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Cinq jours de congé supplémentaires après la naissance d’un enfant, c’est officiel !

C’est tout récemment que le gouvernement fédéral belge a annoncé cinq jours de congé supplémentaires après la naissance d’un enfant. Seule spécificité : ce congé doit être utilisé soit par la maman soit par le papa/ co-parent. Pour la Ligue des familles – qui en a fait une de ses priorités – l’allongement du congé de naissance est une petite victoire. En effet, quelques jours en plus vont être plus que bienvenu pour rester auprès de son nouveau-né et l’accompagner dès ses premiers jours de vie.

En Belgique, le congé de maternité pour les travailleuses salariées est de 15 semaines et allongé tout récemment pour les indépendantes. Depuis janvier 2023, le congé de paternité et coparentalité est quant à lui passé de 3 à 4 semaines en Belgique. Une évolution certaine qui aura pris près de vingt ans à voir le jour. Mais l’idée mijotait depuis longtemps en faveur d’un allongement, voire même d’une obligation nécessaire. Car, on le sait, il est indispensable pour un père d’être présent, surtout durant les premières semaines, pour a accompagner au mieux la maman face aux difficultés que peut représenter la venue d’un nouveau-né.

Financièrement, pour les pères et co-parents salariés, le congé de naissance est rémunéré 82% du salaire plafonné. Le congé de maternité, 82% du salaire non plafonné les 30 premiers jours et 75% du salaire plafonné ensuite. Les parents indépendants touchent un montant forfaitaire, les parents fonctionnaires conservent leur rémunération. La Ligue des familles pose la question : «Combien sera alors payé ce congé supplémentaire ?»

{Communiqué de la Ligue des Familles}

Le gouvernement fédéral annonce cinq jours de congé supplémentaires à la naissance d’un enfant. Une mesure positive, que la Ligue des familles appelle de ses vœux depuis des années. La Ligue des familles regrette cependant que ces jours soient attribués sous la forme d’un droit transférable entre parents, une formule qui risque de freiner les progrès vers une réelle égalité parentale.

L’allongement du congé de naissance et du congé de maternité est un de nos combats prioritaires depuis de nombreuses années, et nous nous réjouissons donc de cette avancée. Le congé de maternité des mères belges reste l’un des plus courts d’Europe.

La Ligue des familles craint cependant que cette mesure manque l’un de ses objectifs majeurs : mieux ancrer les pères et les co-parents dans une logique de co-responsabilité dans les tâches familiales. Car dans les autres pays qui ont mis en place un tel système, on observe que ce sont les mères qui utilisent très majoritairement ces congés transférables.

L’allongement ne doit pas se faire au détriment des droits individuels

La Ligue des familles regrette toutefois que ces cinq jours supplémentaires puissent être pris par un seul des deux parents, au choix. Si l’objectif est de soutenir davantage les familles, ce congé transférable risque de manquer un de ses objectifs majeurs: mieux ancrer les pères et les co-parents dans une logique de co-responsabilité dans les tâches familiales.

L’expérience des pays qui ont instauré des congés transférables montre en effet que ce sont majoritairement les mères qui utilisent.
Cette mesure pourrait dès lors contribuer à maintenir, voire renforcer, des inégalités déjà importantes dans le partage des responsabilités familiales… au lieu de les résorber.

Une revendication de la Ligue des familles qui se concrétise

Ces cinq jours supplémentaires constituent une première concrétisation du projet de « crédit familial » prévu dans l’accord de gouvernement. Celui-ci vise à remplacer progressivement plusieurs congés existants (congé de maternité et de naissance, congé parental, crédit-temps) par un système de congés liés à l’enfant et partagés entre les parents.

La Ligue des familles a déjà alerté à plusieurs reprises sur les risques de ce modèle. « Nous soutenons l’idée d’allonger les périodes de congé pour les familles, mais pas au prix de la disparition des droits individuels des parents » souligne Céline Cocq, chargée d’études à la Ligue des familles. « Un système de pot commun risque de renforcer les inégalités entre parents et de créer de nouvelles difficultés pour les familles séparées ».

Alors qu’il avait pour ambition de simplifier le système des congés familiaux, le crédit familial risque également d’ajouter de la complexité administrative, tant pour les familles que pour les employeurs. Sa mise en œuvre soulève par ailleurs de nombreuses questions lorsque les parents ont des statuts professionnels différents (salarié, indépendant ou fonctionnaire).

La Ligue des familles plaide pour des congés égaux pour tous les parents. Elle rappelle sa demande d’allonger progressivement le congé de naissance pour arriver à 15 semaines, comme le congé de maternité, et de rendre le congé de naissance en partie obligatoire. Il est temps de soutenir pleinement la place des pères et des co-parents auprès des enfants dès la naissance.

Partagé par Samuel Walheer

 

« Faisons tomber les barrières ! » : la campagne de l’OMS pour la Journée mondiale contre les hépatites

Comme chaque année, le 28 juillet est l’occasion de célébrer la journée mondiale contre les hépatites. Pour sensibiliser le grand public aux hépatites virales – des maladies inflammatoires du foie qui peuvent entraîner de graves manifestations, voire un cancer – l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) partage sa campagne mondiale intitulée « Hépatite : faisons tomber les barrières ! ». Un message préventif fort qui vise à améliorer l’accès aux plus vulnérables, promouvoir la vaccination et garantir une meilleure santé publique d’ici 2030. 

Pour marquer le coup, l’OMS relance sa campagne de 2025 et elle annonce la couleur : « il faut agir d’urgence pour venir à bout des obstacles financiers, sociaux et systémiques, y compris la stigmatisation, qui freinent l’élimination de l’hépatite et la prévention du cancer du foie. »

Pour rappel, et comme on peut le lire sur le site de l’administration Vivalis (dont fait partie Born in Brussels) : « Afin de préserver la santé des citoyen·ne·s, les professionnel.le.s de santé ont l’obligation légale de déclarer une liste de maladies transmissibles. » Parmi ces maladies, l’Hépatite A doit être déclarée dès la confirmation du diagnostic.

Un accès plus équitable au dépistage et aux soins d’ici 2030

La campagne relancée par l’OMS met en lumière le rôle essentiel que jouent les communautés dans la lutte contre les hépatites virales. En effet, elle permet de sensibiliser le grand public ainsi que des décideurs politiques, des gouvernements et des autorités sanitaires nationales en réduisant la stigmatisation et en plaidant en faveur d’un accès plus équitable au dépistage et aux soins.

De plus, la campagne s’inscrit dans le cadre de l’initiative régionale d’élimination de plusieurs maladies. Un cadre qui repose sur une approche intégrée, centrée sur la personne, de l’élimination des maladies transmissibles. L’initiative rassemble les efforts déployés dans différents programmes en s’appuyant sur des plateformes communes des systèmes de santé, des secteurs concernés et des communautés afin d’accélérer les progrès vers les cibles d’élimination.

Des vaccins efficaces, des diagnostics fiables et des traitements contre les hépatites B et C permettent de prévenir les infections et de sauver des vies. La campagne 2026 appelle à renforcer l’engagement politique et à assurer des investissements durables afin d’élargir l’accès aux services de prévention, de dépistage, de traitement et de prise en charge, et d’accélérer les progrès vers l’élimination des hépatites virales en tant que menace pour la santé publique à l’horizon 2030. Lu sur le site de l’OMS

OMS (Organisation Mondiale de la Santé) ©

Un appel à l’action

L’OMS partage quelques messages clés à destination du grand public :

  • Faites-vous dépister pour les hépatites B et C.
  • Promouvez et assurez le dépistage systématique de l’hépatite B pendant la grossesse, ainsi que l’administration d’une prophylaxie antivirale lorsque cela est nécessaire, dans le cadre de la triple élimination du VIH, des hépatites et de la syphilis.
  • Administrez aux nouveau-nés une dose de vaccin contre l’hépatite B dans les 24 heures suivant la naissance et veillez à ce qu’ils reçoivent l’ensemble des doses prévues par le calendrier vaccinal de l’enfant.
  • Informez-vous et parlez à votre professionnel de santé de l’intérêt d’un dépistage et d’un traitement précoces.

Tout le monde doit faire un effort

D’autres messages importants sont quant à eux lancés à destination des décideurs politiques, des gouvernements et des autorités sanitaires nationales :

  • Sensibilisez et améliorez le dépistage ainsi que le traitement précoces, en mettant l’accent sur les populations à haut risque.
  • Généralisez l’administration de la dose de vaccin contre l’hépatite B à la naissance et renforcez la sécurité des transfusions sanguines, des injections ainsi que les services de réduction des risques.
  • Développez l’accès à des services de dépistage et de traitement abordables intégrés aux soins de santé primaires, et élargissez l’offre de services intégrés et abordables de lutte contre les hépatites.
  • Intégrez les services de prise en charge des hépatites à la couverture sanitaire universelle afin d’améliorer l’accès au dépistage et au traitement.
  • Mobilisez les parties prenantes et les communautés afin de soutenir le financement et de favoriser des progrès fondés sur les données. »

À Bruxelles…

Pour préserver la santé des citoyen·ne·s, les professionnels de santé ont l’obligation légale de déclarer une liste de maladies transmissibles. La surveillance de ces maladies est l’une des compétences de la Commission communautaire commune (Cocom) dans la région bilingue de Bruxelles-Capitale.

Lorsque les pathologies sont susceptibles d’entraîner un danger pour la population et que des mesures urgentes doivent être prises, leur déclaration est faite immédiatement par téléphone au 02 552 01 91 après le diagnostic (suspicion ou confirmation selon les cas) ou l’obtention d’un résultat d’analyse donnant naissance à l’obligation de procéder à la déclaration. Cette déclaration téléphonique est ensuite confirmée dans les 12 heures par une déclaration électronique. » Vivalis, l’administration de la Cocom

Recherche en pédiatrie : un projet qui imprime en 3D les voies respiratoires à différents âges

À l’UCLouvain, le doctorant Pierre Cnockaert développe des modèles anatomiques innovants des voies respiratoires pédiatriques grâce à l’impression 3D. Plus réalistes, ces modèles permettent d’étudier la manière dont l’air circule chez les enfants. Un projet innovant qui se distingue en représentant plusieurs âges d’un tout-petit. Et en proposant des approches thérapeutiques plus adaptées à leur développement anatomique. Récompensé par le Prix Vocatio avec un financement de 10 000 euros, cette avancée va certainement encore faire parler d’elle à l’avenir.

{Communiqué de l’UCLouvain}

Tout commence avec une idée simple : mieux comprendre comment respirent les enfants… et comment les aider lorsque cela devient difficile.

Le projet de Pierre Cnockaert, aujourd’hui soutenu par le Prix Vocatio, n’était, au départ, pas du tout prévu. Il s’agit pourtant d’un travail de recherche ambitieux : créer des modèles imprimés en 3D des voies respiratoires pédiatriques afin d’étudier des techniques comme la ventilation non invasive.

Mais ces modèles ne servent pas uniquement à la recherche. Ils deviennent également des outils pédagogiques utilisés dans l’enseignement pour rendre visible ce qui reste souvent abstrait dans les manuels et les schémas.

Une idée née bien avant sa thèse

L’histoire commence pendant son master complémentaire en sciences de la motricité à l’UCLouvain, après des études de kinésithérapie à la Haute Ecole Vinci. Un échange avec le professeur Gregory Reychler marque le début de son projet : il découvre l’existence de modèles anatomiques imprimés en 3D. L’idée est intrigante, mais encore floue.

Plutôt que de la laisser de côté, il fait quelque chose de très concret : il achète une imprimante 3D d’occasion et commence à expérimenter seul. Dans sa chambre, il imprime ses premiers modèles de voies respiratoires. C’est encore artisanal, mais c’est là que tout démarre.

Petit à petit, cette démarche personnelle attire l’attention du professeur William Poncin, aujourd’hui directeur de sa thèse. Avec le professeur Reychler, ils développent à trois une méthode permettant de reconstruire les voies respiratoires à partir d’images de CT-scan. Les données médicales deviennent des modèles numériques en trois dimensions, puis des objets physiques imprimés couche par couche.

Une vérification rigoureuse pour des modèles fiables

Des modèles anatomiques pédiatriques en 3D existaient déjà dans la littérature scientifique. Cependant, ils étaient souvent moins réalistes et, surtout, rarement validés de manière approfondie. Leur fidélité anatomique n’était donc pas toujours démontrée.

L’un des objectifs majeurs du projet est précisément de développer des modèles dont l’exactitude anatomique est vérifiée et scientifiquement validée. Cette étape de validation est essentielle pour garantir que les résultats obtenus en laboratoire reflètent au mieux la réalité clinique.

Ces modèles permettent aujourd’hui de mieux comprendre des situations très concrètes : comment l’air circule dans les voies respiratoires supérieures d’un enfant et ce qui change selon la forme des structures anatomiques. Il travaille également à rendre ces modèles toujours plus réalistes, notamment grâce à l’utilisation de matériaux souples reproduisant le comportement mécanique des tissus biologiques.

Représenter les différentes étapes du développement de l’enfant

Le projet se distingue aussi par sa volonté de représenter plusieurs âges pédiatriques. En effet, les voies respiratoires évoluent considérablement entre la naissance et l’enfance. Certaines structures anatomiques, comme les sinus, ne sont pas encore complètement développées chez le nouveau-né et se modifient progressivement au fil de la croissance.

Disposer de modèles correspondant à différents âges permet donc de mieux comprendre l’impact du développement anatomique sur la respiration et sur l’efficacité de certains traitements utilisés chez les jeunes patients : ventilation, mais également délivrance d’aérosols ou encore d’oxygène.

UCLouvain ©

Un projet soutenu par le Prix Vocatio

L’obtention du Prix Vocatio marque une étape importante dans cette aventure scientifique. Ce prix offre un financement de 10 000 euros qui permettra notamment de poursuivre l’amélioration des matériaux utilisés, d’étendre la validation scientifique des modèles et de développer de nouvelles applications de recherche.

Pierre Cnockaert souhaite également rendre ces méthodes accessibles à l’ensemble de la communauté scientifique. Son objectif est de documenter et de diffuser les procédures de reconstruction 3D ainsi que les protocoles de validation afin que d’autres chercheur·euses puissent les reproduire, les adapter à leurs besoins et contribuer à leur amélioration.

Derrière cette chaîne de technologies, de l’imagerie médicale à l’impression 3D, se dessine une même ambition : rendre visible, compréhensible et mesurable ce qui, chez l’enfant, reste souvent difficile à appréhender, afin d’améliorer à terme les soins pédiatriques.

 

Frais de garde d’enfants : comment ne pas perdre ses avantages d’après la Ligue des Familles

En Belgique, près de 500.000 ménages demandent chaque année une réduction d’impôt pour les frais de garde d’enfants. Ce mercredi 15 juillet 2026 est le dernier jour pour introduire sa déclaration fiscale via MyMinfin. Pour l’occasion, la Ligue des familles met en lumière six dysfonctionnements empêchant de nombreux parents de bénéficier pleinement d’un avantage fiscal pourtant prévu par la loi.

En vérifiant que sa déclaration fiscale est bien remplie, c’est aussi le bon moyen pour vérifier que tous les frais de garderie, de crèche, de stages ou de camps de vacances ont bien été pris en compte. La Ligue des Familles rappelle que c’est le dernier moment pour ne pas perdre ses avantages. En effet, de nombreuses familles risquent de perdre une partie de leur avantage fiscal. Et ce, principalement à cause de règles administratives complexes ou incohérentes qui ne correspondent pas aux réalités de nombreuses familles.

{Communiqué de presse de de la Ligue des Familles}

Six dysfonctionnements qui pénalisent encore les familles

Dans une nouvelle étude, la Ligue des familles met en évidence six problèmes majeurs qui persistent en 2026 :

  1. certains organismes de garde utilisent encore un ancien modèle d’attestation fiscale (non conforme au modèle obligatoire du SPF Finances),
  2. les organismes de garde ne transmettent pas toujours électroniquement au SPF Finances les données relatives aux gardes d’enfants, ce qui ne permet pas le pré-remplissage des déclarations d’impôts,
  3. certains organismes déclarés auprès de l’ONE ne sont pas reconnus par l’administration fiscale,
  4. les règles applicables aux parents séparés ou cohabitants de fait conduisent régulièrement à la perte de l’avantage fiscal,
  5. plusieurs activités extrascolaires ne donnent pas droit à cette réduction d’impôt, sans justification claire : pourquoi les frais de garderie à l’école donnent-ils droit à cette réduction et pas les frais d’une activité extrascolaire organisée à l’école (donc au même endroit, au même moment que la garderie) ? Pourquoi traiter différemment la garderie dans une école le mercredi après-midi ou le cours de danse ou de football au même moment ? Pourquoi les cours de natation du mercredi après-midi ne donnent-ils pas droit à la réduction d’impôt, mais le stage de natation pendant les vacances, si ? Selon l’analyse de la Ligue des familles, il n’existe pas de justification à ces exclusions
  6. les frais pourtant payés ne donnent pas droit à la réduction d’impôt lorsqu’un enfant est absent (par exemple les jours de crèche payés et non remboursés quand un enfant est malade – situation très fréquente)

« Aujourd’hui, trop de parents sont pénalisés par des formalités administratives ou par des règles qui ne correspondent plus à la réalité des familles. Résultat : de nombreux parents perdent cet avantage fiscal, qui est l’un des principaux soutiens aux familles », souligne la Ligue des familles.

Des erreurs que les parents découvrent souvent trop tard

Ces situations ne sont pas marginales. Chaque année, des parents découvrent que certains frais n’ont pas été repris dans leur déclaration préremplie, qu’une attestation fiscale a été établie au nom du mauvais parent, et donc reprise dans la mauvaise déclaration préremplie, ou encore qu’une activité payée ne donne finalement droit à aucune réduction d’impôt. D’autres ne se rendent pas compte que certains frais ne sont pas repris et sont tout simplement privé de cette réduction d’impôt alors qu’il s’agit d’un des principaux soutiens fiscaux destinés aux familles.

Un système à simplifier de toute urgence

Pour la Ligue des familles, la solution passe par plusieurs adaptations concrètes : prolonger la tolérance pour les attestations qui ne respectent pas encore le modèle obligatoire pour l’exercice d’imposition 2026, obliger les organismes de garde à informer les parents lorsque les données ne sont pas transmises électroniquement au SPF Finances, reconnaître explicitement les organismes déclarés auprès de l’ONE comme donnant droit à la réduction d’impôt, élargir la réduction d’impôt à toutes les activités organisées en dehors du temps scolaire, permettre la réduction d’impôt pour les frais effectivement payés même lorsque l’enfant n’a pas pu participer à l’activité et clarifier les règles applicables aux parents séparés et aux cohabitants de fait.

« Il ne s’agit pas de créer un nouvel avantage fiscal, mais de faire en sorte que les familles puissent réellement bénéficier des droits déjà prévus par la loi. Une simplification des règles est indispensable pour garantir un traitement plus juste et plus lisible pour tous les parents », conclut la Ligue des familles.

Partagé par Samuel Walheer

 

Santé mentale et travail : les Mutualités Libres plaident pour une meilleure répartition dans les couples

D’après une récente étude menée par les Mutualités Libres (Partenamut en Wallonie et à Bruxelles), les mères sont davantage exposées que les pères aux risques d’incapacité de travail liés à la santé mentale. Pour les couples, les mères ont en moyenne deux fois plus de risque de s’absenter du travail en raison de troubles psychosociaux.

Cette différence tend à s’accentuer à mesure que le nombre de jeunes enfants augmente au sein du foyer. En effet, dans les familles comptant au moins trois enfants, le risque est jusqu’à trois fois plus élevé pour les mères. Les Mutualités Libres encouragent un partage plus équitable des responsabilités familiales ainsi qu’une meilleure répartition du travail rémunéré entre les deux parents.

L’étude s’appuie sur les données de 313.088 membres des Mutualités Libres entre 2017 et 2025. Elle examine le lien entre le contexte familial, la participation au marché du travail et l’incapacité de travail pour troubles liés à la santé mentale, en accordant une attention particulière aux différences de genre et de situation familiale.

{Communiqué des Mutualités Libres : « Incapacité de travail liée à la santé mentale : deux fois plus de risques chez les mères »}

Le déséquilibre persistant entre vie professionnelle et privée

Le marché du travail belge reste fort marqué par des disparités entre les genres : les femmes travaillent davantage à temps partiel (4 sur 5), et interrompent plus souvent leur carrière pour des raisons familiales. Elles consacrent en moyenne 15 h de plus par semaine que les pères aux tâches ménagères et familiales, selon une étude sur l’emploi du temps.

La littérature scientifique confirme que la parentalité est un facteur majeur d’inégalités professionnelles. Une étude récente (Fontenay et Tojerow) a calculé pour la première fois la child penalty dans le contexte belge : jusqu’à 8 ans après la naissance du premier enfant, les mères ont un risque d’incapacité de travail 40 % plus élevé que les pères, alors qu’il est identique avant la naissance.

« Les interruptions de carrière et congés thématiques facilitent la conciliation entre vie professionnelle et familiale, mais pèsent souvent davantage sur la carrière des femmes. Le congé de naissance peut aider à rétablir cet équilibre, mais reste sous-utilisé car trop souvent perçu comme un manque d’engagement au travail. Ainsi, ce sont surtout les femmes qui y ont recoursce qui renforce les stéréotypes de genre », explique Thomas Otte, expert aux Mutualités Libres.

Un écart croissant selon le nombre de jeunes enfants

Nos chiffres laissent peu de place à l’interprétation : les mères sont touchées de manière disproportionnée par l’incapacité de travail liée à des problèmes de santé mentale, avec un écart important et structurel par rapport aux pères. Les mères en couple ont 2,27 fois plus de risques que les pères d’entrer en incapacité de travail pour des pathologies de santé mentale. Et ce risque grimpe à 2,67 fois pour les mères isolées.

Le risque augmente chez les mères

La disparité s’accentue aussi avec le nombre d’enfants de moins de 7 ans dans le ménage. Chez les mères, le risque augmente nettement quand des jeunes enfants vivent sous le même toit. Cet effet n’est pas observé chez les pères : ni le nombre d’enfants, ni une nouvelle naissance, ni le temps écoulé depuis la naissance n’ont d’impact significatif.

  • Sans jeunes enfants : risque 2,21 fois plus élevé pour les mères que pour les pères
  • Avec un jeune enfant : risque 2,37 fois plus élevé pour les mères que pour les pères
  • Avec deux jeunes enfants : risque 2,47 fois plus élevé pour les mères que pour les pères
  • Avec plus de deux jeunes enfants : risque 2,99 fois plus élevé pour les mères que pour les pères

Besoin de réformes structurelles

Afin de réduire les arrêts de travail pour raisons psychiques chez les mères et les inégalités de genre, les Mutualités Libres proposent 5 mesures.

  • Utiliser le crédit familial comme levier pour l’égalité de genre, avec une attention particulière aux parents isolés :
    • Normaliser et encourager la prise du congé de naissance. Une culture de travail favorable, où la prise de congé est possible sans culpabilité, pression sociale ni conséquences négatives sur la carrière, est essentielle.
    • Garantir que les parents isolés, dès la naissance ou après la perte de l’autre parent, aient droit à un congé parental équivalent à celui des familles biparentales
  • Mettre en œuvre une simplification administrative et une harmonisation des régimes de congé entre les différents statuts professionnels
  • Assurer davantage de flexibilité dans la prise du congé parental, notamment en permettant une prise à temps partiel pour les personnes ayant un contrat à temps partiel. Cela réduit les obstacles pour les parents qui n’y recourent pas actuellement pour des raisons financières ou organisationnelles
  • Investir dans un accueil de la petite enfance abordable, de qualité et flexible, ce qui peut constituer un moteur important pour l’égalité de genre
  • Nous demandons à l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes de mener une recherche sur des solutions concrètes et fondées sur des données probantes afin de réduire l’écart de genre lié à la parentalité, avec une attention particulière à l’incapacité de travail.

« Sans mesures structurelles, la conciliation entre vie professionnelle et familiale risque de devenir intenable pour de nombreuses mères. Un partage équilibré des responsabilités familiales est essentiel. Non seulement pour l’égalité des genres, mais aussi pour la santé mentale des parents qui travaillent », conclut Thomas Otte.

Partagé par Samuel Walheer