« 600 accouchements de qualité par an », plaident gynécologues et anesthésistes

19 octobre 2026

Dans le cadre de la réforme des maternités, les gynécologues et les anesthésistes ont tenu à préciser leur position. Ils soutiennent la référence de 600 accouchements par an. La prise en compte du volume dans le calcul budgétaire ainsi que l’importance de prendre en compte l’accessibilité géographique, la qualité ainsi que la sécurité des soins sont sur la table.

Cette position commune est signée par Stefaan Carlier, président de l’APSAR-BSAR, Gilbert Bejjani, secrétaire général de l’APSAR-BSAR, Koen Traen, président du VVOG, et Maxime Fastrez, président du CRGOLF.be.

Ces derniers déclarent : « Nous considérons ces 600 accouchements comme une référence de volume d’activité étayée et défendable. Il ne s’agit pas, à nos yeux, d’une norme purement budgétaire »

Le budget mais aussi le volume comme référence

Les signataires rappellent que le KCE a calculé qu’une maternité devait assurer environ 557 accouchements par an pour ramener le coût par accouchement au niveau de celui des maternités les plus efficientes. Le groupe d’experts chargé de la réforme du paysage hospitalier a ensuite traduit ce chiffre en une référence de 600 accouchements annuels. Un volume suffisant contribue également au développement et au maintien de l’expertise clinique tout en optimisant le nombre de professionnels de la santé. Les gynécologues et les anesthésistes soulignent le fait qu’il est difficile d’asurer une disponibilité spécialisée permanente dans un grand nombre de petites maternités.

Des dérogations géographiques possibles

Le volume d’activité ne doit cependant pas être l’unique critère. Des dérogations au seuil des 600 accouchements doivent être accordées pour maintenir l’accessibilité territoriale. Cela, à condition d’être justifiées de manière transparente et de respecter des critères de sécurité stricts. Toute fermeture ou regroupement de maternités doit obligatoirement s’accompagner de réseaux régionaux de soins solides (accords de transfert des patientes, capacités de transport renforcées) et de mesures d’accompagnement pour préserver l’expertise et redéployer le personnel soignant en toute sécurité.
« Ce n’est pas le nombre de maternités qui détermine la qualité des soins maternels, mais leur capacité à garantir des soins sûrs, de qualité et prodigués en temps utile » Gynécologues et anesthésistes signataires

La sécurité au cœur de la réforme

Comme on le sait, un accouchement peut basculer à tout moment dans une situation critique mettant en jeu le pronostic vital de la mère ou de l’enfant. Les professionnels rappellent que chaque maternité doit être capable de mobiliser une expertise multidisciplinaire qualifiée et des infrastructures adaptées 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Ce qui s’avère difficile à garantir si les équipes sont dispersées dans un trop grand nombre de petites structures.
Les signataires plaident donc pour une réforme conciliant à la fois sécurité, qualité, expertise, accessibilité géographique ainsi qu’une utilisation efficiente des ressources humaines et des moyens disponibles en quantité limitée.

Samuel Walheer