Le burn-out ou épuisement parental bénéficie d’une attention toute particulière ces dernières années. Une étude importante de l’UCL (en collaboration avec une université québécoise) est notamment arrivée à son terme et les chercheur.euse.s travaillent à la confection d’une bande-dessinée pour accompagner les personnes concernées. En cette journée mondiale des parents, il est de bon ton de se pencher sur les solutions qui leur sont offertes quand l’épuisement menace…

PsyBru indique sur son site que l’épuisement des parents est reconnu, depuis quelques années déjà, comme une réelle souffrance psychologique. « Le parent peut se sentir à bout, fatigué émotionnellement et physiquement dans son rôle de père ou de mère. Il peut s’éloigner de ses enfants, perdre le plaisir à partager des activités et des moments avec eux. Il peut très vite être agacé par leur simple présence. Il arrive aussi que le parent ait des idées noires. Il peut ne plus se reconnaître… se culpabilise et souvent, n’ose pas en parler. »
Une étude de longue haleine
C’est en 2021, en pleine période Covid, que l’étude de l’UCL sur l’épuisement parental a débuté. Nous avions, à l’époque, interviewé la chercheuse à la base de cette recherche : Anne-Catherine Dubois, infirmière pédiatrique. Elle nous avait alors expliqué : « Il s’agit d’une étude au sujet des conséquences du burn-out parental pour les enfants, que ceux-ci soient en bonne santé ou en situation de maladie ou de handicap. Mon objectif est de comprendre ce que les enfants vivent quand leurs parents sont épuisés en leur donnant la possibilité de s’exprimer. » Une deuxième phase de l’étude a ensuite eu lieu à partir de 2022 ; cette fois en collaboration avec une université québécoise, et avec le soutien du FNRS et du FRQ. L’idée étant de comparer les résultats des enfants belges avec ceux des enfants canadiens. Après de nombreuses interviews, recherches et analyses, les résultats sont sur le point d’être révélés aux partipant.e.s, ainsi qu’au grand public. Ils seront également compilés prochainement sous forme de bande-dessinée afin d’accompagner parents et enfants dans cette épreuve.
Hypothèses de recherche
« Concernant les hypothèses, la littérature et les différentes recherches réalisées sur le sujet, principalement par les Professeures Moïra Mikolajczak et Isabelle Roskam (Faculté de psychologie, UCLouvain), montrent qu’il y aurait un risque de violence et de négligence de la part du parent en burn-out envers son/ses enfant(s). Mais les enfants n’ont pas encore été interrogés en profondeur sur le sujet, d’où le sens de ma démarche », avertissait A-C Dubois au début de son étude. « Je souhaite que les résultats de cette recherche nous permettent de mieux comprendre le vécu des enfants afin d’informer les parents, les professionnels de la santé, de l’éducation et les adultes en contact avec des enfants, des conséquences de l’épuisement parental. »
Résultats et conclusions
Après des années de recherche, donc, les résultats sont sur le point d’être révélés aux parents et enfants participant.e.s, ainsi qu’au grand public. En primeur, Born in Brussels a pu s’entretenir une nouvelle fois avec la chercheuse Anne-Catherine Dubois. Voici ce qui ressort notamment de l’étude sur le ressenti des enfants face à l’épuisement de leur parent.
- L’épuisement ne concerne pas uniquement le parent, mais devient une composante familiale. Autant les enfants que le.la conjoint.e en souffrent et sont à leur tour confrontés à une forme d’épuisement.
- Les enfants ressentent souvent qu’ils sont parties prenantes du poids qui pèse sur leur parent ; même s’ils sont conscients que la cause est multifactorielle.
- Beaucoup de parents, et les enfants par ricochet, ressentent un stress intense qui accentue l’impatience, les cris, la colère.
- Un décalage existe entre ce que les enfants attendent et ce que le parent est capable d’offrir (peu ou pas d’activités ludiques, par exemple).
- Il peut y avoir un manque de communication du parent vers les enfants concernant le niveau d’épuisement (durant l’étude, beaucoup d’enfants n’avaient aucune idée de l’état mental de leur parent)
- Etc.
En conséquence, beaucoup d’enfants se font le plus petit possible et tentent d’aider au mieux, sans pour autant savoir comment. Beaucoup d’émotions sont ainsi en jeu comme le stress, la déception, la peur d’être un poids… Certains parlent aussi d’aspects plus positifs comme la possibilité d’être davantage sur les écrans, d’avoir plus d’autonomie, de se rendre utile aussi.
Des solutions existent
En Région bruxelloise, pour soutenir les parents dans cette épreuve souvent déchirante, des aides existent et peuvent réellement faire la différence.
Ateliers : « Épuisement parental : des clés pour le prévenir et s’en sortir »
Chaque année, PsyBru organise des ateliers sur les façons de se sortir d’une phase de vie marquée par le burn-out parental. Sarah Guerni et Zoé Delroisse, toutes deux psychologues expertes dans la prévention de l’épuisement parental, accompagnent les participant.e.s dans ce parcours de 8 séances pour en parler et disposer d’outils divers directement applicables dans le quotidien. Ce dispositif a été développé par deux spécialistes dans le domaine, les Professeures Isabelle Roskam et Moïra Mikolajczak (UCL). Son efficacité a été testée dans le cadre de diverses études expérimentales menées à l’UCL.
Un site web dédié et une ligne d’écoute
Ce sont d’ailleurs ces deux spécialistes qui sont à la base de la création du site « Burn-out parental ». Dédiée aux parents touchés par la pathologie, cette plateforme donne la possibilité de faire un test pour savoir si on est effectivement concerné (Faire le test : Suis-je en burn-out parental ?) La rubrique « S’en sortir » propose différentes aides : des livres, une application mobile, un accompagnement en ligne, la possibilité de contacter un.e professionnel.le…
En outre, le service d’écoute SOS PARENTS : 0471/41.43.33 est joignable de 8h à 20h, 7/7 et spécialement dédiée à l’écoute des parents, des enfants, des frères, des sœurs, des époux ou toute autre personne qui ressent le besoin d’être écoutée, conseillée par une équipe de psychologues pour mieux accepter cette situation imposée.
Les haltes-accueil
Les haltes-accueil agréées par l’ONE proposent un accueil occasionnel et de courte durée (4h/jour, 3 fois/semaine sauf dérogation) pour les enfants de 3 mois à 3 ans, en ordre de vaccination, dont les parents :
- suivent une formation ;
- doivent effectuer des démarches administratives, médicales ou de recherches d’emploi ;
- ont simplement envie de souffler un peu…
Kind & Gezin agrée également des lieux d’accueil occasionnels pour enfants, « Occasionele Kinderopvang », en Flandre et à Bruxelles. Ces lieux proposent un accueil sur mesure, flexible pour le parent et l’enfant, selon les besoins de la famille, allant d’une demi journée à quelques jours par semaine.
Sofia Douieb
