« Père au foyer », un récit en toute transparence sur l’expérience parentale d’un jeune papa

Au travers de son premier ouvrage intitulé « Père au foyer, comment la parentalité positive a changé ma vie ? », Samuel Clot nous dévoile les coulisses de sa paternité. En toute transparence, l’auteur raconte son parcours et la manière dont il est passé d’ancien étudiant en médecine à parent d’un jeune Gaspard, puis militant et « influenceur » très actif sur les réseaux sociaux. Le tout autour d’une réflexion basée sur un modèle éducatif en vogue appelé la parentalité positive. Une lecture très enrichissante qui apportera certainement quelques éclairages aux personnes souhaitant s’embarquer dans l’aventure parentale. Born in Brussels l’a lu pour vous. 

« J’ai décidé de partager ce chemin de vie de père au foyer sur les réseaux sociaux, dans l’espoir d’inspirer, de montrer une autre voie, de faire valoir cette autre parentalité, une paternité différente aussi et avec l’idée que cette goutte d’eau pourrait ruisseler et entraîner d’autres à faire de même. L’idée n’étant pas de dire ‘vous devez faire comme moi’, mais plutôt de suggérer des pistes de réflexion autour des questions de parentalité positive, de masculinité et de vie de couple. »  Extrait de « Père au foyer », de Samuel Clot.

Quelques mots sur le livre

C’est l’histoire d’un jeune papa qui, grâce à sa passion pour les sciences humaines et sociales et sa relation fusionnelle avec sa compagne Léa, nous partage son expérience autour de la naissance de son fils prénommé Gaspard. La parentalité, ça transforme un être. Et ce n’est pas Samuel Clot qui nous dira le contraire ; lui qui est passé d’étudiant en médecine à jeune papa au foyer durant 3 ans. Cela lui a permis, entre autres, de voir son fils grandir et aussi de développer ses différentes réflexions autour, notamment, de la parentalité positive. Devenu très engagé, l’auteur défend une société dans laquelle l’enfant est placé en plein cœur et où l’éducation dite traditionnelle est remplacée par une éducation en toute bienveillance. Voici un extrait provenant des premières pages du livre : « Moi je me dis ça va, on a 6 à 12 mois avant que Léa tombe enceinte, ça nous laisse le temps de nous organiser. Sauf que deux semaines plus tard, un dimanche matin, Léa me réveille avec une petite surprise : un test de grossesse positif. Je me souviendrai toute ma vie de chaque détail de cette journée si particulière. Son souvenir a une saveur de « premier jour du reste de ma vie ». J’ai l’impression que ce jour-là, je suis passé dans un autre monde, d’un coup, comme ça, tout simplement parce que j’ai dû me rendre à l’évidence ; je vais être papa. »

J’avais prévu d’élever mes enfants comme mes parents m’ont élevé : c’est plus simple de ne pas se poser de question, non ? (…) En revanche, ils étaient clairement dans un modèle éducatif que j’appelle le modèle « traditionnel », construit sur une relation de domination de l’adulte sur l’enfant qui fixe des règles et qui les fait respecter par la menace et la punition.

La parentalité positive selon Samuel Clot

Même si certains voudraient nous le faire croire, on ne naît pas parent, on le devient. Et comme le dit si bien Samuel Clot, « la parentalité est une réelle épreuve, un changement de vie ». Dans ce processus de nouveau parent, l’apprentissage par l’acquisition de compétences semble de mise. Les manières d’éduquer un enfant sont nombreuses. Dans « Père au foyer », l’auteur nous partage sa vision personnelle de ce qu’il appelle l’éducation positive – en opposition à l’éducation dite traditionnelle –  qu’il subdivise sous forme de trois piliers. Il y a tout d’abord un premier pilier qui est la connaissance du rythme et des besoins de son enfant. Par cet aspect, Samuel Clot explique qu’en tant que nouveau parent, il est important de s’intéresser aux différents stades de développement de son enfant. Ainsi, cela permet de mettre en place un environnement propice et sécurisant à l’expérimentation de ce dernier afin qu’il se sente accompagné et aimé dans son processus d’apprentissage. Le deuxième pilier n’est autre que le respect des besoins de chacun. Il s’agit ici de prendre en compte les émotions et les besoins de son enfant tout en lui laissant l’opportunité de les exprimer. Toutefois, il est également important, selon l’auteur, de conserver ses propres besoins en tant que parent et qu’ils puissent cohabiter ensemble. Le troisième et dernier pilier est la non-violence : « Si on passe par la violence physique ou psychologique, on va à la fois détériorer le lien d’attachement qui nous lie à notre enfant, mais on va aussi perturber son développement, réflexes qui seront ancrés chez lui jusqu’à sa vie d’adulte. »

« La non-violence est vraisemblablement la clé de l’éducation positive »

Pour Samuel Clot, la non-violence est vraisemblablement la clé de l’éducation positive. Et c’est certainement en devenant parent que l’on se remémore la manière dont on a soi-même été éduqué. Sur base de quel modèle ? Pour l’auteur et Léa, sa compagne, il leur a fallu choisir un modèle éducatif, le comprendre pour ensuite le développer à leur sauce. Sur base de la parentalité positive, le couple a su construire son propre projet parental et leur manière de voir l’éducation de leur fils. À cet égard,  l’auteur dit à la page 38 : « Ce modèle éducatif, bien plus répandu à l’étranger qu’en France, est très mal perçu dans notre pays. Pourtant, dans l’idéal et au moins pour les 6 premières années de la vie d’un enfant, il me semble être le meilleur modèle. » Ensuite, c’est en définissant ce que l’auteur appelle les « lignes rouges » – actions que le couple s’interdit de faire avec leur enfant – qu’ils ont pu avancer dans leur quotidien, les présenter et les expliquer autour d’eux. Les lignes rouges sont les suivantes : la violence (physique ou verbale), le non-respect du corps et du consentement de leur enfant et le fonctionnement éducatif dit « traditionnel » de certaines écoles en France (qui est, selon l’auteur, à l’opposé du modèle « parentalité positive »). À la fin de son ouvrage, pour exprimer ce que peut être la parentalité positive, Samuel Clot prend l’exemple d’un documentaire tourné en Suède et réalisé par une activiste des droits de l’enfant, Marion Cuerq. Cela permet aux parents, ou plus généralement aux lecteurs, de poursuivre leur apprentissage sur le sujet et d’en apprendre davantage encore.

↓ Extrait du documentaire « Même qu’on naît imbattable » de Marion Cuerq

 

Samuel Walheer

Enfin un remède préventif remboursé contre la bronchiolite, dès le 1er octobre

Un traitement préventif contre la bronchiolite, une maladie respiratoire courante – mais parfois grave – chez les nourrissons, suscite de grands espoirs dans la lutte contre cette infection. Ici, il ne s’agit pas d’un vaccin mais plutôt d’anticorps qui sont administrés au bébé et qui l’aideront à se défendre contre le virus ou du moins éviter les formes sévères. Il devrait être commercialisé et remboursé dès le 1er octobre en Belgique. Pour les femmes enceintes, il est également possible de protéger son bébé grâce à un vaccin préventif mais non remboursé.

Chaque année, environ 2.500 enfants de moins de 2 ans sont hospitalisés en Belgique en raison de la bronchiolite, une maladie virale qui peut entraîner des conséquences gravissimes. C’est pourquoi l’annonce de ce traitement préventif est accueillie avec enthousiasme par les services de pédiatrie, qui espèrent voir une réduction des hospitalisations cet hiver.

Des symptômes parfois sévères

À l’automne, les hôpitaux belges, notamment les Cliniques universitaires Saint-Luc, sont souvent confrontés à une augmentation des cas de bronchiolite. Comme l’explique, à la Rtbf, le professeur Stéphane Moniotte, chef du département de Pédiatrie : « La bronchiolite à RSV (virus respiratoire syncytial) peut être particulièrement agressive, entraînant une insuffisance respiratoire chez les jeunes enfants, dont les voies respiratoires, plus petites, sont rapidement obstruées par l’inflammation ». En 2023, l’institut belge Sciensano avait déjà indiqué que le seuil épidémique de la bronchiolite avait été franchi dès novembre, soit trois semaines plus tôt qu’en 2022. Certains services pédiatriques avaient alors frôlé la saturation. Cependant, grâce à l’arrivée du Beyfortus, un anticorps de synthèse qui protège contre le virus, la situation pourrait être différente cette année.

Un traitement prometteur

Ce remède sera proposé aux nouveau-nés dès la maternité et les nourrissons âgés de moins de 6 mois au 1er octobre pourront en bénéficier jusqu’à la fin du mois. Le Beyfortus affiche une efficacité de 85 %, ce qui pourrait réduire les hospitalisations liées à la bronchiolite de 80 à 85 %, selon le professeur Moniotte. Si une adoption massive par les parents se confirme, les services de pédiatrie pourraient être considérablement allégés cet hiver.

↓ Pour en savoir plus sur le vaccin contre la bronchiolite, un podcast intitulé « Route 764 » réalisé par les Cliniques Universitaires Saint-Luc

Et pour les femmes enceintes alors ?

En parallèle, un autre produit est disponible depuis peu : un vaccin destiné aux femmes enceintes, qui permet de protéger les bébés dès la naissance. Toutefois, contrairement au Beyfortus, ce vaccin n’est pas encore remboursé. La mise à disposition de ces nouvelles solutions préventives représente un espoir majeur pour réduire l’impact de la bronchiolite chez les nourrissons et éviter la saturation des hôpitaux.

Prendre rendez-vous pour le traitement préventif

Du 1er octobre au 1er novembre 2024, des plages horaires spécifiques de 15 minutes seront mises en place pour accueillir les parents et leur bébé en consultation à l’Hôpital des Enfants, à l’Hôpital Erasme ainsi qu’à UZ Brussel. Ces créneaux sont conçus pour faciliter l’accès au traitement préventif contre la bronchiolite (Beyfortus), offrant aux familles une prise en charge rapide et efficace dans le cadre de la campagne nationale de prévention.

→ Prendre rendez pour traiter préventivement votre enfant contre la bronchiolite :

 

Sofia Douieb

Focus sur Huis van het Kind, soutien essentiel à la parentalité à Bruxelles (côté néerlandophone)

À l’instar de l’ONE – côté francophone -, Huis van het Kind (en binôme avec Kind&Gezin) – côté néerlandophone -, permet aux parents d’obtenir des informations et des conseils sur la grossesse, la naissance, les soins aux bébés et aux enfants en bas âge, l’éducation des enfants… À Bruxelles et en Flandre, les Huizen van het Kind sont ouvertes et présentes sur tout le territoire afin de toucher le plus grand nombre de familles. Born in Brussels a voulu en savoir plus sur le fonctionnement de ces « Maisons », sur la collaboration avec Kind&Gezin – ainsi qu’avec leurs autres partenaires -, sur l’organisation des Baboes (rencontres parents-enfants) qui vont redémarrer un peu partout à l’automne, etc. Interview avec Charlotte De Meulder, chargée d’assistance réseau (Netwerkondersteuner) au sein de Huis van het Kind Brussel.

Au sein de leurs différentes « Maisons » réparties sur le territoire, des partenariats locaux sont noués entre Huis van het Kind et de nombreuses organisations (ex : Stapsteen, Foyer et HOPON) qui soutiennent les (futurs) parents de jeunes enfants dans leurs tâches quotidiennes en tant que parents et dans les moments importants de la vie de leur enfant. Kind&Gezin et Huis van het Kind (toutes deux soutenues financièrement par Opgroeien et la VGC) travaillent en étroite collaboration. Au niveau local, une Maison de l’enfant est toujours organisée dans le même bâtiment où se trouve également un bureau de conseil de Kind&Gezin. En étant présents au même endroit avec plusieurs partenaires, les parents découvrent plus aisément le large éventail de services de soutien à la grossesse, à la parentalité, à la croissance et à l’éducation offerts par les Maisons de l’Enfant.

Qu’est-ce que les parents peuvent trouver concrètement au sein d’une Maison de l’Enfant ?

Charlotte De Meulder : Vous pouvez venir nous voir, à la Maison de l’Enfant de Bruxelles (et donc aussi pendant les Baboes et les autres activités), pour poser toutes vos questions sur l’éducation des enfants et des adolescents. Vous pouvez obtenir des informations et des conseils sur la grossesse, la naissance, les soins aux bébés et aux enfants en bas âge, l’éducation des enfants, etc. Au Gezinspunt, vous pouvez poser des questions générales sur la famille ou l’éducation des enfants. Un coach parental offre également son soutien. En outre, plusieurs partenaires sont régulièrement présents dans notre maison pour répondre à des questions spécifiques. Par exemple, il y a BrAP, qui offre un soutien aux parents ayant un enfant ayant un besoin de soins spécifiques et/ou un handicap. Le guichet local de garde d’enfants aide à s’inscrire pour la garde d’enfants et fournit également des informations générales. Le guichet des loisirs aide à la recherche d’un passe-temps ou d’une activité ludique.

Vous pouvez également y jouer avec votre enfant et rencontrer d’autres parents. Nous organisons des activités parents-enfants, des groupes de parents, des ateliers tels que les premiers soins pour les bébés et les enfants en bas âge et bien d’autres choses encore dans les différentes Maisons de l’Enfant à Bruxelles. Vous trouverez l’offre complète sur notre site web www.huisvanhetkindbrussel.be.

Parlez-nous des Baboes, de quoi s’agit-il ?

Baboes est l’une des activités que nous organisons. Il s’agit d’un moment de jeu et de rencontre pour les tout-petits et les enfants d’âge préscolaire, dans un endroit sûr. Votre enfant peut jouer avec d’autres enfants jusqu’à 4 ans. Nous fournissons des jouets sympas aux enfants. Les mamans, les papas, les grands-mères et les grands-pères reçoivent du café et du thé. Ils peuvent rester confortablement sur place et participer.

Quelles sont les demandes les plus conséquentes parmi votre offre ? Ou, autrement dit, de quoi les parents semblent avoir le plus besoin ?

De nombreux parents viennent avec des questions très spécifiques concernant la garde d’enfants, le multilinguisme ou les loisirs, par exemple. Ils nous posent leur question et entrent ainsi en contact avec l’offre que nous proposons dans nos maisons. Il arrive donc qu’ils «restent» et participent à nos activités.

Beaucoup de jeunes parents ressentent le besoin de rencontrer d’autres parents. D’autres parents qui sont en quelque sorte dans la même phase (parfois de recherche). Il n’est pas évident de trouver à Bruxelles un lieu où les parents sont accueillis avec leur enfant. C’est pourquoi des activités telles que les baboes sont très demandées et nous les proposerons dans toutes les Maisons de l’Enfant de Bruxelles. Actuellement, ce n’est pas encore le cas car certaines maisons sont encore en phase de démarrage.

Est-ce que ce sont principalement des bénévoles qui travaillent dans les Huizen van het Kind ? Combien de professionnels sont présents dans chaque « bureau » ?

Nous travaillons parfois avec des bénévoles, mais c’est plutôt pour les bureaux de consultation. Au moins un professionnel est toujours présent lors des baboes. Le nombre de personnes présentes pour chaque activité varie d’une maison à l’autre. Mais nous sommes toujours à la recherche de personnes qui souhaitent soutenir notre offre en tant que bénévoles. Vous trouverez les postes vacants sur notre site web.

Vous fonctionnez en partenariat avec d’autres associations du secteur de la petite enfance, comment cela se concrétise-t-il ?

Comme nous l’avons déjà mentionné, nous sommes un partenariat. Pour rendre notre offre possible, nous travaillons en étroite collaboration avec tous les partenaires du quartier qui travaillent avec les mêmes familles. Le fait de se connaître favorise l’offre de services (des partenaires plus diversifiés et une offre plus diversifiée) et les possibilités d’orientation chaleureuse pour les parents et les enfants. En tant que Maison de l’Enfant de Bruxelles, nous promouvons aussi activement le partage, la construction et l’échange de connaissances sur le soutien préventif aux familles dans le réseau des partenaires qui soutiennent les (jeunes) parents.

Concrètement, nous envoyons une lettre d’information mensuelle à toutes les parties intéressées de notre réseau. Nous offrons ainsi de l’inspiration et tenons les partenaires informés des sujets intéressants, des organisations, des faits, des formations et des activités autour de l’aide familiale préventive à Bruxelles. Inscrivez-vous à la lettre d’information ici.

Nous organisons également des réseaux familiaux locaux (LGN) trois fois par an dans 8 zones différentes de Bruxelles. Il s’agit de moments de concertation avec les écoles polyvalentes, le travail périnatal, les services de garde d’enfants, l’accueil périscolaire, les partenaires socioculturels, les acteurs de l’aide sociale, les centres communautaires, etc. Contactez-nous à l’adresse info@huisvanhetkindbrussel.be.

Vous nous avez parlé principalement de « Huis van het Kind Brussel » ; cela veut-il dire qu’il y a d’autres Huizen van het Kind en Belgique, ou du moins en Flandre ?

Oui, c’est bien cela. Il y a des Maisons de l’Enfant à Bruxelles et dans toute la Flandre. Il s’agit toujours de partenariats qui prennent forme localement entre les autorités locales, les professions libérales, les organisations de la société civile, les bénévoles et les citoyens. Ce que ces différentes Maisons de l’enfant proposent/réalisent à chaque fois dépend fortement de la force du réseau local.

D’autres éléments à nous communiquer par rapport à Huis van het Kind ?

N’hésitez pas à vous rendre dans la Maison de l’Enfant la plus proche de chez vous. Cette carte vous indique où les trouver : à Bruxelles, Saint-Gilles, Anderlecht, Ixelles, Auderghem, Saint-Josse-ten-Noode, Jette, Laeken et Schaerbeek. Ou n’hésitez pas à les contacter à l’adresse info@huisvanhetkindbrussel.be ou au 02 507 88 88.

 

Propos recueillis par Sofia Douieb 

Santé publique : reportage sur l’impact des écrans chez les tout-petits !

« Écrans, malbouffe, sédentarité – Alerte rouge sur la santé de nos enfants » est une enquête menée en France et partagée par la Rtbf. La moitié du reportage met en lumière les dangers des écrans auxquels sont confrontés les enfants et ce, dès leur plus jeune âge. En effet, cela mettrait à mal le développement de leur cerveau, leurs interactions sociales ou encore leur sécurité affective. Pire encore : les effets seraient également visibles sur leur état de santé physique, impliquant de la sédentarité ou même de la malnutrition. L’enquête est disponible jusqu’au 1er décembre 2024 sur la plate-forme gratuite RTBF Auvio.

Rien de nouveau, les écrans font désormais entièrement partie de bien des foyers au sein de notre société capitaliste. Pas toujours facile pour des parents de limiter et encore moins d’interdire son accès aux enfants, même en bas-âge. Cette attractivité, devenant parfois même maladive, n’est pas sans risque puisqu’elle peut amener à de lourdes conséquences sur la santé des enfants. D’ailleurs, tout récemment, les autorités suédoises recommandaient de ne pas exposer les enfants de moins de deux ans aux écrans et prévoit d’en interdire son utilisation dans les écoles primaires. Chez nous, le gouvernement a fait de même pour 373 écoles du réseau néerlandophone et de l’administration Wallonie-Bruxelles.

« Les écrans privent l’enfant de ses besoins »

Sans grande surprise et quelle que soit sa forme, smartphone, tablette ou télévision, les écrans isolent bien souvent ses utilisateurs au reste du monde. Pour les tout-petits, les effets sont plus néfastes. Sans une régulation de la part d’un adulte, difficile pour un enfant de se limiter. Malgré les nombreuses alternatives, laisser un enfant devant un écran ne lui permet pas d’évoluer de la meilleure manière.

Les écrans chez les tout-petits les privent de leurs besoins essentiels comme les interactions humaines et fréquentes avec notamment leurs parents. Ce qui lui permettra de créer un lien d’attachement très fort et très important pour son développement et sa sécurité affective. De plus, cela permet à l’enfant d’explorer le monde réel avec son corps et tous ses sens. Enfin, cela empêche l’enfant de développer correctement son cerveau ainsi que la relation aux autres et donc l’intérêt et le langage. Docteure Anne-Lise Ducanda, spécialiste en santé et développement de l’enfant et intervenante dans le reportage.

Des chiffres alarmants !

Les recommandations françaises en santé publique préconisent une durée de 38 minutes pour les enfants âgés entre 3 et 6 ans et pas plus d’une heure pour les 6 à 9 ans. En pratique, il n’en est rien et la moyenne est largement dépassée par une majorité d’enfants. Comme rappelé dans le documentaire, les chiffres surpassent les recommandations. En effet, un enfant de 0 à 2 ans passeraient en moyenne 3h11 sur les écrans et les enfants de 3 à 6 ans, quant à eux, y seraient durant 3h40. Le danger réside donc à la fois dans la surexposition, mais aussi, plus généralement, dans son utilisation. Comme on peut voir dans le documentaire, l’expérience sur l’attention des enfants en est un très bon exemple. L’écran attire l’œil et met en stand-by tout le reste. À cet égard, Servane Mouton, neurologue spécialisée en psychopathologie des apprentissages et intervenante dans le reportage, en explique la cause : « Il y a deux types d’attentions : « volontaire » lorsque l’on décide de se concentrer sur la lecture d’un livre ou sur un interlocuteur avec lequel on échange et qui demande un effort. Et puis il y a l’attention plus « automatique » déclenchée par des mouvements rapides, des sons ou par des images colorées aux contrastes importants comme un écran de télévision. »

« Transportable partout, tout le temps »

Comme expliqué dans le reportage, les écrans ne sont plus uniquement limités à l’intérieur des foyers mais ils sont transportables partout et tout le temps. À cet égard, c’est tout récemment que Jakob Forssmed, ministre de la Santé publique suédoise a déclaré à la presse : « Pendant trop longtemps, les smartphones et autres écrans ont pu entrer dans tous les aspects de la vie de nos enfants. Laissant ainsi trop peu de temps pour les activités en groupe, l’activité physique et un sommeil adéquat ».

« Ce qui nous permet en tant qu’adultes de résister aux impulsions, cet appétence pour les écrans et ce qu’ils peuvent nous apporter, c’est ce qu’on appelle le système de contrôle des impulsions qui se situe dans les régions les plus antérieures du cerveau, le cortex pré-frontal. Et c’est une zone qui arrive tardivement à maturation chez l’être humain, à savoir en vingt et vingt-cinq ans environs. Chez les tout-petits, autant dire que c’est un système très peu mature et il est très difficile de résister pour un petit enfant à cette source de plaisir amenée par les écrans. » Servane Mouton, neurologue spécialisée en psychopathologie des apprentissages et intervenante dans le reportage.

→ Pour visualiser le documentaire « Écrans, malbouffe, sédentarité – Alerte rouge sur la santé de nos enfants »

→ À lire aussi, une publication récente du Centre d’Expertise et de Ressources pour l’Enfance (CERE) 

 

Samuel Walheer

 

 

Des prises de sang tout en douceur grâce au « snoezelen » à l’Hôpital des Enfants

Avec en moyenne cent passages par jour et environ 18.000 à l’année, le service des prélèvements de l’Hôpital Universitaire des Enfants (HUDERF) fonctionne à plein régime. Se faire piquer par une seringue n’est agréable pour personne, et encore moins pour des petits patients, voire des nourrissons. L’espace médical parfois trop aseptisé a été revu en proposant des salles avec une thématique et une ambiance particulière. Appelée « Snoezelen », la démarche d’accompagnement vise à améliorer le bien-être des bébés et leur famille durant leur visite pour une prise de sang et, par la même occasion, faciliter le travail de l’équipe des soignant.e.s. Born in Brussels est allé jeter un œil discret. 

Salle « Espace », première salle customisée du service des prélèvements – Photo : Samuel Walheer

Inaugurée le 1er octobre 2022, la première salle du service, appelée « L’espace », s’est vue moderniser par l’approche « Snoezelen ». Cette dernière a rapidement connu un certain succès auprès des enfants et leurs familles, poussant alors l’équipe à revoir la décoration intérieure de leurs autres boxes de prélèvement. L’appellation « Snoezelen » vient de la contraction de deux verbes en néerlandais : « snuffelen » (sentir) et « doezelen » (somnoler). Plongés dans un environnement favorisant l’observation, la détente et l’écoute, les bénéficiaires peuvent se laisser bercer par cet espace sécurisant, ouvrant leurs sens et apportant un apaisement autant physique que psychique.

« Quand je procède aux prises de sang, je ressens moi-même moins de stress. Les enfants comme leurs parents sont plus apaisés, ce qui a aussi un effet sur le personnel soignant. Avec les petites musiques et les projections, cela nous apaise aussi en tant que professionnel.le.s. C’est efficace et reposant pour tout le monde ! » Déborah Peeters, infirmière au service des prélèvements.

Salle d’attente du service des prélèvements – Photo : Samuel Walheer

Le service des prélèvements

L’idée de départ trottait déjà dans la tête de certains membres de l’équipe, composée d’une infirmière en chef des consultations générales et du prélèvement ainsi que de trois soignantes : accueillir les petits patients dans de meilleures conditions. C’est donc naturellement qu’est apparue l’envie de transformer l’espace d’une des salles en y apportant une ambiance plus chaleureuse et zen. Très vite, au vu des nombreuses demandes, ce n’est pas une mais quatre salles qui sont à présent customisées avec chacune sa thématique : la mer, l’espace, le monde des méduses et l’arc-en-ciel. « On a commencé le snoezelen avec une boxe et cela a pris tellement d’ampleur et de succès que l’on a du élargir et transformer nos trois autres salles de prélèvements », nous confie Petra Van Capellen, infirmière en cheffe. Arrivés dans la salle d’attente, les enfants accompagnés de leurs parents n’ont aucune idée de ce qui les attend mis à part la prise de sang. Le vrai plus semble bel et bien être l’effet de surprise et la possibilité de téléporter les enfants dans une atmosphère bien moins médicale.

« Le snoezelen est positif à tous les niveaux, mais l’installation coûte cher et la recherche de fonds est compliquée du fait que ce ne soit pas considéré comme une tâche « infirmier », mais un ‘plus’ que l’on propose aux patients. Pour moi, ce fût un vrai défi dès le départ pour justifier et trouver du financement. Heureusement, notre direction nous a suivi dans notre projet qui est de plus en plus reconnu dans le monde médical. On voit bien que notre métier ne s’arrête pas uniquement à la délivrance de soins et qu’il y a plein de choses à côté. » Petra Van Capellen, infirmière en chef.

Les bienfaits du « Snoezelen »

Salle ‘L’arc-en-ciel’ du service des prélèvements – Photo : Samuel Walheer

Dans l’optique d’amener l’enfant dans un autre univers et lui proposer une vision différente de l’espace médical, le snoezelen semble être la meilleure démarche à adopter. D’ailleurs, voici quelques exemples, repris sur la page de l’HUDERF, qui démontrent les bienfaits de l’approche au sein d’un hôpital :

  • Promouvoir la détente physique et psychique : offrir un espace où les enfants peuvent se détendre et se sentir en sécurité.
  • Multiplier les expériences sensorielles et motrices : encourager les enfants à explorer de nouvelles sensations à travers des jeux de lumière, des sons apaisants et des textures variées.
  • Réduire l’anxiété et les troubles du comportement : créer un environnement calme et sécurisé pour diminuer les angoisses des jeunes patients.
  • Faciliter l’interaction : aider les enfants à interagir de manière sécurisée avec leur environnement.
  • Éveiller à de nouvelles sensations : stimuler la curiosité et le désir de connexion avec autrui.

 

« Le snoezelen n’a pas le même effet apaisant pour tous les enfants, mais on voit tout de même la différence. Cela apporte une vraie plus-value et c’est bien plus agréable pour tout le monde. D’abord pour nous, en tant qu’infirmières, parce que les enfants qui viennent parfois avec des pathologies lourdes s’ouvrent davantage et une conversation se met rapidement en place grâce à l’ambiance du snoezelen. D’ailleurs, d’autres services commencent à en faire la demande, notamment dans la salle de soins pour les enfants brûlés, car les bienfaits sont nombreux. » Petra Van Capellen, infirmière en chef des consultations et du service des prélèvements.

Infos pratiques

Le service des prélèvements de l’Huderf est ouvert du lundi au vendredi de 8h à 16h45. Fermé les weekends et jours fériés.

→ Pour prendre rendez-vous au service des prélèvements de l’HUDERF 

 

Samuel Walheer