Les 1000 premiers jours : Et la place des papas et co-parents dans tout ça ?

12 juin 2026

Le deuxième dimanche du mois de juin en Belgique, c’est la fête des pères. L’occasion de mettre en avant le rôle et l’implication du papa ; depuis la naissance de l’enfant jusqu’à ses 2,5 ans. Pour en parler, Born in Brussels a participé à une table ronde avec plusieurs acteur.rice.s clés du secteur périnatal. Un moment d’échanges organisé par Bru-stars (Réseau Bruxellois en Santé Mentale pour les Enfants et Adolescents), intitulé « CrossLink Bru-stars 0-3 ans: la place des papas durant les 1000 premiers jours ».

La naissance de bébé approche ou est imminente, le grand jour est arrivé, cela fait quelques semaines qu’il est là, voire plusieurs mois. Quelle que soit la configuration dans laquelle le papa/ co-parent se situe, il arrive bien souvent qu’il.elle ne trouve pas encore tout à fait sa place. Dans certaines familles, le papa ne montre pas une grande envie de s’investir dans son rôle ou alors la maman ne laisse pas suffisamment de place. Les configurations sont multiples. Elles reflètent les réalités observées et partagées par les différentes professionnelles de terrain présentent lors de la table ronde. Voici quelques pistes qui permettront aux futurs ou nouveaux papas/ co-parents se se situer ou d’inspirer d’autres professionnel.le.s du secteur.

Je suis papa/co-parent

Sur Born in Brussels, une page est consacrée aux papas/ co-parents : Des conseils pour aider sa partenaire ou femme enceinte. Elle explore certains questionnements :« Que peut faire papa/ la partenaire pour aider maman durant la grossesse ? Comment s’adapter au nouveau quotidien, après la naissance ? Comment aider la maman à vivre le plus sereinement possible le retour à la maison ? ou encore comment trouver sa place dans cette nouvelle dyade parentale ? »

Quelques propositions qui peuvent vous aider :

  • Prendre le temps d’accompagner la maman lors de ses visites prénatales ou tout autre moment pour la soutenir et la soulager.
  • Éviter le conflit mais engager plutôt le dialogue sans jugement ni reproches.
  • Être présent à 100% (10 minutes ou 1h) mais être là pour la maman et/ou pour bébé, sans son téléphone ou autre distraction.
  • Accepter l’aide des proches lorsque la situation est difficile.
  • Ne pas hésiter à poser ses questions aux différent.e.s professionnel.le.s rencontré.e.s lors des rendez-vous prévus pour bébé et la maman.
  • Être patient, malgré des moments plus difficiles car la situation est temporaire et bébé va grandir et évoluer.
  • Proposer son aide pour donner le biberon, mettre bébé au lit, faire les courses, cuisiner pour éviter à la maman des charges lourdes et la laisser se reposer.
  • Soutenir sa partenaire semble primordial et encore plus en période de baby blues ou de dépression post partum.
  • Planifier des moments de ressourcement à deux, pour maintenir la flamme dans le couple comme des sorties rien qu’à deux.
  • En cas de difficulté financière, psychologique ou de couple, des organismes sont aussi là pour vous aider.

Ne surtout pas oublier que des professionnel.le.s de la santé sont là. N’hésitez pas à demander de l’aide car ils sont formés à ce genre de situation, celle que vous vivez dans votre nouvelle vie avec votre bébé. Vous n’êtes pas seul.e.s !

L’implication de la maman et du papa/co-parent envers l’enfant est souvent inégalitaire. Il semble difficile de se défaire du jour au lendemain de la représentation que l’on a, depuis notre tendre enfance, du papa et de son rôle. Cela va prendre du temps. Mais le changement est en cours et beaucoup de jeunes papas prennent le pas », explique Jessy Poels, Psychologue clinicienne Bru-stars, lors de la table ronde.

Baby blues … aussi chez les papas / coparent.e.s

Les mamans peuvent passer par une période appelée baby blues après l’accouchement. Cela est causé par une chute hormonale. Mais les papas et coparent.e.s n’en sont pas exemptés non plus. Avec de nouvelles responsabilités l’accumulation de fatigue ou stress, les papas / coparent.e.s peuvent devenir anxieux.ses, déprimé.e.s, irritables ou se confronter à des pertes d’appétit. Il est courant de se poser une multitude de questions par rapport à cette nouvelle vie : vais-je encore pouvoir prendre du temps avec mes amis ? Que va devenir notre vie sexuelle ? Rassurez-vous, ce moment ne s’éternise pas, l’une des clés pour dépasser cette épreuve est d’entamer le dialogue avec la maman de votre nouveau-né.

Vous pouvez aussi demander conseil à votre médecin ou faire appel à un.e psychologue, seul.e ou en couple, pour vous aider à dédramatiser les choses et trouver un bon équilibre entre votre rôle de papa / coparent.e et de conjoint.e.

S’impliquer dans la nouvelle parentalité est parfois difficile pour les papas. Peut-être parce que tout le focus est mis sur les mamans et les bébés. C’est parfois presque stigmatisant pour eux », précise Caroline Grégoire, Psychologue clinicienne Bru-stars , toujours lors de la table ronde. 

Lieux de rencontres pour papas à Bruxelles

Un constat clair ressort des échanges : il existe peu de lieux où les papas peuvent se retrouver ! Pour simplement échanger avec d’autres nouveaux papas, l’offre semble plutôt maigre comparée à celle proposée aux mamans. On le sait, les papas/ co-parents ne sont pas à négliger, ils ont leur place et sont surtout bien nécessaire au bien-être de la famille. Il semble donc important « d’attirer » l’attention des papas car cela ne peut qu’avoir des effets positifs sur leur implication. Voici quelques ressources à Bruxelles :

  • Le Café des Papas (CHU Saint-Pierre) : Des ateliers mensuels gratuits animés par l’ONE au cœur de Bruxelles (Rue aux Laines 105). Ce lieu offre un espace de parole libre pour aborder la paternité et le vécu des futurs et jeunes pères → Le Café des Papas (CHU Saint-Pierre).
  • Maison des Parents Solos (Forest) : Située au 135 avenue Albert à Forest, cette ASBL organise occasionnellement des groupes de parole strictement réservés aux papas solos pour échanger sur la monoparentalité dans un cadre confidentiel → Groupes de parole pour parents solos.
  • Réseau des Pères (Ligue des Familles) : La Ligue des Familles organise régulièrement des cercles de parole, des ateliers et des activités militantes ou conviviales pour favoriser l’implication des pères et le partage d’expériences entre papas → La Ligue des familles soutient et défend les familles | La Ligue des familles.
  • Plateforme Parent Solo Bruxelles : Pour les pères célibataires, la plateforme Parent Solo Bruxelles liste des cercles de parole et des rencontres permettant de tisser des liens avec d’autres pères vivant la même situation → Cercle de parole pour parents solos.

Si vous connaissez d’autres lieux qui rassemblent les papas autour d’une table, n’hésitez pas à nous le faire savoir : info@bornin.brussels.

Se connecter avec bébé

Trouver sa place dans cette nouvelle triade passe aussi par se connecter avec son bébé. Pour la maman, qui l’a porté pendant neuf mois et l’allaite éventuellement par la suite, cela est plus instinctif. C’est donc au papa/ co-parent de créer une relation avec son bébé. Voici quelques propositions qui permettent de créer du lien et impliquer les papas / co-parents dans leur rôle :

Le peau à peau

Pour créer ou renforcer le lien avec son bébé, cela peut se faire lors du change, du biberon ou lors du moment du bain. Mais ce qui semble fonctionner le mieux, c’est le peau à peau, un indispensable : prendre son bébé dans les bras, le toucher, le caresser et le masser, car dans la plupart des cas, il adore cela. À cet égard, Cécile Cortet-Pham, thérapeute psycho-corporel et masseuse-kinésithérapeute, pour le magazine Psychologies déclare : « Par ce contact sensoriel intense, par les regards échangés dans cette relation à trois, par les caresses prodiguées ou encore les mots prononcés, le peau à peau booste les sécrétions d’ocytocine chez la maman, le bébé et même le papa. Or, cette hormone a un pouvoir étonnant : celui de favoriser l’attachement, la mise en lien entre les personnes»

→ Envie d’en savoir plus sur le peau à peau ?

L’haptonomie

Une approche durant la grosse appelée l’haptonomie semble faire ses preuves. Il s’agit d’une méthode de préparation à l’accouchement. Elle a une spécificité : impliquer le papa. Ce dernier pose ses mains sur le ventre de maman. La magie opère ! Sentir son bébé bouger au travers du ventre qui le sépare du monde extérieur. Cela permet aussi de soulager maman lorsque certaines douleurs surviennent.

→ Pour en savoir plus sur l’haptonomie

Parler à son bébé, mais quelle idée !

Expliquer le monde au bébé, lui permettre de rassembler ses perceptions, de comprendre ce qui l’entoure. Raconter des histoires, chanter… Depuis le ventre de leur maman, les bébés apprennent à reconnaître les voix de leur entourage. Ce qui est important à retenir, c’est que le papa/ co-parent va intervenir en présentant le monde sous un autre mode que la maman. Cela permettra de lui offrir un regard supplémentaire et enrichissant pour son épanouissement.» Françoise De Gheest, psychologue en périnatalité à l’HUDERF pour Family Nes

Jouer est essentiel

Beaucoup de parents sont pris dans un rouage sans fin : travail, stress, enfants, fatigue, cuisine, ménage, inquiétudes. Difficile d’en sortir alors comment dégager du temps pour jouer avec son enfant ? Yapaka – programme de prévention à l’initiative du Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles de Belgique – répond qu’une parentalité parfaite n’existe pas mais qu’il est vital de prendre le temps. Prévoir une activité aussi simple soit-elle. Sans beaucoup de matériel, comme dans sa campagne. Simplement se rendre disponible et s’amuser. Alors, n’hésitez vraiment plus, jouez avec votre enfant !

Le jeu est sans aucun doute l’activité physique et mentale la plus riche pour un enfant. Qui de mieux placé que les parents pour accompagner son enfant dans la vie et l’initier aux jeux ? Car il y en a tant qu’il faudrait plusieurs vies pour y jouer. Offrir à son enfant la possibilité d’expérimenter, de chercher, de s’ouvrir au monde extérieur, c’est aussi lui permettre de développer sa confiance en lui et en ses capacités. Où et comment alors se placer lorsque son enfant souhaite jouer avec ou sans vous ?

→ Lire : Quand le jeu aide à grandir et à renforcer les liens avec son enfant, « Amusons-nous ! » 

Congé parental

La présence du papa/ co-parent au sein de la famille n’est plus à démontrer. Elle est essentielle. Tout comme le congé paternité qui, depuis janvier 2023, est passé de 3 à 4 semaines en Belgique. Une évolution certaine qui aura tout de même pris près de vingt ans à voir le jour. Mais l’idée mijotait depuis longtemps en faveur d’un allongement, voire même d’une obligation nécessaire. 

Le 8 mars 2026, la Ligue des familles s’est mobilisée. Un mouvement solidaire auquel d’autres associations ont pris part au cœur de notre capitale. La LDF entendait améliorer la conciliation entre la vie familiale et professionnelle des mamans. Elle visait également à faire valoir une augmentation de la durée et de la rémunération du congé parental, équilibrer le statut salarial en faveur des mamans ou encore améliorer les droits des aidantes proches (à majorité des femmes).
Samuel Walheer