Syndrome d’alcoolisation fœtale : soutenir les futures mamans pour protéger les bébés

9 septembre 2026

Le 9 septembre est marqué par une journée mondiale importante aux yeux de Born in Brussels ; celle de la sensibilisation au syndrome d’alcoolisation fœtale. C’est l’occasion de rappeler que la consommation d’alcool chez la femme enceinte, même en petite quantité, est à proscrire totalement. Le vin, la bière ou les alcools plus forts passent dans le sang maternel et dans le sang du fœtus, via le placenta. Le foie du fœtus n’est pas suffisamment développé pour pouvoir l’éliminer, ce qui peut provoquer des séquelles irréversibles.

Sur Orphanet (site européen sur les maladies rares), le syndrome d’alcoolisation fœtale est défini comme suit : 

Malformation syndromique rare causée par une consommation excessive d’alcool par la mère pendant la grossesse. Elle se caractérise par un retard de croissance prénatal et/ou postnatal (poids et/ou taille <10e percentile), la présence d’un ensemble caractéristique d’anomalies faciales mineures (fentes palpébrales courtes, philtrum plat et lisse, et lèvre supérieure mince), et par des anomalies graves du système nerveux central (SNC), dont la microcéphalie, ainsi que des troubles cognitifs et comportementaux (déficience intellectuelle, déficit cognitif général, troubles de l’apprentissage et du langage, des fonctions exécutives, du traitement visuo-spatial, de la mémoire et de l’attention). »

Quels effets sur le fœtus ?

Lorsqu’une future maman consomme tous les jours une quantité d’alcool importante (soit 5 verres ou plus), le bébé présente alors une anomalie détectée dès la naissance. Le SAF se caractérise par des anomalies physiques, mentales, comportementales et même des lésions cérébrales permanentes dans certains cas. Ainsi, l’Exposition Prénatale à l’Alcool (EPA) désigne une intoxication du fœtus provoquée par la consommation d’alcool durant la grossesse. L’EPA peut provoquer différents dégâts sur l’organisme en développement du bébé, tout au long de sa vie :

  • Problèmes d’intelligence et d’apprentissage
  • Troubles sensoriels (vue, tolérance à la douleur anormalement élevée, dyslexie, surdité…)
  • Problèmes de comportement (sommeil, syndrome de la Tourette, terreurs nocturnes, traits autistiques, impulsivité, maladies mentales, dépression, violence…)
  • Problèmes physiques (faible poids de naissance, petite tête, déformation du visage, de la bouche, retard de croissance, petite taille, problèmes osseux, articulaires, musculaires, malformations génitales, cardiaques…)

Qui consulter ?

Lors des consultations prénatales, il est essentiel qu’un climat de confiance s’installe entre la maman et le.la professionnel.le qui suit la grossesse. Si elle a besoin d’aide et d’accompagnement pour réduire ou stopper sa consommation d’alcool, le.la professionnel.le n’est pas là pour juger mais bien pour informer et aider, dans le respect du secret médical.

Dans 80% des cas, les fœtus sont plus petits en taille et en poids, tout comme leurs organes. L’alcool peut également être toxique pour les neurones qui ne vont pas migrer correctement. Résultat : en plus du retard de croissance, il va y avoir un impact neurodéveloppemental important. On peut remarquer un souci chez l’enfant comme des atteintes sur la motricité, le tonus ou encore des retards d’acquisition », expliquait l’an dernier à la Rtbf la Dr Samartzi, cheffe de service de gynécologie-obstétrique à l’hôpital de Jolimont à la Louvière et à l’hôpital de Nivelles.

Quelques lieux clés pour se faire aider :

  • Lignes d’écoute et d’aide spécialisées en addictions : des services d’accompagnement ou d’aide (comme le 02/227 52 52 ou des centres d’aide en toxicomanie) sont joignables si la question de l’addiction est toujours active.
  • Les hôpitaux universitaires pédiatriques : Des services spécialisés en neuropédiatrie ou en développement infantile (comme à l’Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola – HUDERF) prennent en charge le diagnostic et le suivi des troubles neurocomportementaux.
  • Consulter les recommandations détaillées sur Aide Alcool.

 

Sofia Douieb