Coup d’œil sur la fécondité : les belges font moins d’enfants qu’il y a 10 ans

Au vu du taux de fécondité en diminution depuis plus de dix ans, le  » Bureau Fédéral du Plan  » vient d’annoncer, dans l’une de ses dernières publications, qu’il revoit à la baisse son hypothèse dans ses projections démographiques. La chute de fécondité en Belgique – de 1,86 enfant par femme en 2008 à 1,52 en 2022 -, s’explique notamment par un report des naissances en période de crises, ainsi que par un souhait des couples à vouloir faire moins d’enfants.


Alors qu’en Belgique le nombre de naissances ne faisait qu’augmenter depuis les années 2000, neuf ans plus tard, celui-ci a considérablement diminué dans la plupart des pays industrialisés. Depuis lors, cette tendance à la baisse perdure. Les raisons sont multiples et l’une d’entre elles concerne le nombre de naissances qui dépendrait de deux facteurs : le nombre de femmes en âge d’avoir des enfants et le nombre moyen d’enfants par femme, relatif au taux de fécondité.

Une chute qui s’explique…

Depuis la crise financière de 2009, le nombre de naissances a en effet diminué car les plus jeunes couples ont tendance à retarder leur projet bébé. Ceci au vu d’un marché du travail plus complexe – hausse du chômage, moins de contrats à durée indéterminée – ou encore à cause d’un accès plus difficile au logement. Et même avant la pandémie du COVID19, les experts relevaient déjà que la fécondité n’augmentait pas, malgré des indicateurs économiques pourtant favorables. Cette actuelle régression a incité les démographes à rechercher d’autres explications. Selon eux, l’évolution de notre société et les grands défis qui l’encadrent jouent non seulement sur l’âge à la maternité, mais aussi sur le nombre d’enfants désirés par les couples.

→ Pour voir la publication complète du BFP → Bureau fédéral du Plan – Article – Révision à la baisse de l’hypothèse de fécondité à long terme

Et pour le futur alors ?

Pour l’ensemble de la Belgique, les experts projettent un niveau moyen de 1,6 enfant par femme en 2070. Ce niveau serait inférieur à celui observé fin des années 2000 (1,86 en 2010), mais supérieur à celui actuellement observé (1,52). Les experts justifient ce taux, ne s’approchant pas plus de 2, pour les raisons suivantes :

  • Des difficultés à combiner vie professionnelle et familiale ;
  • L’augmentation des incertitudes et insécurités aux niveaux individuel et mondial ;
  • L’instabilité au niveau des relations de couple et de la carrière professionnelle ;
  • Le coût du logement.

Le modèle « ReNaissance »

Cette timide reprise de la fécondité dans les prochaines années est confirmée par les projections faites par « ReNaissance », un modèle de probabilité développé par le BFP, le Centre for Population et Family & Health. Ces chiffres semblent être la conséquence d’une tendance à la baisse des probabilités de donner naissance à un enfant chez les femmes de moins de 30 ans. Chez les femmes de 30 à 40 ans, les probabilités de donner naissance restent stables, voire augmentent (en particulier chez les femmes de ce groupe d’âge qui n’ont pas encore d’enfants). D’après les résultats de ce modèle, le nombre moyen d’enfants par femme atteindrait 1,62 vers 2035.

Pour en savoir plus sur le BFP

Créé en 1959, le « Bureau Fédéral du Plan » est un institut public indépendant de prévision, de recherche et d’analyse des politiques publiques. Sa mission première est d’offrir une aide à la décision et son expertise est mise à la disposition du gouvernement, du Parlement, des interlocuteurs sociaux ainsi que des institutions nationales et internationales. Il réalise des études et des prévisions sur des questions de politique économique, sociale, environnementale et examine leur intégration dans une perspective de développement durable.

 

Samuel Walheer

 

Une mère sur deux risque la dépression post-partum : des mamans célèbres témoignent

Longtemps considérée comme un sujet tabou, une maman sur deux risque pourtant de développer une dépression post-partum – et une sur cinq la développe effectivement – , selon les chiffres de Solidaris (Union nationale des mutualités socialistes). Au travers de sa récente étude, Solidaris souhaite faire reconnaître la maladie comme un enjeu de santé publique et de justice sociale, ainsi que d’identifier les leviers d’actions. Par la même occasion, certaines stars témoignent à leur tour pour exprimer à toutes les autres mamans leur solidarité.


Qu’on se le dise, la magie autour d’une naissance est aussi synonyme de vrai chamboulement. Et ce n’est pas la chanteuse Adele qui dira le contraire. L’effet post-partum offre aux mamans son lot de bonheur mais il peut également révéler des troubles mentaux comme l’anxiété, le stress ou encore la dépression. À cet égard, via son étude, Solidaris souhaite démontrer les enjeux liés à un nombre trop important de mamans qui se retrouvent rapidement démunies et en souffrance suite à l’arrivée de leur enfant, ainsi que l’augmentation de prise d’antidépresseurs.

Que dit l’étude ?

L’étude réalisée par Solidaris (de 2012 à 2019) analyse la consommation d’antidépresseurs de 298.022 parents ayant un enfant de moins d’un an – sans compter les 2.589 parents supplémentaires qui ont également été interrogés à l’été 2023 – et les résultats parlent d’eux-mêmes. Comparé à la population générale, le risque lié à la consommation d’antidépresseurs est relativement plus élevé chez les parents, et particulièrement auprès des mamans avec un enfant en bas-âge. En effet, elles ne sont pas moins de 54% en Wallonie à figurer comme « à risque de dépression ». À ce risque peut s’ajouter d’autres éléments d’ordre psycho-social comme la mauvaise santé du nouveau-né, une perte d’emploi, une situation de monoparentalité… ; ce qui augmenterait le taux d’exposition à la consommation d’antidépresseurs durant la période post-partum. Face à ce taux élevé, qui plus est dans le contexte sanitaire actuel qui voit de plus en plus de personnes touchées par des problèmes liés à la santé mentale, il n’en demeure pas moins que Solidaris appelle à des actions concrète pour défendre l’intérêt commun et en particulier celui des jeunes mamans.

Des mamans stars témoignent

Les célébrités aussi sont parfois mamans et elles ne passent pas entre les mailles du filet. Certaines mères stars ont décidé d’aborder le sujet de la dépression post-partum afin de le démystifier et crier haut et fort qu’il n’y a rien d’anormal à cela. Pour Audrey Fleurot héroïne de la série « HPI » : « On nous donne l’impression qu’un lien immédiat va se construire avec notre bébé. Mais pas du tout. Un bébé, c’est terriblement angoissant. » Elle poursuit, en toute honnêteté : « Si on m’avait dit plus tôt que ce n’était pas de ma faute, que c’était un coup des hormones et qu’il fallait que je prenne un traitement pour me recadrer, j’aurais perdu moins de temps. » La chanteuse Adele, quant à elle, avoue : « J’ai fait une très sévère dépression post-partum. Je me sentais maladroite et je craignais d’avoir pris la pire décision de ma vie. Et finalement, je me suis tout simplement dit que j’allais m’accorder un après-midi par semaine sans mon bébé, pour faire tout ce que je voulais. » Pour l’animatrice télé Alessandra Sublet : « Quand j’étais enceinte, tout le monde me disait que c’est le plus beau métier du monde. Ce n’est pas faux, mais c’est super dur aussi. Il faut le dire haut et fort : la maternité, c’est difficile. Et ça ne m’empêche pas d’aimer mes enfants. »

Que préconise Solidaris ?

Pour amoindrir les risques liés à la dépression post-partum, Solidaris donne quelques conseils pratiques :

  • Étendre le congé de maternité à 21 semaines.
  • Aligner le congé de naissance pour le père sur le congé de maternité.
  • Augmenter le nombre de places en crèche et leur mise à disposition sans condition.
  • Renforcer et refinancement l’aide à domicile pour les parents.
  • Développer un trajet de soins en périnatalité en mettant l’accent sur les dimensions psychosociales du post-partum.
  • Informer dès l’école, avec une généralisation de l’Education à la Vie relationnelle, affective et sexuelle (EVRAS).
  • Diffuser, par les autorités compétentes, des campagnes d’information et de sensibilisation sur le sujet.
  • Renforcer le financement des centres de planning familial et l’accessibilité financière des soins de première ligne et investir massivement dans la santé mentale.

Texte : Samuel Walheer

Sortie ciné : ‘Holy Rosita’ et son désir d’enfant envers et contre tous

Le film flamand ‘Holy Rosita’ est projeté en ce moment sur les grands écrans. L’histoire est touchante, l’actrice attachante. On y parle de désir d’enfant et une question assez universelle est soulevée : est-ce que tout le monde peut être considéré comme apte à s’occuper d’un bébé ? 

Photo tirée du film ‘Holy Rosita’ – ©Kris De Witte

 

Le synopsis : « Rosita est une jeune femme enjouée, appréciée de tous, qui souhaite ardemment avoir un enfant. Mais son entourage trouve cela irresponsable car Rosita peut à peine s’occuper d’elle-même. Quand Rosita tombe quand même enceinte, elle décide de garder sa grossesse secrète. »

Une ode à la liberté et à la vie

Ce premier long-métrage du réalisateur Wannes Destoop est bien de chez nous puisqu’il se passe à Ostende. L’ambiance du tram de la côte, de la plage, du Luna Park, de l’arrière-pays et de ses habitants permet de s’immerger immédiatement dans le film. On a envie de courir avec Rosita sur la plage, de plonger les pieds dans l’eau… Et puis on s’attache très vite à ce personnage jovial joué par l’actrice Daphne Agten ; à cette jeune femme vulnérable, drôle, attachante, mais avec sa part d’ombre également. Elle est si à l’aise avec les petits, si maternelle que son désir d’enfant semble tout naturel. Sauf que sa mère d’accueil, et plus généralement la société, ne l’entendent pas de cette oreille. Pour eux, elle n’est pas apte à s’occuper d’un bébé du fait de son côté « spécial » et déconnecté de la vie d’adulte et des responsabilités qui l’accompagnent. Mais Rosita sait qu’elle en est capable ; elle veut être libre et vivre sa vie ardemment, avec son bébé secrètement logé dans son ventre…

Unanimité de la presse

« Avec ‘Holy Rosita’, je veux proposer une histoire réconfortante et pleine d’espoir, de mères et d’enfants, d’âmes vulnérables qualifiées de ‘spéciales’ par la société mais qui ont, elles aussi, droit au bonheur. ‘Holy Rosita’ est un appel à prendre soin les uns des autres dans une société où règne l’individualisme », s’est exprimé Wannes Destoop dans une interview de Cinéart pour annoncer l’avant-première mondiale du film à Ostende. C’est aussi à ce moment-là que la presse a pu visionner pour la première fois ‘Holy Rosita’ et l’engouement fut unanime. Voici d’ailleurs quelques critiques :

  • Daphne Agten livre une performance pleine de grâce et d’intensité. Elle est magnifique dans ce trajet d’émancipation qui n’a pas peur du mélodrame, tout en osant la joie et l’espoir. – Focus Vif
  • L’actrice Daphné Agten trouve là un formidable premier rôle au cinéma et lui donne superbement chair avec une profondeur désarmante. – Le Soir
  • Une belle réussite et un réalisateur à suivre. – L’Avenir

Le trailer

Texte : Sofia Douieb

Du nouveau pour la newsletter « BiB news » et un agenda toujours en libre accès

« BiB news », la newsletter du site Born in Brussels, est en passe de se renouveler ! En effet, dans l’optique de diversifier ses compétences, l’équipe actuelle prévoit des nouveautés pour ses abonnés. 

Parmi les innovations prévues : intégrer dans la revue en ligne des articles en rapport avec l’actualité internationale en périnatalité et en pédiatrie ; partager des témoignages ciblés avec l’usage d’un outil pertinent et très en vogue qui est le podcast ; etc.

Qui dit nouvelle année, dit nouveautés !

Comme pour son grand frère Hospichild — site web d’infos et ressources autour de l’enfant hospitalisé en Région bruxelloise —  Born in Brussels ambitionne cette année de proposer quelques nouveautés. Ne se reposant jamais sur leurs lauriers, les membres du groupe à la rédaction souhaitent diversifier leurs compétences. Ceci afin de proposer à ses lecteurs un format d’articles différent. Voici ce qui sera bientôt proposé sur le site et via la newsletter BiB news :

  • Par le biais de l’outil podcast, en plus de l’actuel onglet « témoignages », sera ajouté un onglet « podcast » proposant des interviews enregistrées. Dès lors, ce format moins classique permettra aux auditeurs de pouvoir écouter les enregistrements partout et quand ils le souhaitent.
  • De plus, alors que la rédaction d’articles était jusqu’ici principalement axée sur des sujets se déroulant dans la région bruxelloise et ses environs, la revue tend à s’étendre au delà des frontières en aborder des actualités pédiatriques provenant d’autres pays. Ceci dans l’idée de faire des ponts entre les nombreux sujets et les avancées dans le domaine.

Un agenda en libre accès

Sur son site, Born in Brussels propose un agenda sur lequel sont postés tout type d’événements toujours en lien avec le domaine périnatal et pédiatrique : des webinaires, des journées formations pour les professionnels, des temps de rencontres pour les parents-solo ou encore des ateliers à destination des mamans accompagnées de leur bébé. L’avantage de cet agenda est qu’il est totalement en libre-accès. C’est-à-dire que toute personne peut poster un événement qu’elle organise ou dont elle a entendu parler. Cela permet aux abonnés de BiB news ainsi qu’aux visiteurs d’un jour de prendre connaissance d’un événement qui marquerait leur intérêt.

Born in Brussels

Pour rappel, Born in Brussel est un site web d’informations et de ressources autour de la naissance et de la petite enfance. Le projet a émergé afin de répondre à une large demande de la population bruxelloise, rendre visible les organismes actifs dans le domaine de la petite enfance ainsi que pour créer des liens entre les différents partenaires. Après avoir été imaginé en 2014, Born in Brussels a vu le jour en 2022. L’objectif principal de la plateforme est d’informer et d’orienter au mieux les (futurs) parents tout en mentionnant les acteurs pertinents, les associations qui existent en Région bruxelloise. Par ailleurs, Born in Brussels ambitionne aussi d’inciter les professionnels bruxellois du domaine périnatal à se rassembler autour de notre plateforme afin d’échanger les bonnes pratiques et renforcer l’offre aux bénéficiaires.

 

Texte : Samuel Walheer

Appel à projets : la sécurité des enfants de 0 à 12 ans dans la circulation, une priorité

La sécurité des enfants dans la circulation figure comme une priorité pour Le Fonds Dominique De Graeve, géré par la Fondation Roi Baudouin. Raison pour laquelle a été lancé, début février, un appel à projets visant à soutenir les initiatives dont le but est de protéger les enfants dans les environs et aux abords de leur école. En pratique, un dossier doit être complété et les deux projets les plus aboutis se verront remettre chacun un prix.


Au fil des années, le trafic en région bruxelloise se fait de plus en plus dense. Face aux nombreux dangers liés à une circulation incessante, rien n’est moins rassurant que de se sentir en insécurité sur le chemin de l’école. Au regard de ce genre de situation récurrente, Le Fonds Dominique De Graeve lance chaque année un appel à projets pour soutenir les parents et protéger leurs enfants.

Qui peut participer ?

Cette année, l’appel à projets s’adresse à toutes les initiatives en Fédération Wallonie-Bruxelles ainsi qu’en Communauté germanophone de Belgique. La participation est ouverte à toutes les écoles de l’enseignement maternel et primaire ainsi que les associations de parents des différents réseaux d’enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles. Le dossier de candidature doit être envoyé entre le 5 février et le 16 septembre au plus tard. À la suite d’une délibération, deux prix, d’une valeur de 5.000 euros et de 2.500 euros, seront attribués à deux projets concrets réalisés ou en cours de réalisation pendant l’année scolaire 2023-2024. De plus, l’appel à projets n’est pas uniquement proposé en FWB mais également en Communauté germanophone, ainsi qu’en Communauté flamande.

Pour composer son dossier de candidature → Fonds Dominique De Graeve – Fondation Roi Baudouin

Comment participer ?

Une vidéo a été créée par la Fondation Roi Baudouin afin d’aider les participants dans leur procédure de participation.

Quelques critères à respecter

Pour être recevable, la sélection des dossiers sera confiée à un jury indépendant et chaque projet doit répondre à certains critères :

  • Projets à petite échelle.
  • Approche concrète et pratique du thème.
  • Approche innovante, créative et dynamique du thème.
  • Participation active et implication de différents acteurs dans le cadre d’un partenariat entre parents, enfants, directeurs d’écoles et enseignants, communes, la police, les habitants du quartier…
  • Projet exemplatif et effet multiplicateur.
  • Garanties de continuité : les projets doivent s’inscrire dans une vision à long terme en matière de sécurité dans la circulation.