Ouverture d’Olista, premier centre d’aide aux victimes de violences intrafamiliales à Bruxelles

Avec l’inauguration d’Olista, le 22 avril dernier, une étape importante a été franchie dans la lutte contre les violences intrafamiliales (VIF) en Région bruxelloise. Ce premier centre d’aide aux victimes de VIF est révolutionnaire de par sa mission de soutien optimal aux personnes concernées, ainsi que de par la coordination des efforts de tous les acteurs et actrices impliqués dans cette lutte. Une initiative de safe.brussels, rendue possible grâce au soutien de la Secrétaire d’État en charge de l’Égalité des chances et de son administration equal.brussels.

Visuel créé par safe.brussels pour le projet Olista

 

{Communiqué de presse de safe.brussels}

« Olista incarne un véritable tour de force de collaboration et d’engagement. Depuis ses débuts, nous avons travaillé sans relâche pour réunir des partenaires de différentes disciplines et communautés, surmontant les barrières linguistiques et conceptuelles pour offrir un soutien complet aux victimes de violences intrafamiliales. Olista est bien plus qu’un centre : c’est un symbole de notre capacité à unir nos forces pour un avenir plus safe », s’est exprimée Sophie Lavaux, directrice général de safe.brussels

13 signalements par jour en Région bruxelloise

Avec 4.848 plaintes recensées en 2022 et deux féminicides identifiés, ces chiffres alarmants des VIF en Région bruxelloise soulignent la nécessité d’une action concertée.

Olista est conçu pour apporter un soutien à 360° en matière d’aide aux victimes de VIF. En fournissant des protocoles de travail aux professionnels, le centre garantit un accès simplifié à une gamme complète de services et d’expertises nécessaires pour aider les victimes à sortir de leur situation.

Les objectifs du nouveau centre 

Le centre vise à fournir aux victimes de VIF tout le soutien nécessaire pour reconstruire leur vie. Et ce, en favorisant une approche transversale et efficace grâce notamment à la mise en place de protocole de travail entre les partenaires. Olista s’engage à coordonner les efforts de ses partenaires pour assurer une prise en charge complète et adaptée à chaque situation. Les partenaires impliqués dans cette initiative reflètent la diversité et la complémentarité des services nécessaires pour lutter efficacement (holistiquement) contre les VIF.

De safe.brussels aux différentes associations, en passant par les services sociaux, médicaux, juridiques et judiciaires, chaque partenaire apporte une expertise précieuse à la table.

La lutte contre violences intrafamilales : une priorité politique

L’inauguration d’Olista s’inscrit également dans le cadre plus large de l’engagement politique de la Région bruxelloise envers la sécurité et le bien-être de ses citoyens et citoyennes. Cette initiative concrétise la Déclaration de Politique Régionale 2019-2024 du Gouvernement bruxellois, qui place la lutte contre les violences envers les femmes au premier plan de ses priorités. Selon la secrétaire d’Etat Nawal Ben Hamou, « ce centre attendu de longue date vient compléter une série d’actions fortes qui sont déjà menées en région bruxelloise, comme les cellules EVA, les formations de la police ou encore le tout premier site web régional stop-violence.brussels. J’ai voulu unir nos forces à Bruxelles, seule façon de parvenir à diminuer et même éradiquer ces violences qui proviennent majoritairement des hommes et qui touchent majoritairement les femmes. »

Olista est plus qu’un centre : c’est un espoir concret pour les victimes et une solidarité forte pour les partenaires engagés, démontrant que lorsque nous unissons nos forces, nous pouvons surmonter les inégalités de notre société. 

 

→ Lire le dossier de presse dans son entièreté: Olista – Le premier centre VIF de la Région Bruxelles-Capitale

→ Plus d’informations : https://safe.brussels/fr/olista

« Le baromètre des parents 2024 » de la Ligue des famille tire (à nouveau) la sonnette d’alarme !

Publié tous les deux ans, le « baromètre des parents » est un outil précieux réalisé par La Ligue des familles et partagé en collaboration avec des médias nationaux dont Le Soir et la Rtbf. L’objectif de ce bisannuel est à la fois d’informer les pouvoirs publics de la détresse de beaucoup (trop) de familles belges et également de récolter leurs demandes au vu des prochaines élections. Un manque cruel de places en crèche, une précarité des foyers à bas revenus, une demande de congé de paternité égal au congé de maternité ou encore une difficulté financière pour les parents séparés. Ce sont là quelques-uns des sujets abordés dans ce baromètre socio-économique et qui montrent une réelle souffrance de certains parents.


Cela fait presque dix ans que le baromètre des parents de la Ligue des familles existe. Et depuis 2015, pas d’améliorations probantes dans le quotidien d’un grand nombre de parents toujours confrontés à de nouvelles difficultés. C’est dans un climat instable, et au vu des prochaines élections, qu’une partie de notre population tente, tant bien que mal, de joindre les deux bouts. Dans l’espoir d’un avenir meilleur, des mesures urgentes sont requises pour améliorer le quotidien des parents et pour l’avenir de leurs enfants.

L’enfant, au cœur des préoccupations

(Graphique tiré du baromètre de la Ligue des familles → « Profil des familles 2024 »)

D’un côté, il y a ceux qui disent qu’ « un enfant, ça coûte trop cher ! », de l’autre côté, les plus positifs affirment que « ce n’est que du bonheur ! » Une chose est sûre, l’enfant n’est même pas encore sorti du ventre de sa maman qu’il est déjà au centre des préoccupations. Il grandit et cela amène son lot de difficultés. La principale : assurer les soins de santé. D’après les chiffres du baromètre, 27 % des parents ont déjà rencontré des difficultés à payer une consultation médicale ou des médicaments pour un enfant et 50 % d’entre eux ne trouvent pas de rendez-vous médical pour un enfant dans un délai raisonnable. Ce constat pose encore une fois la question de l’accessibilité inégalitaire aux soins de santé pour tous. Autre aspect du baromètre de La ligue : les coûts liés à la scolarité, qui s’avèrent causer le plus de difficultés aux familles. « En premier lieu, le coût des voyages scolaires que plus de 4 familles sur 10 peinent à payer, suivi par le coût du matériel informatique (37%). Tous frais confondus, à peine 1/3 des familles n’ont jamais été mises en difficulté par le coût de l’école. » Sur l’ensemble des familles ayant répondu au sondage– ce qui représente 1.001 adultes de 18 ans et plus, vivant au moins à temps partiel avec au moins un enfant ou bel-enfant de 0 à 25 ans, résidant en Wallonie ou à Bruxelles –, 49% d’entre elles ne se sentent pas en mesure de payer leurs études supérieures ou d’épargner dans cette perspective.  Ces chiffres extraits du baromètre montrent que la moitié des familles n’ont pas les moyens de prévenir l’avenir de leurs enfants.

« 61% des parents ont du mal à trouver une place en crèche »

L’équipe de Born in Brussels écrivait justement, en novembre 2023, un article intitulé Manque de places en crèche : la Ligue des familles crée une cartographie en soutien aux (futurs) parents. Depuis lors, la situation ne s’est guère améliorée dans cette quête d’une miraculeuse place en crèche pour son enfant. D’après les chiffres du baromètre, 23% des parents doivent diminuer ou arrêter leur travail faute de place en crèche. Pire encore puisque face à ce manquement et malgré des parents prévoyants, un tiers de ceux-ci n’obtiennent jamais de place pour leur enfant, qui plus est au moment où ils en ont le plus besoin. Et bien souvent, les parents n’ont d’autres choix que de réduire leur temps de travail, voire d’arrêter leur activité professionnelle pour garder leur enfant. La difficulté est semblable lorsqu’un enfant tombe malade. Toujours d’après les chiffres délivrés par Service Études et Action politique de la Ligue des familles, 62% des parents peinent à trouver une solution de garde d’enfant malade. Pour cause, le métier semble être continuellement en perdition.

Concilier travail et vie de famille, est-ce possible ?

(Graphique tiré du baromètre de la Ligue des familles → « Les chiffres clés »)

Face au coût de la vie, aux obligations professionnelles, aux tâches ménagères, à la prise en charge de sa famille (et qui plus est de son enfant)… les parents figurent comme des super-héros des temps modernes. Pour beaucoup d’entre-eux, bien que l’activité professionnelle figure comme un moyen indispensable pour subvenir aux besoins de leur famille, cela n’est pas toujours aisé de s’y retrouver. En effet, d’après les chiffres relevés par l’institut de sondage Dedicated, 62% des parents n’ont pas assez de temps pour s’occuper de leurs enfants ou simplement de les suivre dans leur scolarité. De plus, 44% des parents n’ont que 20 jours légaux de congé par an (58% des parents à bas revenus) ; ce qui ajoute une éventuelle frustration supplémentaire de ne pas pouvoir suffisamment profiter de la vie avec ses enfants. Arriver à l’heure à l’école/la crèche tout en respectant leurs horaires de travail (cela représente 55%) est encore une difficulté majeure. Difficile également, pour 50% des parents (64% pour ceux ayant un enfant en crèche), de pouvoir travailler à temps plein. Enfin, 76% des parents trouvent qu’il est indispensable d’accorder aux pères la même durée du congé que celui des mères (15 semaines) ; 81% de ces parents ont un enfant âgé entre 0 et 3 ans.

→ Pour consulter l’intégralité du baromètre des parents 2024

 

Samuel Walheer

Semaine mondiale de la vaccination : se protéger et protéger les autres, ça n’a pas de prix !

Du 22 au 28 avril 2024 se tient la semaine mondiale de la vaccination. Cette année, c’est aussi le 50e anniversaire du lancement du Programme élargi de vaccination (PEV) de l’OMS. L’occasion pour les différentes institutions de la santé de sensibiliser le grand public à l’importance de la vaccination car, en effet, elle réduit la circulation des maladies infectieuses et permet aussi de se protéger soi ainsi que les personnes les plus fragiles.


Une chose est sûre, la vaccination fonctionne ! Et elle fonctionne même très bien puisque, d’après UNICEF, elle permet chaque année de sauver près de 4,4 millions de vies. Des craintes ou une inaccessibilité aux vaccins existent néanmoins, empêchant une partie de la population mondiale de se faire vacciner – selon les chiffres d’UNICEF, 22,6 % des enfants issus des ménages les plus pauvres dans le monde ne sont pas vaccinés. Les causes : conflits internationaux ou pandémies (comme celle du Covid-19 qui a impliqué une diminution manifeste de la vaccination). Malgré cela, le taux de vaccination pourrait encore augmenter au fil des ans grâce, notamment, aux sensibilisations comme celle de la semaine mondiale de la vaccination.

Pourquoi se faire vacciner ?

Se faire vacciner, c’est avant tout s’assurer une meilleure qualité de vie et réduire le taux de décès. Mais dans les faits, ce n’est pas toujours aussi simple car certains facteurs peuvent freiner le choix ou l’accès à la vaccination en fonction de sa situation socio-économique locale. Dans certains pays d’Afrique ou d’Asie, certaines maladies sévissent encore comme la poliomyélite ou la diphtérie où le nombre de personnes vaccinées est faible. Se faire vacciner, c’est aussi se protéger contre une série de maladies – et ainsi éviter la réapparition de dangereuses maladies – dont les complications peuvent être graves, voire mortelles. Grâce à la vaccination, on évite de développer des maladies comme la rougeole ou la grippe qui sont très contagieuses, ce qui permet de diminuer le risque de contaminer aussi d’autres personnes. Au niveau local, le service d’étude de l’Observatoire de la santé et du social de Vivalis (dont fait partie Born in Brussels) a tout récemment partagé son Tableau de bord de la santé. Publié tous les 5 ans, il permet de mettre en lumière les enjeux de santé publique dans la Région de Bruxelles-Capitale. Parmi les nombreux constats, la prévention (dont la vaccination) permet à notre population de réduire son taux de morbidité et de mortalité face aux maladies transmissibles.

→ L’organisme « vaccination-info.be » a développé un lexique qui vulgarise certains termes pour mieux les comprendre.

Améliorer la santé publique, une affaire de tous !

En Belgique, la vaccination fait partie de la compétence des communautés et des régions. C’est le Conseil Supérieur de la Santé (CSS) qui a pour mission de formuler des avis scientifiques afin de guider les décideurs politiques et les professionnels de la santé. Un groupe de travail spécialisé élabore un calendrier vaccinal et, au besoin, l’adapte chaque année. Certaines personnes ne peuvent pas recevoir de vaccins car cela présente un risque au regard de leur santé déjà fragilisée. Au contraire, d’autres doivent absolument être vaccinées pour éviter des complications graves, c’est notamment le cas des femmes enceintes et des nourrissons. Nous devons tous tenir à jour nos vaccination pour rester en bonne santé. Parlez en à voter médecin à la prochaine visite.

Pour les plus fragilisés

Les nourrissons : Un grand nombre de vaccins sont vivement recommandés et l’un d’entre eux est obligatoire sur l’ensemble du territoire belge depuis 1967. Il s’agit de la polio.(poliomyelite). De plus, lorsque l’entourage d’un nouveau-né se fait vacciner contre la coqueluche, il évite au bébé d’être contaminé avant d’atteindre l’âge d’être vacciné. A cet égard, l’OMS déclare au sujet de la vaccination infantile : « En 50 ans à peine, nous sommes passés d’un monde où la mort d’un enfant était une crainte de beaucoup de parents à un monde où chaque enfant, s’il est vacciné, a une chance de survivre et de s’épanouir ». Parmi les dix chiffres clés de la vaccination des enfants dans le monde, l’UNICEF déclare sur son site : « En 50 ans, le taux de survie des nourrissons a augmenté de 30 % grâce à la vaccination. »

Les femmes enceintes : La vaccination constitue une barrière de protection pour la femme enceinte ainsi que pour le fœtus/nourrisson. Parmi les recommandations en termes de vaccinations, le Conseil Supérieur de la Santé conseille aux femmes enceintes de se faire vacciner contre la coqueluche, la grippe saisonnière ou encore contre le Covid-19.

→ La Fédération Wallonie-Bruxelles a établi un Programme de vaccination pour promouvoir les différents âges auxquels les différentes vaccinations sont recommandées : Contre quelles maladies et quand se faire vacciner ? | vaccination-info

Et à l’échelle mondiale alors ?

À l’instar d’autres organisations mondiales – l’UNICEF ou la Croix Rouge -, l’OMS est en charge d’établir des stratégies de sensibilisation en faveur de la vaccination au niveau international. D’ailleurs, cela fait tout juste 50 ans qu’elle a établi son « Programme élargi de vaccination (PEV) ». Lancée en 1974, l’idée du projet est d’assurer un accès équitable aux vaccins vitaux pour tout un chacun et ce sans discrimination liée à la provenance ou au statut socio-économique. Actuellement la plupart des pays industrialisés disposent d’un programme national de vaccination car il a été prouvé que c’est à la fois rentable et efficace. Par ailleurs, au niveau européen, c’est l’European Center for Disease Prevention and Control (ECDC), situé à Stockholm et créé en 2005 qui intervient. Son rôle est notamment de renforcer les défenses de l’Europe contre les maladies infectieuses en émettant, entre autres, des avis sur la vaccination. À l’occasion de la semaine de vaccination, il a récemment partagé une animation intitulée « Vaccines, protecting generations »  → EIW_2024_GIF_0.gif (1058×1058) (europa.eu)

 

Samuel Walheer

Pour en savoir plus sur le PEV ↓

Le point sur la santé des petits bruxellois avec l’Observatoire de la Santé et du Social

La santé des Bruxellois.es s’est améliorée ces dernières années, avec une augmentation de l’espérance de vie. La vaccination est en légère hausse et l’impact de l’environnement est préoccupant. Ce sont-là quelques enseignements du Tableau de bord de la santé en Région bruxelloise, publié tous les 5 ans par l’Observatoire de la Santé et du Social, service d’étude de Vivalis (dont Born in Brussels fait partie).

La santé de la population bruxelloise s’est améliorée au fil des années, comme le montrent plusieurs indicateurs du Tableau de bord de la santé de la Région bruxelloise 2024. Concernant plus précisément les enfants, quelques points clés ont été abordés : le taux de natalité, la mortalité infantile, la vaccination, les taux de consultations et d’hospitalisations et l’impact de l’environnement.

Une population bruxelloise jeune

Le taux de natalité à Bruxelles, qui était le moins élevé de toute la Belgique dans les années 60 (14,4 pour 1.000 habitants), a commencé à rattraper les autres Régions vers les années 1980,  pour les dépasser et devenir le plus élevé en 2010. Mais en 2020, il y a eu une redescente progressive en deçà du taux de départ (12,9 pour 1.000 habitants), alors que les deux autres Régions se situaient à 10,9 pour 1.000 habitants. Ces différences régionales restent importantes dans la mesure où les chiffres de 2023 publiés par STATBEL le 12 février 2024, montrent une baisse en Région flamande (-2,3%) et en Région wallonne (-5,0%), ainsi qu’une baisse encore plus nette en Région de Bruxelles-Capitale (-12,0%) par rapport à la période 2019-2022. Malgré tout, le taux de natalité demeure encore plus élevé en Région bruxelloise. D’où la jeunesse de sa population.

« Les inégalités en matière de santé commencent déjà avant la naissance »

Le rapport montre également que « les inégalités en matière de santé commencent déjà avant la naissance. »  D’ailleurs, le risque de mortinatalité (enfant mort-né) était deux fois plus élevé pour les enfants nés dans des ménages sans revenu de travail que pour ceux nés dans des ménages à deux revenus. Le revenu d’intégration et la plupart des revenus de remplacement dont disposent ces ménages étant actuellement inférieurs au seuil de pauvreté, les ménages qui ne disposent d’aucun revenu de travail vivent souvent dans des conditions économiques précaires (mauvaise santé en général, pas de suivis corrects de grossesse, multimorbidité…). Concernant le risque de décès avant l’âge d’un an ; il  a diminué pour toutes les catégories de revenu entre la période 2000-2009 et la période 2010-2019.

Il faut savoir, pour être précis dans les termes, que la mortalité foeto-infantile inclut trois composantes : la mortinatalité, la mortalité néonatale et la mortalité postnéonatale. Dans le rapport, on peut lire ceci : « La mortalité périnatale comprend la mortalité foetale et la mortalité néonatale précoce. La mortalité infantile regroupe l’ensemble des décès d’enfants nés vivants survenus avant leur premier anniversaire (décès entre 0 et 364 jours). Les différents taux de mortalité sont exprimés pour 1.000 naissances vivantes (mortalité néonatale, postnatale ou infantile) ou pour 1.000 naissances vivantes et mortinaissances (mortalité foetale, périnatale et foeto-infantile). »

La vaccination en légère hausse

La dernière enquête de couverture vaccinale des enfants de 18 à 24 mois en Région de Bruxelles-Capitale a été réalisée entre juin 2019 et mars 2020 et visait les enfants nés entre le 31 mai et le 30 novembre 2017. Selon cette enquête, 86,7% des enfants ont suivi l’intégralité du calendrier vaccinal recommandé. En comparaison avec l’enquête de couverture vaccinale menée en 2012 à Bruxelles, les couvertures vaccinales sont globalement légèrement plus élevées en 2019-2020, à l’exception du vaccin contre le rotavirus pour lequel on observe une petite diminution. Des variations des couvertures vaccinales sont observées selon certaines caractéristiques socio-démographiques des parents. Les auteurs observent une tendance à une moins bonne couverture vaccinale lorsque la mère ou le père a étudié plus longtemps. Pour certains vaccins, les auteurs observent également que les enfants issus de ménage à deux revenus professionnels, de mères actives ou fréquentant une crèche sont plus fréquemment vaccinés. Enfin, le facteur qui semble le plus discriminant par rapport à la couverture vaccinale est la fréquentation d’une consultation pour enfants de l’Office de la naissance et de l’enfance (ONE) ou de Kind en Gezin, qui est associée à une meilleure vaccination des enfants en comparaison aux enfants qui n’ont jamais été suivis dans ces consultations.

Enfance et maladie

67 % des enfants de 0 à 4 ans vont au moins 1 fois chez le généraliste en Flandre et 65 % en Wallonie (non illustré). Les Bruxellois consultent plus souvent un spécialiste (pédiatre) avec leurs enfants, se rendent plus souvent aux urgences pour des problèmes pouvant être traités par le généraliste ou reportent plus souvent des soins. Les familles monoparentales sont également les plus susceptibles de reporter des soins. Cela vaut tant à Bruxelles que dans le reste du pays. Les couples avec enfants doivent aussi plus souvent reporter des soins que les couples sans enfants.

Le taux d’hospitalisations classiques varie fortement en fonction de l’âge selon une courbe en U. Il est élevé chez les enfants de moins d’un an, diminue très fortement dès l’âge de un an et remonte progressivement à partir de 15 ans. C’est seulement à partir de 85 ans que le taux d’hospitalisation dépasse celui des enfants de moins d’un an. Concernant la durée moyenne de séjour à l’hôpital, il est plus élevée chez les enfants de moins d’un an, diminue ensuite dès l’âge d’un an, pour finalement augmenter en fonction de l’âge à partir des alentours de la catégorie d’âge des 45-49 ans.

L’impact préoccupant de l’environnement 

Cette nouvelle édition du Tableau de bord met pour la première fois l’accent sur l’impact de l’environnement urbain, du travail et du logement sur la santé ; des éléments qui sont souvent primordiaux à prendre en considération pour les familles avec enfants. En matière d’environnement urbain, des changements positifs sont intervenus en termes de qualité de l’air. Les concentrations des principaux polluants, tels que les particules (PM2,5) et le dioxyde d’azote (NOx), diminuent de manière significative, de 80 % et 71 % respectivement, entre 1990 et 2020. Cependant, ces concentrations restent au-delà des normes recommandées par l’OMS. Selon des estimations, la pollution de l’air est responsable d’un peu plus de 930 décès prématurés par an à Bruxelles. Les sources de ces deux polluants sont principalement le transport routier et le chauffage des bâtiments. On constate que les personnes aux revenus les plus bas habitent dans les quartiers les plus pollués révélant une inégalité environnementale tout à fait marquante. Concernant enfin le logement : à Bruxelles, 10% de la population rencontre des problèmes sérieux d’humidité ou moisissures dans son logement, contre 5% en Flandre et en Wallonie. 22,8 % de ces personnes vivent dans des ménages en difficulté financière, contre seulement 2,7 % des personnes plus aisées. Ces problèmes de logement peuvent avoir de grandes répercussions sur la santé physique et mentale, la vie de famille, le parcours scolaire des enfants, etc. Ce qui aggrave encore les conditions de vie quotidiennes.

Pour Alain Maron, ministre bruxellois de la Santé et de l’Action sociale, il faut encore faire des efforts  : « À travers toute la politique en social, en santé et en environnement, j’ai travaillé à réduire les inégalités en la matière. Mais force est de constater qu’il reste encore énormément de travail et que ce sont toutes les politiques, économiques, d’emploi, de logement, d’alimentation, d’enseignement, qui doivent prendre en compte la santé si nous voulons, ensemble, réduire les inégalités sociales de santé. »

→ Pour découvrir l’ensemble du Tableau de bord de la santé en Région bruxelloise 2024 (publié tous les 5ans)

 

Sofia Douieb

Born in Brussels était présent à la présentation du Tableau de Bord de l’Observatoire de la Santé et du Social ce 23 avril 2024.

«Transportez vos petits choux en toute sécurité » : la campagne préventive de Bruxelles Mobilité

Bruxelles Mobilité poursuit sa campagne sur la sécurité routière intitulée « Transportez vos petits choux en toute sécurité ». Adressée aux parents, elle délivre les bons conseils pour une utilisation optimale du siège-auto. Dans la brochure se trouvent également des recommandations pour les utilisateurs d’un vélo ou d’une moto afin d’assurer la sécurité d’un éventuel petit passager. L’affiche est visible dans plupart des organismes de la petite enfance.


Initialement lancée en 2019 par Bruxelles Mobilité, la campagne évoquait, sur base d’une étude menée par Vias, que seulement un enfant sur quatre est correctement attaché en voiture. Des chiffres interpellant et qui rappellent aujourd’hui encore aux (nouveaux) parents, mais également à tout responsable en charge d’un enfant, l’importance d’une sécurité réfléchie.

Mieux vaut prévenir…

« Il est possible d’améliorer la sécurité routière des enfants en investissant dans les domaines suivants : l’éducation et la sensibilisation, les adaptations de l’infrastructure routière, les évolutions de la technologie des véhicules et l’utilisation des équipements de protection tels que les casques de vélo et dispositifs de retenue pour enfants« , peut-on lire sur le site de Vias au sujet des enfants et de la sécurité routière. Disposer du matériel adéquat pour sécuriser son enfant durant les trajets en voiture, à vélo ou à moto est une chose, mais savoir comment l’utiliser en est une autre. Face aux nombreuses questions que l’on peut se poser en tant que parent – qui plus est usager à deux ou quatre roues – sur le bon usage d’un siège-auto, d’une remorque à vélo ou encore sur le choix du casque adéquat pour transporter son enfant à moto, Bruxelles Mobilité prévoit d’y répondre via son guide des bonnes pratiques.

Que renferme la brochure ?

En découvrant ladite brochure, on découvre un outil téléchargeable de seize pages, visuel dans le choix des couleurs et des illustrations, mais aussi didactique car très accessible par ses explications. Il y a un renvoi vers « que dit la loi », des conseils d’utilisation, ainsi que les obligations et les normes actuelles. Parmi les nombreuses recommandations, une des fausses bonnes idées est l’achat d’un siège auto d’occasion, car ce dernier peut renfermer des vices cachés et, à la suite d’un choc, pourrait alors compromettre la protection du siège. Trois moyens de déplacements sont abordés dans la brochure :

  • En voiture : le siège bébé, le siège enfant et le rehausseur.
  • En vélo : le siège avant et arrière, la remorque vélo, lé vélo cargo et le « longtrail ».
  • À moto : le « sidecar », le cyclomoteur et motocyclette et la moto.

→ Vers la brochure « Transportez vos petits choux en toute sécurité »

→ Vous avez encore des questions ? mobilite@sprb.brussels

Quid dans le reste du pays ?

En Wallonie, c’est l’AWSR (Agence wallonne pour la Sécurité routière) qui est responsable de ces questions. Elle a également partagé, en janvier 2024, sa campagne de sensibilisation intitulée : « Enlevez-lui son manteau ». Cette dernière met l’accent sur la bonne utilisation du siège-auto en montrant l’importance de retirer le manteau de son enfant avant de l’attacher dans son siège, au risque de compromettre l’efficacité du harnais. Par ailleurs, parmi les études de l’agence wallonne, l’une d’entre elle démontre que plus de 90% des personnes interrogées attachent leurs enfants en voiture, mais que l’utilisation du siège auto n’est pas systématique. En Wallonie, environ une personne sur cinq n’utilise jamais le siège-auto et une personne sur dix seulement l’utilise pour certains trajets.

Samuel Walheer