Les archives de l'auteur : Samuel

Les 1000 premiers jours : Et la place des papas et co-parents dans tout ça ?

Le deuxième dimanche du mois de juin en Belgique, c’est la fête des pères. L’occasion de mettre en avant le rôle et l’implication du papa ; depuis la naissance de l’enfant jusqu’à ses 2,5 ans. Pour en parler, Born in Brussels a participé à une table ronde avec plusieurs acteur.rice.s clés du secteur périnatal. Un moment d’échanges organisé par Bru-stars (Réseau Bruxellois en Santé Mentale pour les Enfants et Adolescents), intitulé « CrossLink Bru-stars 0-3 ans: la place des papas durant les 1000 premiers jours ».

La naissance de bébé approche ou est imminente, le grand jour est arrivé, cela fait quelques semaines qu’il est là, voire plusieurs mois. Quelle que soit la configuration dans laquelle le papa/ co-parent se situe, il arrive bien souvent qu’il.elle ne trouve pas encore tout à fait sa place. Dans certaines familles, le papa ne montre pas une grande envie de s’investir dans son rôle ou alors la maman ne laisse pas suffisamment de place. Les configurations sont multiples. Elles reflètent les réalités observées et partagées par les différentes professionnelles de terrain présentent lors de la table ronde. Voici quelques pistes qui permettront aux futurs ou nouveaux papas/ co-parents se se situer ou d’inspirer d’autres professionnel.le.s du secteur.

Je suis papa/co-parent

Sur Born in Brussels, une page est consacrée aux papas/ co-parents : Des conseils pour aider sa partenaire ou femme enceinte. Elle explore certains questionnements :« Que peut faire papa/ la partenaire pour aider maman durant la grossesse ? Comment s’adapter au nouveau quotidien, après la naissance ? Comment aider la maman à vivre le plus sereinement possible le retour à la maison ? ou encore comment trouver sa place dans cette nouvelle dyade parentale ? »

Quelques propositions qui peuvent vous aider :

  • Prendre le temps d’accompagner la maman lors de ses visites prénatales ou tout autre moment pour la soutenir et la soulager.
  • Éviter le conflit mais engager plutôt le dialogue sans jugement ni reproches.
  • Être présent à 100% (10 minutes ou 1h) mais être là pour la maman et/ou pour bébé, sans son téléphone ou autre distraction.
  • Accepter l’aide des proches lorsque la situation est difficile.
  • Ne pas hésiter à poser ses questions aux différent.e.s professionnel.le.s rencontré.e.s lors des rendez-vous prévus pour bébé et la maman.
  • Être patient, malgré des moments plus difficiles car la situation est temporaire et bébé va grandir et évoluer.
  • Proposer son aide pour donner le biberon, mettre bébé au lit, faire les courses, cuisiner pour éviter à la maman des charges lourdes et la laisser se reposer.
  • Soutenir sa partenaire semble primordial et encore plus en période de baby blues ou de dépression post partum.
  • Planifier des moments de ressourcement à deux, pour maintenir la flamme dans le couple comme des sorties rien qu’à deux.
  • En cas de difficulté financière, psychologique ou de couple, des organismes sont aussi là pour vous aider.

Ne surtout pas oublier que des professionnel.le.s de la santé sont là. N’hésitez pas à demander de l’aide car ils sont formés à ce genre de situation, celle que vous vivez dans votre nouvelle vie avec votre bébé. Vous n’êtes pas seul.e.s !

L’implication de la maman et du papa/co-parent envers l’enfant est souvent inégalitaire. Il semble difficile de se défaire du jour au lendemain de la représentation que l’on a, depuis notre tendre enfance, du papa et de son rôle. Cela va prendre du temps. Mais le changement est en cours et beaucoup de jeunes papas prennent le pas », explique Jessy Poels, Psychologue clinicienne Bru-stars, lors de la table ronde.

Baby blues … aussi chez les papas / coparent.e.s

Les mamans peuvent passer par une période appelée baby blues après l’accouchement. Cela est causé par une chute hormonale. Mais les papas et coparent.e.s n’en sont pas exemptés non plus. Avec de nouvelles responsabilités l’accumulation de fatigue ou stress, les papas / coparent.e.s peuvent devenir anxieux.ses, déprimé.e.s, irritables ou se confronter à des pertes d’appétit. Il est courant de se poser une multitude de questions par rapport à cette nouvelle vie : vais-je encore pouvoir prendre du temps avec mes amis ? Que va devenir notre vie sexuelle ? Rassurez-vous, ce moment ne s’éternise pas, l’une des clés pour dépasser cette épreuve est d’entamer le dialogue avec la maman de votre nouveau-né.

Vous pouvez aussi demander conseil à votre médecin ou faire appel à un.e psychologue, seul.e ou en couple, pour vous aider à dédramatiser les choses et trouver un bon équilibre entre votre rôle de papa / coparent.e et de conjoint.e.

S’impliquer dans la nouvelle parentalité est parfois difficile pour les papas. Peut-être parce que tout le focus est mis sur les mamans et les bébés. C’est parfois presque stigmatisant pour eux », précise Caroline Grégoire, Psychologue clinicienne Bru-stars , toujours lors de la table ronde. 

Lieux de rencontres pour papas à Bruxelles

Un constat clair ressort des échanges : il existe peu de lieux où les papas peuvent se retrouver ! Pour simplement échanger avec d’autres nouveaux papas, l’offre semble plutôt maigre comparée à celle proposée aux mamans. On le sait, les papas/ co-parents ne sont pas à négliger, ils ont leur place et sont surtout bien nécessaire au bien-être de la famille. Il semble donc important « d’attirer » l’attention des papas car cela ne peut qu’avoir des effets positifs sur leur implication. Voici quelques ressources à Bruxelles :

  • Le Café des Papas (CHU Saint-Pierre) : Des ateliers mensuels gratuits animés par l’ONE au cœur de Bruxelles (Rue aux Laines 105). Ce lieu offre un espace de parole libre pour aborder la paternité et le vécu des futurs et jeunes pères → Le Café des Papas (CHU Saint-Pierre).
  • Maison des Parents Solos (Forest) : Située au 135 avenue Albert à Forest, cette ASBL organise occasionnellement des groupes de parole strictement réservés aux papas solos pour échanger sur la monoparentalité dans un cadre confidentiel → Groupes de parole pour parents solos.
  • Réseau des Pères (Ligue des Familles) : La Ligue des Familles organise régulièrement des cercles de parole, des ateliers et des activités militantes ou conviviales pour favoriser l’implication des pères et le partage d’expériences entre papas → La Ligue des familles soutient et défend les familles | La Ligue des familles.
  • Plateforme Parent Solo Bruxelles : Pour les pères célibataires, la plateforme Parent Solo Bruxelles liste des cercles de parole et des rencontres permettant de tisser des liens avec d’autres pères vivant la même situation → Cercle de parole pour parents solos.

Si vous connaissez d’autres lieux qui rassemblent les papas autour d’une table, n’hésitez pas à nous le faire savoir : info@bornin.brussels.

Se connecter avec bébé

Trouver sa place dans cette nouvelle triade passe aussi par se connecter avec son bébé. Pour la maman, qui l’a porté pendant neuf mois et l’allaite éventuellement par la suite, cela est plus instinctif. C’est donc au papa/ co-parent de créer une relation avec son bébé. Voici quelques propositions qui permettent de créer du lien et impliquer les papas / co-parents dans leur rôle :

Le peau à peau

Pour créer ou renforcer le lien avec son bébé, cela peut se faire lors du change, du biberon ou lors du moment du bain. Mais ce qui semble fonctionner le mieux, c’est le peau à peau, un indispensable : prendre son bébé dans les bras, le toucher, le caresser et le masser, car dans la plupart des cas, il adore cela. À cet égard, Cécile Cortet-Pham, thérapeute psycho-corporel et masseuse-kinésithérapeute, pour le magazine Psychologies déclare : « Par ce contact sensoriel intense, par les regards échangés dans cette relation à trois, par les caresses prodiguées ou encore les mots prononcés, le peau à peau booste les sécrétions d’ocytocine chez la maman, le bébé et même le papa. Or, cette hormone a un pouvoir étonnant : celui de favoriser l’attachement, la mise en lien entre les personnes»

→ Envie d’en savoir plus sur le peau à peau ?

L’haptonomie

Une approche durant la grosse appelée l’haptonomie semble faire ses preuves. Il s’agit d’une méthode de préparation à l’accouchement. Elle a une spécificité : impliquer le papa. Ce dernier pose ses mains sur le ventre de maman. La magie opère ! Sentir son bébé bouger au travers du ventre qui le sépare du monde extérieur. Cela permet aussi de soulager maman lorsque certaines douleurs surviennent.

→ Pour en savoir plus sur l’haptonomie

Parler à son bébé, mais quelle idée !

Expliquer le monde au bébé, lui permettre de rassembler ses perceptions, de comprendre ce qui l’entoure. Raconter des histoires, chanter… Depuis le ventre de leur maman, les bébés apprennent à reconnaître les voix de leur entourage. Ce qui est important à retenir, c’est que le papa/ co-parent va intervenir en présentant le monde sous un autre mode que la maman. Cela permettra de lui offrir un regard supplémentaire et enrichissant pour son épanouissement.» Françoise De Gheest, psychologue en périnatalité à l’HUDERF pour Family Nes

Jouer est essentiel

Beaucoup de parents sont pris dans un rouage sans fin : travail, stress, enfants, fatigue, cuisine, ménage, inquiétudes. Difficile d’en sortir alors comment dégager du temps pour jouer avec son enfant ? Yapaka – programme de prévention à l’initiative du Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles de Belgique – répond qu’une parentalité parfaite n’existe pas mais qu’il est vital de prendre le temps. Prévoir une activité aussi simple soit-elle. Sans beaucoup de matériel, comme dans sa campagne. Simplement se rendre disponible et s’amuser. Alors, n’hésitez vraiment plus, jouez avec votre enfant !

Le jeu est sans aucun doute l’activité physique et mentale la plus riche pour un enfant. Qui de mieux placé que les parents pour accompagner son enfant dans la vie et l’initier aux jeux ? Car il y en a tant qu’il faudrait plusieurs vies pour y jouer. Offrir à son enfant la possibilité d’expérimenter, de chercher, de s’ouvrir au monde extérieur, c’est aussi lui permettre de développer sa confiance en lui et en ses capacités. Où et comment alors se placer lorsque son enfant souhaite jouer avec ou sans vous ?

→ Lire : Quand le jeu aide à grandir et à renforcer les liens avec son enfant, « Amusons-nous ! » 

Congé parental

La présence du papa/ co-parent au sein de la famille n’est plus à démontrer. Elle est essentielle. Tout comme le congé paternité qui, depuis janvier 2023, est passé de 3 à 4 semaines en Belgique. Une évolution certaine qui aura tout de même pris près de vingt ans à voir le jour. Mais l’idée mijotait depuis longtemps en faveur d’un allongement, voire même d’une obligation nécessaire. 

Le 8 mars 2026, la Ligue des familles s’est mobilisée. Un mouvement solidaire auquel d’autres associations ont pris part au cœur de notre capitale. La LDF entendait améliorer la conciliation entre la vie familiale et professionnelle des mamans. Elle visait également à faire valoir une augmentation de la durée et de la rémunération du congé parental, équilibrer le statut salarial en faveur des mamans ou encore améliorer les droits des aidantes proches (à majorité des femmes).
Samuel Walheer

Portrait : le métier de sage-femme à l’Hôpital Erasme

L’équipe de Born in Brussels s’est rendue au service maternité de l’Hôpital Erasme pour ce portrait de professionnelle. À la rencontre d’une sage-femme, prénommée Hélène. L’idée était de saisir les réalités de ce métier essentiel, à l’occasion de la journée mondiale de la sage-femme. 

Hélène, sage-femme à la maternité de l’Hôpital Erasme. Photo : Samuel Walheer

 

Peu de temps après avoir lancé l’invitation auprès des équipes de sages-femmes, Hélène s’est portée volontaire pour l’interview et la rencontre a rapidement pu se faire. Arrivé à la maternité, c’est une femme solaire et emballée par le projet qui se présente à moi. Hélène me présente les lieux, nous nous installons, l’interview peut commencer.

Dès la première question, Hélène annonce la couleur : « Le métier de sage-femme m’a changé ! Faire le bien et mettre la bienveillance au cœur de ma pratique professionnelle m’a permis de me sentir mieux dans ma peau. Je trouve qu’en tant que sage-femme, on reçoit quelque part une certaine reconnaissance directe de la part de notre public. Agir auprès des femmes et leur bébés et pour leur bien-être est très enrichissant. »

Hélène, sage-femme, dans une chambre de la maternité, à Erasme. Photo : Samuel Walheer

Qui est Hélène ?

Hélène a 41 ans et est une maman épanouie. Surtout depuis qu’elle a eu cette idée de se réorienter professionnellement. Avant cela, elle évoluait dans un tout autre environnement : le marketing. Elle vendait des pneus de camions et d’engins de chantier. On peut dire que l’ambiance n’est plus la même. Une sorte de révélation à la suite de son accouchement qu’elle a vécu à l’Hôpital Erasme. Une expérience qui l’a véritablement transformée. C’est en observant les sages-femmes autour d’elle qu’elle a découvert ce métier. « Je pense que ça a beaucoup résonné chez moi de prendre soin des personnes. Ce sont des valeurs que j’avais envie de mettre en place dans mon quotidien. », nous dit-elle.

C’est vers la fin de la période Covid qu’elle s’est décidée à entreprendre ses nouvelles études de sage-femme sur le campus de l’UZ Jette. Une fois les études bouclées, c’est tout naturellement qu’elle a postulé à l’Hôpital qui l’a inspirée. Elle a développé une affection particulière pour le suivi global, de la grossesse à l’accouchement jusqu’à l’accueil du bébé au sein de la famille. C’est dans ce sens qu’ Hélène a d’abord été engagée en maternité, dans le service GHR (grossesse à haut risque). Après s’être formée en salle d’accouchement, elle y travaille depuis plusieurs mois.

 « Le métier de sage-femme est un métier à mille facettes. Il y a plein de manières de l’exercer et c’est ça qui le rend très riche. » Hélène

Être sage-femme en milieu hospitalier

Hélène m’explique que les horaires varient de semaine en semaine. De manière générale, une journée commence assez tôt, vers 7h, avec une réunion d’équipe. C’est à ce moment que l’équipe de nuit transmet les informations, sur les différents patientes et les cas particuliers, à l’équipe du matin. Une fois le relais fait, les sages-femmes se rendent dans les différentes chambres et accompagnent les couples dans l’accueil de leurs bébés. Hélène continue : « On est là pour répondre à leurs questions, et les soutenir dans ces moments si particuliers de la vie. En salle d’accouchement, nous veillons à la santé des mères et de leur bébé à naître tout en accompagnant les couples dans leurs projets de naissance. À la Maternité le soutien à l’allaitement maternel constitue une grande part de notre temps de soin. Nous administrons également les traitement quand cela est nécessaire et travaillons en étroite collaboration avec le services néonatal vers l’objectif de zéro séparation. »

La sage-femme ajoute : « On poursuit notre tour en tenant à jour les différents dossiers administratifs et médicaux pour assurer un suivi pluridisciplinaire optimal. Ensuite c’est l’équipe de l’après-midi qui prend le relais et on leur fait un briefing. Cela dure comme cela 24h/24 et 7 jours /7. »

« Je sens que ça pousse. »

Elle évoque ensuite son quotidien :« La nuit en salle d’accouchement a quelque chose de particulier. La pénombre apaise, le silence de l’hôpital contraste avec l’intensité des émotions, et chaque naissance semble enveloppée d’une atmosphère presque intime. Cette nuit-là, une maman est arrivée pour donner naissance à son troisième enfant. Elle souhaitait une péridurale, qu’elle a reçue rapidement, puis nous l’avons accompagnée tout au long de son travail, en veillant attentivement sur elle et sur son bébé. Au fil des heures, un lien particulier s’est créé avec ce couple. Au petit matin, alors que mon service touchait à sa fin, je suis allée lui dire au revoir. C’est à ce moment-là qu’elle m’a regardée en disant : « Je sens que ça pousse. » En l’examinant, j’ai découvert que son bébé était presque là. Avec l’aide d’une collègue, dans les premières lueurs du jour, nous avons accompagné cette naissance magnifique, calme et pleine d’émotion. Quelques instants plus tard, son troisième enfant était dans ses bras, et tout s’était bien passé. »

Formation et évolution

En Belgique, les études de sage-femme sont organisées de manière différente en Communauté Wallonie-Bruxelles et en Flandre. Les études durent 4 ans en Communauté Wallonie-Bruxelles et sont concentrées sur 3 ans dans le Nord du pays. Il s’agit d’un enseignement supérieur de type court (bachelier professionnalisant) organisé en Haute École. Entre enseignements théoriques (sciences fondamentales, médicales, humaines) et une importante pratique clinique (stages dès les premières années, en salle de naissance, maternité, etc.). Hélène précise à ce sujet : « On y apprend vraiment le métier et à développer un œil clinique. »

Concernant l’évolution du métier, la professionnelle confie que ce qui a beaucoup changé, selon ce qu’elle vit et sait en discutant avec ses collègues. « C’est vraiment le ratio entre la charge de travail, qui ne fait qu’augmenter, et les moyens qui sont mis à disposition pour y arriver. Due a la pression croissante mise sur notre système de santé. » À côté de cela, beaucoup de facteurs positifs à travailler en tant que sage-femme au sein de ‘Hôpital Erasme sont cités par Hélène :

  • Disposer d’une vraie autonomie de travail avec les patientes
  • Évoluer au sein d’une structure, d’une équipe bienveillante
  • Avoir une flexibilité dans son travail (horaires variables)
  • Organiser son travail pour un bon équilibre entre vie privée et vie professionnelle
  • Recevoir des feed-back positifs et instantanés des familles

D’après elle, le métier de sage-femme offre cette opportunité d’être, de croiser le chemin de familles à un moment extraordinaire de leur vie. Que ce soit la grossesse, l’accouchement et l’accueil d’un enfant, la création d’une famille. Ce sont des moments à la fois extraordinaire et d’une grande vulnérabilité dans la vie d’une femme et d’un couple, un grand pieds dans l’inconnu.

Hélène et deux de ses collègues, à Erasme. Photo : Samuel Walheer

« On se sent soutenue »

Elle-même maman d’un enfant de 6 ans, Hélène sait que le chemin n’est pas toujours rose pour les futures mamans qui viennent à l’Hôpital. Il y a des histoires heureuses et d’autres plus compliquées. C’est exactement ce qu’elle cherchait en se réorientant, rencontrer un public différent de ce qu’elle a connu dans ses précédentes expériences professionnelles. Elle confie qu’au début de sa carrière, elle souhaitait évoluer au sein d’une équipe. En tant que sage-femme, elle ne se voyait pas travailler en tant qu’indépendante. Selon elle : « quand on est sage-femme indépendante, on travaille majoritairement seule, cet aspect me correspondait moins. Sans parler de toute la paperasse à gérer. » 

La jeune femme se décrit comme une personne altruiste qui apprécie l’esprit d’équipe qui règne au sein du service maternité à Erasme. Il faut dire que ce n’est pas une petite équipe puisque le service compte pas moins de 80 sages-femmes. Se retourner, poser ses questions, compter sur les autres, s’entraider, développer un œil clinique et avoir des chefs d’équipe disponible sont des points importants et qui confirment à Hélène qu’elle a choisir la bonne voie.

Soutien (inter)national

En Belgique, des organismes soutiennent les sages-femmes. Au niveau local, il existe l’UpSfb (Union professionelle des sages-femmes belges). Elle promeut la profession, défend les intérêts moraux, sociaux et professionnels des sages-femmes. Du côté néerlandophone, il ya la Vlaamse Beroepsorganisatie van Vroedvrouwen | VBOV qui existe depuis 1994 pour renforcer la profession. Ses concepts clés de l’organisation sont : connaissance, compétence, vision, compétences ou encore interdisciplinaire.

Au niveau international, il y a la Confédération internationale des sages-femmes. Le 5 mai, elle lançait sa campagne mondiale porté par le message suivant : «Un million de sages-femmes de plus». Une alerte d’une part sur la pénurie de sages-femmes partout dans le monde. Mais aussi l’occasion idéale de mettre de la lumière sur les sages-femmes, leur rôle essentiel sur les systèmes de santé et dans l’accès aux soins des femmes avant, pendant et après la grossesse.

→ Article à retrouver sur le sujet :  « Un million de sages-femmes de plus » pour un meilleur accès aux soins des futures mamans

Services périnatals et pédiatriques à Erasme

L’Hôpital Erasme est un Hôpital universitaire dépendant de l’Université Libre de Bruxelles. L’institution dispose de :

  • Un service de Pédiatrie
  • Une clinique de Neuropédiatrie (Unité de Sommeil pédiatrique et d’Exploration de l’Épilepsie)
  • Une maternité
  • Un service de Néonatologie (prématurés) NIC (intensif) et N* (non intensif)
  • Des urgences pédiatriques,
  • Un centre de Réadaptation Fonctionnelle Neurologique Infantile (CRFNI),
  • Un service de Psychiatrie du bébé, de l’enfant, de l’adolescent et du jeune adulte.

→ Vers le site de l’Hôpital Erasme

 

Texte et photos : Samuel Walheer

«Les enfants au restaurant !», une deuxième édition alléchante, en France et en Belgique

Top départ pour la 2e édition du festival « Les enfants au restaurant ! ». Du 20 au 27 mai 2026, plus de 60 tables, en France et en Belgique, mettrons les petits plats dans les grands. Un événement pensé pour toutes celles et ceux qui gravitent autour des familles : les voisins, les ami.e.s, les grands-parents, avec un accueil spécial pour les enfants, les tout petits et les bambins. À table !

Visuel de la 2e édition « Les enfants au restaurant », Fooding et Pauline Lemberger ©

 

Lancé en 2024 par le Guide du Fooding, ce festival de la bonne nourriture 100% kids-friendly met les enfants et les familles à l’honneur. Plats sophistiqués pour raviver les petites papilles et coloriages spécialement pensés pour l’occasion. Les restaurants partenaires seront aux petits soins en proposant, par exemple, des purées-compotes de la marque Popote pour les tout petits. Un détail qui n’en est pas un et qui plaira certainement à de nombreux parents. L’événement se déroule sur une semaine complète, une occasion à ne pas manquer.

Une restauration sans lardons ? C’est comme un karaoké sans chansons, un parc sans gazon, un dessin de mer sans poissons : ça existe, mais ça manque d’ambition, si vous voulez notre opinion… C’est pour cette raison que depuis 2024, le Fooding se fait le porte-voix de la cause des enfants au resto – pour que les bambins aient aussi leur place au festin ! Guide Fooding

En France et en Belgique

Voici quelques-uns des restaurants qui participaient déjà à l’édition précédente et d’autres qui ont rejoint le mouvement :

→ Liste complète des restaurants particpants

Un mot sur Le Fooding

Appelé Le Fooding, Guide du Fooding ou encore Guide Fooding, il s’agit d’un guide qui référence les restaurants, les bars, les chambres d’hôte et d’hôtel branchés, recettes, des événements et même une rubrique dédiée aux Kids. Créé en 2000, il est disponible en édition papier, sur le web depuis 2005 et sur l’application du téléphone depuis 2010. 25 ans plus tard, ce guide existe toujours et se met à la page. Preuve en est, ce nouvel événement intergénérationnel bien attirant !

Texte : Samuel Walheer

Bébés prématurés : une nouvelle étude de la VUB sur la prévention des lésions cérébrales

Est-il possible de prévenir les lésions cérébrales chez les bébés prématurés ? Une nouvelle étude menée par la Dre Fleur Camfferman (VUB/UZ Brussel), pédiatre et néonatologiste, permet une avancée considérable. En examinant le flux de sang dans le cerveau, les médecins peuvent déceler plus rapidement si certains bébés sont à risques de développer des lésions. Ce geste préventif permettrait de proposer un traitement personnalisés et donc plus adaptés aux besoins des bébés concernés. 

{Communiqué de presse de la VUB}

Pendant près d’un demi-siècle, les médecins du monde entier se sont concentrés sur les artères pour surveiller la santé du cerveau des bébés. Mais les recherches menées par le Dr Camfferman dans le cadre de son doctorat montrent que ces chiffres négligent souvent des dangers importants. La véritable clé semble se trouver dans les veines : les vaisseaux sanguins qui drainent le sang vers l’extérieur du cerveau.

Un système d’alerte précoce

Lorsqu’un bébé naît prématurément (avant 32 semaines), son cerveau est encore en construction. Les vaisseaux sanguins sont si fins et si fragiles qu’une petite variation de pression peut provoquer une hémorragie.

« C’est comme un tuyau d’évacuation qui ne peut pas supporter la pression », explique le Dr Camfferman. « Notre étude montre que l’on peut savoir, à partir du débit des veines, si le cerveau est en difficulté. Si le sang ne peut pas s’écouler facilement, la pression augmente et les vaisseaux peuvent éclater. Grâce à cette nouvelle vision, nous pourrions être en mesure d’identifier ces enfants à risque beaucoup plus rapidement ».

Des soins sur mesure plutôt qu’une solution unique

Jusqu’à présent, presque tous les prématurés recevaient le même traitement standard en fonction de leur poids ou de leur date de naissance. Les résultats obtenus par M. Camfferman plaident en faveur d’une approche plus personnalisée. Si le médecin constate par échographie que le flux sanguin est stable, il peut décider, avec d’autres paramètres, qu’un traitement, qui peut aussi toujours avoir des inconvénients, n’est peut-être pas nécessaire.

« Un rôle important de corégulateur »

Pour les bébés dont les mesures révèlent un risque, le médecin peut décider de commencer un traitement médicamenteux et d’intégrer un repos supplémentaire, par exemple en utilisant un caisson d’isolement ou en encourageant davantage le « kangourou » (contact peau à peau avec les parents). Ce dernier n’est pas seulement essentiel pour le lien parent-enfant, mais le parent joue également un rôle important de corégulateur en protégeant le cerveau de l’enfant.

L’avenir : l’IA comme assistant numérique

La recherche s’intéresse également à l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA). Étant donné que les bébés en soins intensifs génèrent d’énormes quantités de données, l’enregistrement centralisé de ces données à l’aide de modèles d’IA pourrait permettre à l’avenir de voir des schémas invisibles à l’œil humain.

Par exemple, un programme informatique pourrait signaler à un médecin : « Attention, ce bébé a besoin d’un soutien supplémentaire maintenant ».

La sécurité avant tout

Enfin, le Dr Camfferman souligne que ces mesures de précision ne sont efficaces que si elles sont effectuées avec le plus grand soin. Elle préconise donc une meilleure formation technique pour les pédiatres qui pratiquent eux-mêmes l’échographie au chevet du patient. Ce n’est qu’avec un équipement adapté que nous pourrons offrir à ces bébés vulnérables la sécurité qu’ils méritent.

→ Plus d’infos :

Dr. Fleur Camfferman: Fleur.camfferman@uzbrussel.be

VUB : koen.stein@vub.be ou +32 (0)471517909

 

Santé mentale et situation familiale, des liens complexes, d’après une étude

Les Mutualités Libres ont mené une récente étude. Elle porte sur un lien significatif entre la situation familiale et le recours aux soins de santé mentale. Les données de pas moins de 312.543 membres ont été nécessaires, entre 2017 à 2024. Les résultats révèlent une forte augmentation du recours aux soins de santé mentale pour l’ensemble de la population étudiée. Cela s’expliquerait par un manque d’interactions sociales de qualité (pour les personnes seules, sans enfants) avec pour conséquence un développement de troubles de santé mentale. Mais ce n’est pas si simple…

Sur la plateforme Born in Brussels, une page a récemment été créée – en collaboration avec Bru-Stars, Réseau de santé mentale pour enfants et adolescents – sur le sujet de la santé mentale périnatale (puisque notre public comprend aussi les mamans vulnérables). Pour rappel, la périnatalité est la période qui comprend les 9 mois de grossesse jusqu’aux deux ans et demi de l’enfant. Les (futurs) parents n’osent pas toujours parler de leur vécu car ils ont souvent peur d’être stigmatisés comme « mauvais parents ». Face à ces idées reçues, ils peuvent avoir peur de demander de l’aide. De même, les professionnel.le.s n’osent pas toujours aborder le sujet de la santé mentale, d’autant plus quand les facteurs de risques ne sont pas visibles. Il est important de traiter les difficultés de santé mentale comme n’importe quelle autre maladie associée à la grossesse.

N’hésitez pas à consulter notre nouvelle page « Santé mentale périnatale » (en cours de finalisation) sur laquelle se trouve une multitude de ressources : les professionnel.le.s du secteur, un répertoire des acteur.rice.s de la santé mentale périnatale bruxellois ainsi que d’autres informations clés sur le sujet. Pour l’heure, cette récente étude apporte sur lot de réflexion sur les liens entre la situation familiale et la santé mentale des bruxellois.

{Communiqué des Mutualités Libres : « La situation familiale, un facteur déterminant dans le recours aux soins de santé mentale »}

Forte augmentation globale du recours aux soins de santé mentale

Principaux constats de l’étude :

  • L’utilisation chronique d’antidépresseurs a augmenté de plus de 60 %
  • Le recours aux antipsychotiques a presque doublé (+93 %), malgré un groupe concerné plus restreint
  • Le nombre de personnes consultant un psychiatre a augmenté de près de 30 % entre 2017 et 2023

Cette évolution pourrait refléter une pression croissante sur la santé mentale, mais peut aussi être liée à une évolution des pratiques de prescription et une plus grande ouverture à la demande d’aide psychologique.

Impact de la situation familiale et genre : des écarts marqués

Des recherches antérieures de BELHEALTH avaient déjà montré un lien entre solitude et une moins bonne santé mentale, associée notamment à des symptômes dépressifs, des troubles anxieux et une moindre satisfaction de vie. Cette nouvelle étude confirme cette association entre solitude et vulnérabilité psychique accrue :

  • Les personnes sans partenaire présentent davantage de risques de recours aux antidépresseurs (+ 38 %) et aux antipsychotiques (+57 %).
  • Les personnes vivant seules sont 77 % plus susceptibles de consulter un psychiatre que celles vivant avec un partenaire.
  • Les personnes sans enfants ont une probabilité plus élevée d’utiliser de façon chronique des antidépresseurs (+24 %), des antipsychotiques (+73 %) et de consulter un psychiatre (+12 %) que les personnes avec enfants.

Des différences marquées entre hommes et femmes

L’étude met également en évidence des écarts de genre significatifs dans le recours aux soins de santé mentale :

  • Les femmes ont près de deux fois plus de risques de consommer des antidépresseurs que les hommes
  • Elles consultent un psychiatre 49 % plus souvent

La combinaison du genre et de la situation familiale accentue encore ces différences. Les niveaux les plus élevés d’utilisation d’antidépresseurs et de consultations psychiatriques sont observés chez les femmes seules sans enfants.

À l’inverse, la consommation d’antipsychotiques est la plus élevée chez les hommes seuls sans enfants (+213 % par rapport aux hommes vivant avec un partenaire et des enfants).

Un lien complexe entre solitude et santé mentale

Il est important de souligner qu’aucune relation de causalité directe ne peut être établie. Les résultats suggèrent plutôt une interaction réciproque entre les facteurs étudiés. L’isolement social est associé à une prévalence plus élevée de symptômes dépressifs et anxieux, ainsi qu’à un recours accru aux psychotropes et aux soins de santé mentale.

Il ne s’agit pas d’inciter à chercher un partenaire ou à avoir des enfants. La réalité est bien plus complexe : le contexte familial et la santé mentale s’influencent mutuellement. Cette étude montre surtout que pour améliorer le bien-être mental, il faut aussi intégrer une quantité suffisante d’interactions sociales de qualité. Thomas Otte, expert aux Mutualités Libres

Des études montrent aussi que le regard négatif porté sur les troubles psychiques peut accentuer le sentiment de solitude. Les personnes concernées peuvent alors hésiter à en parler ou à demander de l’aide, ce qui renforce leur isolement. Un cercle vicieux difficile à casser peut ainsi s’installer, en particulier chez celles et ceux qui disposent de peu de soutien social.

Vers une politique de santé mentale attentive à la réalité sociale

Dans ce contexte, les Mutualités Libres plaident pour une politique de santé mentale qui :

  • Accorde davantage d’attention au groupe cible des personnes seules (avec ou sans enfants) dans le cadre du futur plan interfédéral soins de santé mentale (prévu pour 2026). Le plan ne doit pas se limiter aux soins, mais aussi mettre l’accent sur la promotion de la santé et la prévention des problèmes de santé mentale.
  • Brise la stigmatisation liée à la vulnérabilité psychique afin de renforcer la participation sociale, notamment via l’implication de patients-experts, via des campagnes de sensibilisation et d’information, ainsi que via des pratiques inclusives dans les organisations et services publics.
  • Fasse de la lutte contre la solitude une priorité politique, en investissant dans des lieux de rencontre de proximité et en soutenant le bénévolat et les initiatives locales. Les organisations qui œuvrent au renforcement de la cohésion sociale et de la participation méritent un soutien structurel. Elles doivent conserver une voix dans le débat politique, afin que les besoins des groupes, qui, autrement, seraient difficiles à entendre, reçoivent l’attention qu’ils méritent.
  • Investisse dans la formation et la recherche sur des interventions fondées scientifiquement contre la solitude, en formant les prestataires de soins de santé à la reconnaissance et à la prise en charge de la solitude, et en soutenant financièrement la recherche scientifique sur la solitude, associée à des évaluations en économie de la santé.
  • Renforce les mesures favorisant le contact social, notamment via le développement ou l’extension de programmes encourageant (en particulier les personnes seules) à participer à des activités sportives, artistiques, sociales et de loisirs.

→ Lire l’étude complète

→ Pour plus d’infos :

www.mloz.be

Samuel Walheer