospitalier

Hélène m’explique que les horaires varient de semaine en semaine. De manière générale, une journée commence assez tôt, vers 7h, avec une réunion d’équipe. C’est à ce moment que l’équipe de nuit transmet les informations, sur les différents patientes et les cas particuliers, à l’équipe du matin. Une fois le relais fait, les sages-femmes se rendent dans les différentes chambres et accompagnent les couples dans l’accueil de leurs bébés. Hélène continue : « On est là pour répondre à leurs questions, et les soutenir dans ces moments si particuliers de la vie. En salle d’accouchement, nous veillons à la santé des mères et de leur bébé à naître tout en accompagnant les couples dans leurs projets de naissance. À la Maternité le soutien à l’allaitement maternel constitue une grande part de notre temps de soin. Nous administrons également les traitement quand cela est nécessaire et travaillons en étroite collaboration avec le services néonatal vers l’objectif de zéro séparation. »

La sage-femme ajoute : « On poursuit notre tour en tenant à jour les différents dossiers administratifs et médicaux pour assurer un suivi pluridisciplinaire optimal. Ensuite c’est l’équipe de l’après-midi qui prend le relais et on leur fait un briefing. Cela dure comme cela 24h/24 et 7 jours /7. »

« Je sens que ça pousse. »

Elle évoque ensuite son quotidien :« La nuit en salle d’accouchement a quelque chose de particulier. La pénombre apaise, le silence de l’hôpital contraste avec l’intensité des émotions, et chaque naissance semble enveloppée d’une atmosphère presque intime. Cette nuit-là, une maman est arrivée pour donner naissance à son troisième enfant. Elle souhaitait une péridurale, qu’elle a reçue rapidement, puis nous l’avons accompagnée tout au long de son travail, en veillant attentivement sur elle et sur son bébé. Au fil des heures, un lien particulier s’est créé avec ce couple. Au petit matin, alors que mon service touchait à sa fin, je suis allée lui dire au revoir. C’est à ce moment-là qu’elle m’a regardée en disant : « Je sens que ça pousse. » En l’examinant, j’ai découvert que son bébé était presque là. Avec l’aide d’une collègue, dans les premières lueurs du jour, nous avons accompagné cette naissance magnifique, calme et pleine d’émotion. Quelques instants plus tard, son troisième enfant était dans ses bras, et tout s’était bien passé. »

Formation et évolution

En Belgique, les études de sage-femme sont organisées de manière différente en Communauté Wallonie-Bruxelles et en Flandre. Les études durent 4 ans en Communauté Wallonie-Bruxelles et sont concentrées sur 3 ans dans le Nord du pays. Il s’agit d’un enseignement supérieur de type court (bachelier professionnalisant) organisé en Haute École. Entre enseignements théoriques (sciences fondamentales, médicales, humaines) et une importante pratique clinique (stages dès les premières années, en salle de naissance, maternité, etc.). Hélène précise à ce sujet : « On y apprend vraiment le métier et à développer un œil clinique. »

Concernant l’évolution du métier, la professionnelle confie que ce qui a beaucoup changé, selon ce qu’elle vit et sait en discutant avec ses collègues. « C’est vraiment le ratio entre la charge de travail, qui ne fait qu’augmenter, et les moyens qui sont mis à disposition pour y arriver. Due a la pression croissante mise sur notre système de santé. » À côté de cela, beaucoup de facteurs positifs à travailler en tant que sage-femme au sein de ‘Hôpital Erasme sont cités par Hélène :

  • Disposer d’une vraie autonomie de travail avec les patientes
  • Évoluer au sein d’une structure, d’une équipe bienveillante
  • Avoir une flexibilité dans son travail (horaires variables)
  • Organiser son travail pour un bon équilibre entre vie privée et vie professionnelle
  • Recevoir des feed-back positifs et instantanés des familles

D’après elle, le métier de sage-femme offre cette opportunité d’être, de croiser le chemin de familles à un moment extraordinaire de leur vie. Que ce soit la grossesse, l’accouchement et l’accueil d’un enfant, la création d’une famille. Ce sont des moments à la fois extraordinaire et d’une grande vulnérabilité dans la vie d’une femme et d’un couple, un grand pieds dans l’inconnu.

Hélène et deux de ses collègues, à Erasme. Photo : Samuel Walheer

« On se sent soutenue »

Elle-même maman d’un enfant de 6 ans, Hélène sait que le chemin n’est pas toujours rose pour les futures mamans qui viennent à l’Hôpital. Il y a des histoires heureuses et d’autres plus compliquées. C’est exactement ce qu’elle cherchait en se réorientant, rencontrer un public différent de ce qu’elle a connu dans ses précédentes expériences professionnelles. Elle confie qu’au début de sa carrière, elle souhaitait évoluer au sein d’une équipe. En tant que sage-femme, elle ne se voyait pas travailler en tant qu’indépendante. Selon elle : « quand on est sage-femme indépendante, on travaille majoritairement seule, cet aspect me correspondait moins. Sans parler de toute la paperasse à gérer. » 

La jeune femme se décrit comme une personne altruiste qui apprécie l’esprit d’équipe qui règne au sein du service maternité à Erasme. Il faut dire que ce n’est pas une petite équipe puisque le service compte pas moins de 80 sages-femmes. Se retourner, poser ses questions, compter sur les autres, s’entraider, développer un œil clinique et avoir des chefs d’équipe disponible sont des points importants et qui confirment à Hélène qu’elle a choisir la bonne voie.

Soutien (inter)national

En Belgique, des organismes soutiennent les sages-femmes. Au niveau local, il existe l’UpSfb (Union professionelle des sages-femmes belges). Elle promeut la profession, défend les intérêts moraux, sociaux et professionnels des sages-femmes. Du côté néerlandophone, il ya la Vlaamse Beroepsorganisatie van Vroedvrouwen | VBOV qui existe depuis 1994 pour renforcer la profession. Ses concepts clés de l’organisation sont : connaissance, compétence, vision, compétences ou encore interdisciplinaire.

Au niveau international, il y a la Confédération internationale des sages-femmes. Le 5 mai, elle lançait sa campagne mondiale porté par le message suivant : «Un million de sages-femmes de plus». Une alerte d’une part sur la pénurie de sages-femmes partout dans le monde. Mais aussi l’occasion idéale de mettre de la lumière sur les sages-femmes, leur rôle essentiel sur les systèmes de santé et dans l’accès aux soins des femmes avant, pendant et après la grossesse.

→ Article à retrouver sur le sujet :  « Un million de sages-femmes de plus » pour un meilleur accès aux soins des futures mamans

Services périnatals et pédiatriques à Erasme

L’Hôpital Erasme est un Hôpital universitaire dépendant de l’Université Libre de Bruxelles. L’institution dispose de :

  • Un service de Pédiatrie
  • Une clinique de Neuropédiatrie (Unité de Sommeil pédiatrique et d’Exploration de l’Épilepsie)
  • Une maternité
  • Un service de Néonatologie (prématurés) NIC (intensif) et N* (non intensif)
  • Des urgences pédiatriques,
  • Un centre de Réadaptation Fonctionnelle Neurologique Infantile (CRFNI),
  • Un service de Psychiatrie du bébé, de l’enfant, de l’adolescent et du jeune adulte.

→ Vers le site de l’Hôpital Erasme

 

Texte et photos : Samuel Walheer