« Zéro enfant en rue », les défenseurs des droits de l’enfant tirent la sonnette d’alarme !

À Bruxelles, un grand nombre d’enfants et leurs familles passent encore la nuit dehors. Le Délégué général aux droits de l’enfant (DGDE) et le Kinderrechtencommissariaat (KRC) tirent, d’urgence, la sonnette d’alarme ! Une réalité inacceptable qui fait pourtant partie des droits fondamentaux de l’enfant. Les deux organismes défenseurs des droits et des intérêts des enfants en Wallonie, à Bruxelles et en Flandres appellent à des mesures immédiates et accompagnent leurs revendications du message suivant : « Aucun enfant ne devrait dormir dehors, quelles que soient la situation administrative de sa famille ou les politiques publiques en vigueur. »

{Communiqué de presse du DGDE et du KRC}

Des constats provenant d’acteurs de terrain

Le phénomène du sans-chez-soirisme touche une population bien plus large que ce que l’espace public laisse voir. Le dernier dénombrement (2024) faisait déjà état de 9.777 personnes en situation de sans-chez-soirisme à Bruxelles, dont 1.678 mineurs.

Pour objectiver l’évolution récente de la situation et mesurer la pression sur l’hébergement d’urgence, nos institutions ont consulté Bruss’help et le Samusocial, deux acteurs essentiels de coordination et d’intervention de première ligne. Leurs constats convergent : les demandes augmentent, les dispositifs saturent, et les refus s’accumulent. Le Samusocial doit refuser des familles quotidiennement et confirme que des enfants sont actuellement à la rue à Bruxelles.

Quelques données chiffrées

Il n’existe pas de chiffre continu et exhaustif sur le nombre de personnes « en rue ». Les refus d’hébergement constituent dès lors un indicateur clé des nuits sans mise à l’abri, tout en sachant que certaines familles en besoin ne sollicitent pas ou plus les dispositifs.

Ces éléments doivent être lus avec une réalité complémentaire : la “rue” ne se limite pas à l’espace public visible. Une partie des familles se retrouve dans des situations “hors radar” (canapés, hébergements non conventionnels, squats), avec des risques majeurs pour la sécurité, la santé et le développement des enfants. Voici quelques chiffres :

  • d’une hausse des refus d’hébergement de familles avec enfants en 2025, avec des pics durant l’été ;
  • d’un signal particulièrement marquant : jusqu’à 100 personnes en famille refusées en une seule journée ;
  • depuis le 6 octobre, d’une moyenne de 127 personnes refusées par semaine, majoritairement des familles avec enfants, souvent des mères seules avec enfants ;
« Zéro enfant en rue, DGDE et KRC ©

Risque d’effet « falaise »

Un point d’alerte majeur impose une réaction politique rapide : 285 places d’hébergement d’urgence pour familles sont annoncées comme devant fermer au 31/03/2026, alors même que la situation est déjà critique au regard du niveau actuel de refus.

Nous le disons sans détour : ces fermetures créeront un effet falaise.
Elles augmenteront mécaniquement les refus et placeront davantage d’enfants à la rue.

Choix politiques, quels effets sur les enfants ?

Les facteurs identifiés convergent : politiques migratoires, violences intrafamiliales et conjugales, expulsions domiciliaires, et manque de solutions de logement adaptées. Nous le rappelons : les politiques publiques ne sont pas abstraites. Elles ont des conséquences directes sur le terrain, et ces conséquences frappent aussi — et parfois d’abord — les enfants.

Les refus d’hébergement, l’instabilité et la saturation de la « deuxième ligne » (maisons d’accueil et dispositifs plus stabilisants) compromettent la sécurité, la santé, la scolarité et le développement des enfants. Des familles restent durablement coincées dans l’urgence faute de relais et de solutions adaptées.

Une responsabilité collective à tous les niveaux de pouvoir

Nous rappelons aux autorités belges que la Belgique a signé la Déclaration de Lisbonne en juin 2021. La Belgique s’est ainsi engagée à mettre fin au sans-abrisme d’ici 2030. Les objectifs de la déclaration sont les suivants :

  • Personne ne dort dans la rue faute d’hébergement d’urgence accessible, sûr et adapté.
  • Personne ne doit rester dans un logement d’urgence ou temporaire plus longtemps que nécessaire pour réussir sa transition vers un logement permanent.
  • Personne ne doit être expulsé d’un établissement (par exemple, une prison, un hôpital, un établissement de soins) sans se voir proposer un logement adapté.
  • Les expulsions doivent être évitées dans la mesure du possible et personne ne doit être expulsé sans aide pour trouver une solution de logement appropriée, si nécessaire.
  • Personne ne doit être victime de discrimination en raison de son statut de sans-abri.

Nous appelons à une mobilisation coordonnée du fédéral aux pouvoirs locaux, en passant par la Région, les communes et les CPAS. La protection des enfants ne peut pas être renvoyée d’un niveau de pouvoir à l’autre. C’est une responsabilité partagée.

Des solutions existent !

Les solutions existent et sont documentées, notamment via le Masterplan bruxellois de fin du sans-chez-soirisme et les alertes sectorielles (dont l’appel au principe de « zéro refus familles et zéro enfant en rue » porté par le Comité de l’Aide d’Urgence et de l’Insertion sociale (CU-CI) de Bruss’help).

Nous demandons des mesures immédiates et concrètes :

  • garantir qu’aucun enfant ne passe la nuit dehors ;
  • maintenir les 285 places menacées au 31 mars et renforcer les capacités adaptées aux familles ;
  • pérenniser les capacités ouvertes temporairement lorsque les besoins persistent ;
  • développer des logements de transit pour éviter la bascule vers l’urgence après une expulsion ou une fuite d’un domicile violent ;
  • financer durablement les équipes mobiles et l’accompagnement des familles hors dispositifs ;
  • renforcer l’accès aux solutions de “deuxième ligne” (l’aide spécialisée, dont l’aide à la jeunesse) pour sortir durablement les enfants de l’urgence ;
  • une planification qui évite le yo-yo permanent des dispositifs (ouvertures/fermetures), ingérable pour les équipes et destructeur pour la stabilité des enfants .

Nos institutions sont prêtes à rencontrer, sans délai, les autorités concernées pour soutenir une réponse coordonnée. Laisser des enfants sans mise à l’abri n’est pas une fatalité : c’est un choix collectif d’inaction. Nous appelons à un choix collectif inverse.

Notre message est simple : zéro enfant en rue

Zéro enfant en rue n’est ni un slogan ni une option. C’est une exigence minimale de protection et de dignité. Le Délégué général aux droits de l’enfant et le Kinderrechtencommissariaat resteront pleinement mobilisés et interpelleront les autorités concernées afin que des mesures immédiates et structurelles soient prises.

Journée mondiale de l’obésité : la prévention, mère de sûreté

Le 4 mars 2026 est une journée mondialement importante. Il s’agit autant de lutter contre l’obésité que de la déstigmatiser. En Belgique, cette maladie chronique touche environ 6% d’enfants âgés entre 2 et 17 ans. Avec des conséquences physiques et psychiques importantes. Souvent, la responsabilité est donnée uniquement aux parents. En réalité, le sujet fait débat. Entre facteurs génétiques et environnementaux, des actions préventives existent et des centres spécialisés sensibilisent les plus jeunes et leurs familles.

Face à une sédentarisation accrue, une nourriture industrielle et transformée, une omniprésence des écrans ou encore un marketing de produits malsains, l’enjeu est de taille pour les professionnel.le.s de la santé et, plus largement, pour notre société ! Pour participer à cette journée mondiale, Born in Brussels rassemble ici quelques bons conseils pour les (futurs) parents et leurs tout-petits. C’est aussi l’occasion de partager quelques initiatives de la part des Cliniques de l’Europe et des Hôpitaux Iris Sud. Pour un bon équilibre alimentaire et une meilleure santé, ces deux centres proposent notamment des parcours de soins personnalisés.

L’obésité est une maladie chronique complexe qui a un impact considérable sur la qualité de vie. Elle se situe à la croisée de facteurs physiques, sociaux et psychologiques. » Institut national d’assurance maladie invalidité (INAMI)

À qui demander de l’aide ?

En tant que (futurs) parents, même en étant attentif, il n’est pas forcément facile de déceler une pathologie chez son enfant. Lorsqu’il s’agit d’une problématique alimentaire, différents acteurs de première ligne peuvent intervenir, dans un premier temps et constater une anomalie sur la courbe de croissance; un médecin de famille, un médecin scolaire, un pédiatre ou encore l’ONE (du côté francophone). En effet, l’Office de la Naissance et de l’Enfance propose des rendez-vous basés sur 15 examens entre 0 et 3 ans ainsi que 3 examens jusqu’à 6 ans. Une équipe médico-sociale suit le développement de l’enfant sur différents points (vue, audition, vaccinations, alimentation) et ce, gratuitement.

→ Consultations pour enfants – Public – Office de la naissance et de l’enfance

Un accompagnement individualisé

Dans un second temps, lorsqu’un diagnostic de surpoids ou d’obésité infantile a été posé par un.e professionnel.le de la santé, il est également possible de faire appel à l’Institut national d’assurance maladie invalidité (INAMI). En effet, depuis décembre 2023, l’INAMI prévoit un accompagnement et des soins adaptés en fonction de la situation de l’enfant : des soins de diététique en cas de surpoids ou d’obésitéun trajet de soins « Obésité infantile » ou encore un traitement spécialisé dans la prise en charge de l’obésité morbide et/ou complexe.

→ Pour plus d’informations

Parent(s), ne pas (s’)oublier

Devenir parent, c’est aussi faire face à de nombreuses difficultés. La santé de son enfant passant souvent avant tout, certains parents s’oublient parfois dans le calcul. Le Prof.dr. Bart Van der Schueren déclare à cet effet : « Lorsque vous êtes parent seul avec trois enfants et un boulot, difficile de trouver le temps d’aller faire des efforts physiques, de prendre le temps de cuisiner, de faire attention à son corps. Scientifiquement, on sait aussi maintenant qu’il existe, par exemple, tout un circuit hormonal autonome qui règle notre poids. Étonnamment, on « défend son poids », on ne perd du poids qu’en cas de problème (un cancer qui apparaît…). Le maintien du poids est donc bien plus hors de la volonté de la personne qu’on le croyait. Puisque l’on dispose maintenant de ces données scientifiques, il faut déstigmatiser les personnes qui vivent avec l’obésité. » Cela passe aussi par une conscientisation de la part du ou des parents et leurs capacités à saisir l’importance de l’éducation alimentaire de son ou ses enfants.

Une prise en charge globale

Aux Cliniques de l’Europe, la Clinique de l’obésité a récemment été réorganisée sur ses deux sites. L’équipe travaille en étroite collaboration avec des endocrinologues, des diététicien·ne·s, des nutritionnistes, des psychologues ou encore des spécialistes du sommeil.

« Chaque cas est différent et nécessite une autre approche. C’est précisément cette prise en charge pluridisciplinaire qui nous permet d’apporter des solutions sur mesure à nos patient.e.s », souligne le Dr Nijs, membre de l’équipe, sur la page web de la Clinique.

De leur côté, les Hôpitaux Iris Sud se mobilisent également à l’occasion du 4 mars. Un stand d’information sera organisé de 9h à 16h sur le site d’Etterbeek-Ixelles, afin de sensibiliser le public aux enjeux de l’obésité et de présenter les solutions existantes. Ce stand s’adresse aux patient.e.s, aux proches et à toute personne désireuse d’en apprendre davantage sur l’obésité et les solutions adaptées pour la prévenir ou la prendre en charge. Des conseils personnalisés y seront prodigués et un échange avec des professionnel.le.s spécialisé.e.s sera possible, afin d’adopter les meilleures pratiques. L’objectif est de favoriser une meilleure compréhension de cette problématique et d’accompagner chacun vers une prise en charge adaptée et efficace. Finalement, une visite de leur Centre Poids et Santé est prévue.

Quand on peut prévenir…

Certains facteurs environnementaux favorisent une prise de poids précoce, amenant à du surpoids, voire de l’obésité infantile. S’il n’est pas stimulé et accompagné par ses proches, l’enfant risque de se sédentariser et d’adopter une mauvaise hygiène de vie ; résultante de peu d’activités physique et d’une alimentation déséquilibrée. Pour pallier ces effets vraisemblablement néfastes sur la santé physique et mentale de l’enfant, l’élément central sur lequel veiller est l’alimentation.

En observant la courbe de croissance de votre enfant, il ne faut pas attendre ou agir trop tard. Il convient d’être préventif et faire attention à ce que l’enfant mange à sa faim, qu’il ne soit pas dans la restriction/qu’il ne se prive pas mais qu’il ne soit pas non plus au-delà de sa faim ! Un enfant qui mange vite, qui n’écoute pas sa faim, qui se ressert vite ou redescend grignoter 20 minutes après le repas alors qu’il n’a pas besoin de cette énergie va forcément stocker ces surplus inutiles. » Mélissa Moretti, diététicienne à la Clinique du Poids Junior à l’Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola interviewée par le journal Rtbf.

Adopter un bon style de vie

Bien qu’elle ne fasse pas forcément perdre du poids, l’activité physique est également un élément bénéfique pour prévenir le surpoids et l’obésité. Elle réduit les risques de maladies cardiovasculaires, de diabète, de cancers et peut-être bénéfique pour lutter contre le stress et la dépression. Être un parent actif, voire sportif, aura sans doute des effets positifs pour son enfant, un modèle à suivre. En fonction de ses capacités et de ses envies, inciter son enfant à pratiquer une activité sportive – associée à une alimentation saine – ne pourra que le pousser vers la voie d’une bonne hygiène de vie et ainsi, viser à réduire les risques de surpoids. Voici quelques exemples de bonnes habitudes, encouragées par Sciensano (centre de recherche national de santé publique en Belgique) à prendre pour soi et son enfant : marcher, courir, nager, faire du vélo, cuisiner soi-même, prendre le petit déjeuner ensemble et pas devant télévision, prendre des collations saines (fruits, laitage), ne pas sauter de repas, manger lentement, dans le calme et à heures fixes, varier l’alimentation et adapter les repas ou encore éviter de grignoter des collations sucrées et salées.

Déstigmatiser !

La maladie est généralement associée à un déséquilibre entre les apports et les dépenses alimentaires ; ce qui semble plutôt présomptueux pour les professionnel.le.s de la santé . En effet, l’obésité infantile est considérée comme maladie depuis 1997, par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Elle est également qualifiée de chronique et est, contrairement à d’autres maladies, bel et bien visible. Bien que l’un des facteurs principal soit d’ordre génétique, l’obésité peut aussi provenir d’autres facteurs environnementaux. Bien souvent, l’enfant « trop gros » est stigmatisé par la société, à commencer par celles et ceux qui l’entoure. À cet égard, Nicolas Guggenbühl, professeur de nutrition et diététique à la Haute école Léonard de Vinci, à Bruxelles, déclare : « Le problème provient de l’attitude assez culpabilisante à l’égard des personnes en situation d’obésité, dans le sens où si vous êtes trop gros, c’est de votre faute. C’est encore très fréquent, assez nuisible et très contreproductif à la prise en charge de l’obésité. »

Samuel Walheer

Aide alimentaire et précarité : Soutenez vous aussi la campagne #FRIGOVIDE !

#FrigoVide, c’est la récente campagne lancée par les acteurs de l’aide alimentaire à Bruxelles et en Wallonie. En ce début d’année, la précarité alimentaire ne cesse de faire parler d’elle. Et pour cause, les financements des pouvoirs publics ont été fortement réduits. Les bénévoles et les travailleurs de terrain tentent, tant bien que mal, de garder la tête hors de l’eau. Mais voilà, les demandes ne font qu’affluer. Ce nouveau mouvement d’alerte appelle les associations et le grand public à signer la carte blanche. Soutenir collectivement la cause et à faire réagir le gouvernement, pour le bien de toutes les personnes et les familles en situation de précarité.

Comme le rappelle le mouvement Fédération des Services Sociaux (FdSS) à l’initiative de la carte blanche : « Se nourrir est un droit humain fondamental, pas un privilège ! » Par cette campagne, elle appelle donc à garantir le droit à l’alimentation, soutenir et accompagner les personnes les plus vulnérables et à donner aux structures d’aide alimentaire les moyens de faire face à l’urgence actuelle.

→ Signer la carte blanche

{Carte blanche : UNE DÉFERLANTE DANS L’AIDE ALIMENTAIRE : L’URGENCE QUE PERSONNE NE VEUT VOIR}

En ce début d’année 2026, une déferlante frappe les services sociaux. Partout en Belgique, des milliers de personnes affluent vers les CPAS. Depuis le 1er janvier, la première vague des quelque 180 000 personnes exclues du chômage se présente aux guichets des permanences sociales. Les travailleurs sociaux croulent sous les dossiers et les délais de traitement s’allongent. Pendant ce temps, des milliers de personnes se retrouvent sans revenu et n’ont pas d’autres choix que de recourir à l’aide alimentaire. Même pour ceux qui auront finalement droit à des aides sociales, la situation restera précaire et, pour beaucoup, le besoin d’aide alimentaire s’installera dans la durée.

Les anciens chômeurs viennent s’ajouter aux profils déjà bien présents dans les files : bénéficiaires du revenu d’intégration, travailleurs précaires, étudiants, familles monoparentales, personnes malades, personnes isolées, petits pensionnés… Tous ont un point commun : vivre avec un frigo vide dans un pays pourtant riche.

Une précarité qui explose depuis des années

L’aide alimentaire est au bout de la chaîne de la solidarité. Elle arrive quand les personnes vivent sous le seuil de pauvreté et sont déjà au plus bas. En Belgique, ce ne sont pas moins de 600.000 personnes qui y ont recours. Ce nombre augmente depuis des décennies : +30 % depuis la période pré-Covid. Pendant que les besoins s’intensifient, les protections sociales s’érodent. Les réformes socioéconomiques successives sont menées sans tenir compte de leurs conséquences sur les plus vulnérables. Elles frappent durement celles et ceux qui sont déjà les plus fragiles : familles monoparentales, femmes, futurs retraités, jeunes sans expérience professionnelle, etc.

Selon un récent rapport de l’IWEPS, en Wallonie, 14 % des femmes déclarent avoir dû se priver de manger pour nourrir un enfant ou un proche. Que représentera ce chiffre en 2026 ?

#FrigoVide : trop, c’est trop

Face à cette situation, les bénévoles et travailleurs de terrain de l’aide alimentaire s’épuisent. Ils bricolent et improvisent pour répondre tant bien que mal aux demandes qui ne cessent d’affluer. C’est pour porter leur cri d’alerte qu’a été lancé le mouvement #FrigoVide.
Aujourd’hui, les frigos sont vides : ceux des bénéficiaires, mais aussi ceux des services censés les aider. L’aide alimentaire est peu soutenue par les pouvoirs publics et une grande partie de ces financements a été réduite ou supprimée. Le gouvernement fédéral, qui finançait l’achat de produits essentiels à hauteur de 27 millions d’euros en 2025, a diminué ce budget à 15 millions en 2026.

Comment répondre à l’urgence sociale quand les moyens fondent au moment-même où la demande explose ?

Se nourrir est un droit humain fondamental, pas un privilège !

Pourtant, l’État abandonne sa responsabilité, laissant des services locaux submergés et des associations dépassées, porter seuls ce qui devrait relever de la solidarité nationale.

Nos revendications : pour un droit effectif à l’alimentation

Vaincre la pauvreté est un choix de société ! Nous appelons à :

  • Garantir le droit à l’alimentation : offrir à la population les conditions pour que chacun et chacune ait les moyens de satisfaire, dans la dignité, ses besoins essentiels, notamment se nourrir.
  • Soutenir et accompagner les personnes les plus vulnérables : ce qui implique de donner aux travailleurs sociaux et aux bénévoles de l’aide alimentaire et du secteur social-santé plus largement, les moyens d’accomplir leurs missions.
  • Donner aux structures d’aide alimentaire les moyens de faire face à l’urgence actuelle : financer l’achat de produits alimentaires adaptés, soutenir les plateformes logistiques et d’approvisionnement qui aident les organisations sur le terrain, distribuer des chèques alimentaires aux populations concernées afin de leur permettre de s’approvisionner directement dans les commerces.

Personne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se soigner et se nourrir. Nourrir sa famille ne devrait jamais dépendre d’une place dans une file. L’accès à une alimentation de qualité est un droit humain fondamental. Ce n’est pas une variable d’ajustement économique. Nous appelons les gouvernements à faire de l’alimentation une priorité et à agir à la hauteur des enjeux.

Signataires (récolte des signatures en cours, déjà plus de 100 organisations signataires)

→ Lire la totalité de la carte blanche

La péridurale ambulatoire : une avancée majeure enfin proposée à Bruxelles

Une première en Belgique francophone : l’Hôpital Universitaire de Bruxelles (H.U.B) propose la péridurale ambulatoire pour les accouchements par voie basse. Les femmes peuvent continuer à bouger pendant le travail tout en étant soulagées de la douleur. Une évolution importante qui vise à améliorer le confort, favoriser le bon déroulement de l’accouchement et renforcer l’autonomie des patientes, sans compromis sur la sécurité.

(Communiqué de presse de l’H.U.B)

Une avancée majeure qui révolutionne l’expérience de la naissance, en permettant aux femmes de rester actrices de leur accouchement, tout en favorisant le bon déroulement du travail, au bénéfice des mamans comme des bébés. 

Une première en Belgique francophone

Le service de gynécologie-obstétrique de l’H.U.B franchit une étape majeure dans l’accompagnement des naissances. Il devient le tout premier service en Belgique francophone à proposer l’accouchement par voie basse sous péridurale ambulatoire.

Concrètement, cette innovation permet aux femmes enceintes de se déplacer librement pendant le travail, tout en bénéficiant d’un soulagement efficace de la douleur. Jusqu’à présent, la péridurale classique entraînait une perte de mobilité, obligeant les patientes à rester alitées. Grâce à ce nouveau protocole, la douleur est contrôlée, les sensations sont préservées et la mobilité des membres inférieurs maintenue.

Pourquoi le mouvement pendant le travail est essentiel ?

De nombreuses études médicales démontrent que la mobilité et les positions verticales pendant le travail favorisent le bon déroulement de l’accouchement :

  • Le mouvement aide le bébé à mieux s’engager dans le bassin
  • Il peut raccourcir la durée du travail
  • Il est associé à une diminution du recours aux instruments(forceps, ventouse)
  • Il améliore le confort maternel et l’autonomie de la future maman

Dr. Clotilde Lamy, Directrice de la Clinique de Gynécologie Obstétrique de l’H.U.B : « Léonard de Vinci l’affirmait déjà : le mouvement, c’est la vie. »

Cette approche s’inscrit dans une vision moderne de l’obstétrique, centrée sur la sécurité médicale, mais aussi sur le respect de la physiologie et de l’expérience vécue par les patientes.

Une réussite rendue possible par un travail d’équipe inédit

Cette innovation est le fruit d’une collaboration étroite entre les équipes de gynécologie-obstétrique et d’anesthésiologie de l’H.U.B. Ensemble, elles ont élaboré un nouveau protocole clinique spécifique. Cette collaboration garantit, une nouvelle fois, un haut niveau de sécurité pour la mère et l’enfant, tout en ouvrant de nouvelles perspectives dans l’accompagnement de la naissance.

Sommeil du bébé : « Il n’est jamais honteux de demander de l’aide ! »

Le sommeil du tout petit éprouve tous les parents. Peu importe que l’enfant dorme bien ou qu’il ait plus de mal à rejoindre les bras de Morphée, il n’est jamais simple de se lever en plein milieu de la nuit pour prendre soin de son nouveau-né. Dans certains cas, les réveils nocturnes trop réguliers impactent plus profondément certains parents qui n’arrivent plus à sortir la tête de l’eau. Dans ces cas-là, des solutions existent et, selon Lucia Pecchini, conseillère en sommeil – interviewée par Born in Brussels –, « il n’est jamais honteux de demander de l’aide ! »

« Je suis consultante en sommeil infantile certifiée à l’international (Sleep Sense®), l’un des programmes de formation les plus reconnus dans le domaine du sommeil du nourrisson et du jeune enfant. Mon travail est centré sur l’accompagnement des familles pendant la grossesse et la petite enfance, avec une attention particulière portée au sommeil en tant que pilier fondamental du développement de l’enfant et du bien-être parental. J’accompagne les familles en les aidant à mieux comprendre le sommeil du nouveau-né et de l’enfant, à prévenir les difficultés de sommeil et à traverser les périodes de perturbation grâce à une approche respectueuse et basée sur des données probantes. » – Lucia Pecchini, conseillère en sommeil.

Troubles du sommeil chez les bébés

Avant ses six mois, un bébé aura tendance à se réveiller plusieurs fois par nuit pour réclamer le sein ou le biberon. À partir de six mois, s’il a un certain poids, il devrait pouvoir faire ses nuits. En théorie du moins, car chaque enfant est bien sûr différent, avec ses propres besoins. Il peut par exemple souffrir de coliques ou avoir les dents qui poussent ou être sujet à certaines angoisses de séparation… Rien n’est vraiment figé. Toujours est-il que certains parents s’accommodent moins bien de toutes ces sollicitations (parce qu’ils n’ont pas de relais ou qu’ils ont du mal à faire le lien avec l’enfant, par exemple). Pour autant, ils ne devraient pas souffrir inutilement et ne pas hésiter à faire appel à des spécialistes dans le domaine ; que ce soit à l’hôpital, au sein de centres dédiés ou même à domicile.

« Je trouve que dans cette société, les parents ne sont pas suffisamment soutenus, alors qu’il faut juste leur donner les bons outils. La rhétorique de dire que ‘c’est comme ça’, qu’il faut tenir de le coup, je ne l’accepte pas. On n’est pas obligé de souffrir à ce point ; des solutions existent ! », précise Lucia Pecchini.

Les étapes d’urgence en cas de perte de contrôle

Si d’aventure un parent venait à perdre patience avec son nourrisson et qu’il se sentirait tout à coup à la limite de la perte de contrôle, il ne faut pas réfléchir trop longtemps et se rendre directement aux urgences les plus proches. Une équipe sur place est formée pour prendre le relais durant quelques heures et s’occuper de l’enfant pour le maintenir en sécurité. Certains centres peuvent ensuite prendre le relai comme Amala Espace Naissance, Naissantiel, Grandir Ensemble ou encore Pep’s Périnat. Si le besoin d’un suivi plus personnalisé se fait sentir, une conseillère en sommeil peut alors être contactée (directement par le parents ou par les centres ou les crèches). C’est seulement à ce moment-là que des spécialistes comme Lucia Pecchini peuvent entrer en jeu. Elle-même pourra ensuite orienter les parents vers une conseillère en allaitement ou un.e autre spécialiste, selon la problématique du bébé.

Collaboration avec PsyBru pour la sensibilisation au burnout parental

Dans le cadre de son partenariat avec PsyBru (depuis octobre 2025), Lucia collabore étroitement avec une psychologue afin de proposer des actions conjointes de sensibilisation et de prévention au sein des crèches. « Ensemble, nous sensibilisons les familles aux impacts du manque de sommeil sur le burn-out parental, le bien-être émotionnel et la sécurité globale des familles, en particulier durant les premières années de vie de l’enfant », explique la jeune femme.

Il s’agit ainsi de mettre en place, avec les milieux d’accueil, divers objectifs :

  • L’organisation de séminaires réguliers sur le sommeil, adaptés aux différentes tranches d’âge ;
  • La transmission d’informations pratiques et préventives aux futurs parents pour les aider à aborder sereinement le sommeil de leur nouveau-né

Plus d’infos à venir sur le site de PsyBru 

 

 

Sofia Douieb