Les archives de l'auteur : Sofia

« La peur au ventre » : puissant témoignage sur la prématurité

« La peur au ventre », paru en novembre 2023 aux éditions Kennes, est avant tout le témoignage d’une maman, Caroline Fontenoy, à propos de son expérience douloureuse de la prématurité. Mais c’est aussi un cri d’espoir pour tous les parents amenés à vivre cela un jour : « J’en suis la preuve vivante, parfois, on peut faire mentir les pronostics ! » Et puis ce livre, c’est aussi une recherche approfondie et journalistique sur ce sujet encore trop souvent tabou. 

Photo : Sofia Douieb

 

« Si j’ai décidé aujourd’hui de dévoiler un pan de mon jardin secret, c’est pour apporter un témoignage qui, je l’espère, pourra être utile à de nombreuses femmes dont les rêves de maternité ne se déroulent pas tout à fait comme prévu… Il y a quatre ans, je me suis retrouvée à hanter les couloirs d’un service de néonatologie. La peur au ventre. Pendant plus de deux mois, ma vie est restée suspendue à un berceau, confinée dans les quelques dizaines de mètres carrés séparant la salle des infirmières pédiatriques du « local des parents », cet entre-deux un peu triste où les thermos de café, berlingots de lait et spéculoos emballés à la pièce tentaient vainement de nous donner l’illusion que tout était normal. J’ai découvert alors de façon brutale un monde dont on parle peu, un monde où les émotions sont décuplées, où chaque progrès est célébré comme une victoire. J’ai eu envie de partager avec vous cette traversée en apnée, si particulière, à la fois profondément intime, personnelle, mais aussi universelle, afin d’inciter celles qui ont un désir d’enfant, celles qui vivent une grossesse « difficile », à s’écouter, à se faire confiance et à ralentir le rythme », écrit Caroline Fontenoy dans l’avant-propos de son ouvrage « La peur au ventre ».

Un témoignage intime et personnel

Tout au long de son récit à la première personne, Caroline Fontenoy, journaliste et animatrice tv/radio, se livre sans retenue sur son vécu et celui de ses proches au moment de la naissance prématurée de sa première fille, Lou. Elle y livre, non sans humour, chaque détail, chaque doute, chaque pensée qui l’ont traversée pendant ces deux longs mois d’attente. Son compagnon s’exprime également par moment et on s’attache assez vite à ce couple soudé, tenu en haleine au chevet de la petite Lou. D’autres « personnages » font de temps à autre leur apparition : une maman et son petit Gastien né avec un mois d’avance, les médecins, les infirmières, le personnel soignant… Et puis enfin, Lou est tirée d’affaire et peut enfin sortir de l’hôpital. Il y a alors l’après qui commence et l’espoir d’échapper aux éventuelles séquelles de ces deux mois d’hospitalisation. Très vite, le couple pense à faire un deuxième enfant, mais est-ce bien raisonnable avec le risque de prématurité élevé (Caroline avait déjà presque 40 ans à l’époque) ? Comme toujours, le couple fonce et décide que cela ira bien, car ils sont positifs et n’ont jamais perdu espoir pour Lou. Repos et vigilance étaient les maîtres mots pour accueillir la petite Zélia, qui naîtra finalement à 32 semaines (prématurité modérée).

En Belgique, 7 à 8% des bébés naissent trop tôt

À travers le monde, quelque 152 millions de bébés sont nés avant terme au cours de la dernière décennie, selon un rapport de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) publié le mercredi 10 mai 2023. Sur dix bébés nés, un est prématuré – et toutes les 40 secondes, un de ces bébés meurt. À noter également que les impacts des conflits, du changement climatique et du Covid-19 augmentent les risques pour les femmes et les bébés partout dans le monde. En Belgique plus particulièrement, 7 à 8% des bébés naissent trop tôt. Dans 80% des cas, on le sait en avance et les parents peuvent s’y préparer. Il y a trois degrés de prématurités : extrême (avant 28 semaines), grande (entre 28 et 32 semaines) et modérée (entre 32 et 36 semaines). Si les grands prématurés ne sont pas plus nombreux qu’avant, les prématurés modérés ont réellement augmenté du fait que les femmes font des enfants de plus en plus tard.

Les soignants s’expriment

Au sein de cet ouvrage très complet, Caroline Fontenoy est retournée à la rencontre des soignant.e.s de l’Hôpital Delta/Chirec pour les interviewer sur différents aspects de la prématurité et sur la manière dont ils ou elles gardent le cap face à la détresse de ces si petits êtres et de leurs parents. On peut notamment lire les réponses de Franck Waroquier, sage-femme dans le service des grossesses à risque ; Sylvie Houben, gynécologue, spécialiste depuis 25 ans des grossesses à haut risque et greffe ; Vanessa Blanchart, infirmière en néonatologie intensive depuis 20 ans ; Bénédicte Michel, spécialiste en néonatologie intensive ; Julie Bernard, pédopsychiatre spécialiste dans l’accompagnement périnatal ; etc. En mettant en parallèle leur domaine d’expertise respectif, ces soignants donnent une belle visibilité de toutes les étapes de la prise en charge d’un nouveau-né prématuré. Voici quelques phrases de soignants : « J’ai cette capacité de faire la part des choses entre mon travail et ma vie privée » ; « L’annonce d’un mauvais diagnostic est toujours très compliqué » ; « Quand on sent que la personne a confiance en nous, on a envie d’encore faire mieux » ; « Après plusieurs semaines ou plusieurs mois d’hospitalisation, beaucoup de bébés vont bien et vont s’intégrer dans leur famille »…

À propos de l’auteure

Caroline Fontenoy est licenciée en communication. Elle a travaillé pour plusieurs médias indépendants avant de remporter le concours Radio Academy sur Bel RTL, radio qu’elle intégrera ensuite en 2005. Multi-casquettes, elle va enchaîner les reportages et animations d’émissions en radio et en télévision au sein de RTL Belgium. En 2008, elle devient l’une des figures d’antenne du journal sur RTL Tvi jusqu’à ce jour. Elle multiplie également les expériences sur scène dans le cadre du Télévie et anime régulièrement des conférences. Cette touche-à-tout concrétise aujourd’hui sa passion pour l’écriture en livrant un témoignage personnel et touchant sur son expérience de la prématurité.

 

Sofia Douieb

 

À LIRE AUSSI :

Oui, les enfants ont des droits dès la naissance ; parlons-en !

Le 20 novembre, c’est la journée mondiale des droits de l’enfant ! L’occasion de les énumérer et de faire le point sur toute une série de nouveautés en la matière en Belgique : l’élection d’un nouveau délégué aux droits de l’enfant, un portail web flambant neuf, une série d’événements organisés… Car oui, l’enfant a des droits dès sa naissance et il faut en parler le plus possible.

Les droits de l’enfant, dont certains sont accordés dès la naissance du bébé, sont exprimés dans la « Convention internationale relative aux droits de l’Enfant » de 1989, ratifiée par 192 pays. Si on en parle le 20 novembre, ce n’est pas un hasard ; autant cette Convention que la Déclaration de 1959 ont précisément été adoptées ce jour-là.

Des droits dès la naissance

Parmi les droits fondamentaux des bébés, il y a d’abord les droits civils : droit à la vie, droit à un nom et une nationalité, protection de la vie privée, droit à la protection et aux soins nécessaires… Plus spécifiquement, l’enfant handicapé a le droit de bénéficier de soins spéciaux ainsi que d’une éducation et d’une formation appropriées pour lui permettre de mener une vie pleine et décente.

Les droits économiques imposent qu’un enfant ait droit à un niveau de vie suffisant à son développement physique, mental, spirituel, moral et social. Il a également le droit de bénéficier de la sécurité sociale, y compris les assurances sociales.

Concernant ensuite les droits politiques, nul enfant ne doit être soumis à la torture, à des peines à des peines ou traitements cruels. L’État doit protéger l’enfant contre toutes formes de mauvais traitements perpétrés par ses parents ou par toute autre personne à qui il est confié. L’enfant a aussi le droit de vivre avec ses parents, à moins que cela ne soit jugé incompatible avec son intérêt supérieur.

Les droits sociaux, quant à eux, impliquent que l’enfant ait un niveau de vie suffisant, qu’il soit dans le meilleur état de santé possible, qu’il bénéficie de soins spéciaux s’il est handicapé et enfin qu’il bénéficie d’une protection familiale de remplacement s’il est privé de son milieu familial.

 Les droits culturels, finalement, concernent : le droit à l’éducation, le droit à épanouissement de la personnalité de l’enfant et le droit aux loisirs, au jeu et à la participation à des activités culturelles et artistiques.

Un nouveau délégué francophone des droits de l’enfant

Depuis le début de l’année 2023, Solayman Laqdim est le nouveau Délégué général aux droits de l’enfant (DGDE). Il succède à Bernard De Vos qui était à ce poste depuis 15 ans. Le rôle du DGDE n’a, quant à lui, pas changé ; il s’agit de formuler des recommandations et de rappeler régulièrement aux responsables politiques et administratifs leurs engagements et leurs obligations en matière de droits des enfants. À 43 ans, Mr. Laqdim entend bien lutter prioritairement contre la pauvreté, car, comme il l’exprime au sein d’une interview de l’ONE : « Les enfants qui ont le plus de difficultés à faire valoir leurs droits proviennent malheureusement souvent de familles en grande précarité. »

Le 20 novembre, comme chaque année à l’occasion de l’anniversaire de la Convention internationale relative aux droits de l’enfant, un rapport est rendu par le DGDE. Pour Monsieur Laqdim, en l’occurence, ce fut son premier rapport annuel, depuis sa prise de fonction, qu’il a remis en main propre à Rudy Demotte, Président du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Voici le rapport annuel → : Détail d’une actualité – Le nouveau rapport annuel 2022-2023 du Délégué général aux droits de l’enfant (cfwb.be)
Par la suite, le rapport du Délégué général sera examiné et discuté en commission de l’Enfance au cours de la session parlementaire 2023-2024.

Du côté flamand, c’est le « Kinderrechtencommissariaat » qui donne la parole aux enfants et aux jeunes. Cette commission, tout comme celle de Fédération Wallonie-Bruxelles, détecte les signaux de transgression des droits des enfants et des jeunes avec l’aide des parents, des professionnels et d’autres personnes dans l’environnement de l’enfant. Les membres interviennent en tant que médiateurs, enquêtent sur les plaintes et conseillent les décideurs. Depuis le 1er août 2019, Caroline Vrijens est la troisième commissaire flamande aux droits de l’enfant.

Un portail web flambant neuf et une chaîne Youtube

Le nouveau DGDE, Solayman Laqdim, insiste sur l’importance pour les enfants de connaître leurs droits : « Il faut tout mettre en œuvre pour faciliter l’accès à cette information en la vulgarisant dans un langage accessible aux enfants. Mon équipe et moi-même nous appuyons aussi sur tous les moyens de communication et de diffusion que les jeunes utilisent », déclare-t-il encore à l’ONE. En effet, depuis son élection, un nouveau portail web plus ergonomique et intuitif a été lancé pour promouvoir les droits de l’enfant. Une chaîne Youtube a également fait son apparition et diffuse des vidéos très professionnelles (tournées notamment par BX1), animées par et pour les enfants. Ces dernières ont d’ailleurs reçu un coup de projection en prévision de la journée du 20 novembre.

Des événements pour promouvoir les droits de l’enfant

Un événement bien connu du grand public et destiné aux enfants de 0 à 18 ans est le festival En Avant ! Cette fête des droits de l’enfant a lieu tous les ans depuis 2011 et vise à « conscientiser les enfants à leurs droits, d’une manière ludique et festive ».

La Ligue des droits de l’enfant s’emploie également à organiser une série d’événements ou de conférences davantage adressés aux professionnels. Par exemple, ce 20 novembre, la Ligue a convié le secteur à un colloque sur l’inclusion scolaire.  Car le droit à l’inclusion est tout aussi important que le droit à l’instruction scolaire.

Du côté néerlandophone, une campagne avec des affiches, des mindmappings, des t-shirts et des autocollants a été lancée par le « Kinderrechtencommissariaat ». Les slogans : « Donnez une voix aux jeunes ! » ou « Nous défendons vos droits ! »

Pauvreté des enfants : la Fondation Roi Baudouin présente de nouveaux angles d’analyse

Le 18 octobre dernier, une nouvelle étude (demandée par la Fondation Roi Baudouin) relative à la déprivation des enfants a été présentée à une centaine de décideurs politiques. Les dernières données en matière de déprivation des enfants confirment la persistance de difficultés quotidiennes pour de nombreux enfants dans notre pays. 12,8 % d’entre eux sont victimes de déprivation matérielle : ils manquent au quotidien d’au moins trois des 17 éléments considérés par l’UE comme essentiels à un développement sain et équilibré. Avec une telle proportion, la Belgique fait figure de mauvais élève dans le classement de l’UE. Toutefois, la réalité est à nuancer car il existe de fortes disparités en fonction des régions du pays. Fait inquiétant : les enfants qui vivent principalement ou exclusivement avec leur maman (solo) courent un risque quatre fois plus élevé d’être déprivés. 

{Communiqué de presse de la Fondation Roi Baudouin}

La pauvreté des enfants constitue un problème de société majeur aux conséquences considérables, tant pour les enfants et leur entourage, que pour la société toute entière. Afin d’apporter de nouveaux angles d’analyse sur une problématique qui sera au cœur de la présidence belge de l’Union européenne début 2024, la Fondation Roi Baudouin publie les résultats d’une nouvelle étude menée par deux chercheurs, Anne-Catherine Guiot (LISER) et Wim Van Lancker (KULeuven), basée sur les dernières données disponibles (datant de 2021).

Disparités régionales

Depuis 2018, les États membres de l’UE utilisent un indicateur complémentaire aux revenus des parents pour mesurer la pauvreté des enfants : la déprivation spécifique des enfants. Cet indicateur mesure les difficultés quotidiennes des enfants, qui peuvent être différentes de celles de leurs parents. Il est basé sur l’accès à un ensemble de 17 items considérés comme nécessaires au développement sain et équilibré de tout enfant vivant en Europe : mange-t-il des fruits et légumes chaque jour ? Invite-t-il parfois des amis à la maison ? Vit-il dans un logement correctement chauffé ? … On considère qu’un enfant est déprivé s’il lui manque au moins trois des 17 items (cfr infographie).

En Belgique, 12,8% des enfants sont en situation de déprivation, avec de fortes disparités régionales : 21% à Bruxelles, 17,3% en Wallonie et 8,5% en Flandre. Bien que la déprivation des enfants ait considérablement diminué dans l’ensemble de l’UE depuis 2014, la baisse est beaucoup plus limitée en Belgique. Il est frappant de constater que certains États membres, dont le niveau de prospérité est plutôt faible (comme la Slovénie, l’Estonie ou la Croatie), parviennent à mieux protéger les enfants de la déprivation matérielle que certains pays plus favorisés, comme la Belgique.

Des enfants plus à risque que d’autres

Certains enfants sont plus exposés à la déprivation matérielle. Le risque est beaucoup plus élevé pour les enfants dont les parents

  • sont sans emploi ;
  • ont des faibles revenus ;
  • sont peu qualifiés ;
  • sont locataires ;
  • sont originaires d’un pays hors de l’UE ;
  • sont isolés – et spécialement, les mères isolées.

De multiples conséquences

· L’étude révèle le lien entre déprivation et problèmes de santé : un enfant déprivé court trois fois plus de risque d’être en mauvaise santé. Cette situation peut avoir des répercussions à court et à long terme, une fois les enfants devenus adultes. Les enfants déprivés ont aussi proportionnellement davantage de besoins médicaux non satisfaits.

· En matière d’accueil de la petite enfance, les enfants déprivés sont doublement pénalisés. Non seulement ils fréquentent moins les services d’accueil de la petite enfance de type crèche, mais ils ont aussi moins tendance à bénéficier d’une garde informelle par des membres de la famille.

· Les enfants déprivés sont davantage susceptibles de vivre dans un logement social que les enfants non déprivés. Toutefois, avec 75% d’enfants déprivés qui ne vivent aujourd’hui pas dans un logement social, il existe un large potentiel inexploité d’amélioration des conditions de vie de ces enfants au moyen de ce type de logement.

Davantage de déprivation lorsque les mères sont seules

Pour la première fois, l’étude met en lumière le risque de déprivation des enfants selon le mode de garde et en particulier, chez les enfants dont les parents sont séparés – soit un quart des enfants de 0 à 17 ans. Deux tiers d’entre eux vivent principalement ou exclusivement avec leur mère. Si les enfants vivant avec des parents isolés (qui ne se sont pas remis en couple) sont plus exposés à la déprivation, ceux qui résident avec leur mère isolée courent un risque quatre fois plus élevé d’être déprivés. En comparaison, ce risque est 2,5 fois plus élevé pour les enfants qui vivent avec leur père isolé.

Les mamans qui ont la garde (quasi) exclusive de leur(s) enfant(s) cumulent différentes formes de vulnérabilité, ce qui augmente le risque de déprivation de leurs enfants. 80 % d’entre elles travaillent à temps partiel, sont au chômage ou inactives. Leurs revenus sont donc plus faibles, alors que les coûts liés à l’organisation familiale et à la prise en charge des enfants sont plus élevés. De plus, 61% des mères isolées ne perçoivent pas de pension alimentaire de la part de leur ex-partenaire.

Si la pauvreté des enfants reste une réalité inquiétante, elle n’est toutefois pas inéluctable : la mise en place et le renforcement de politiques ciblées constituent un levier puissant pour enrayer le cercle vicieux de la pauvreté. À cet égard, l’étude fournit autant de clés de lecture dont la compréhension est utile pour les décideurs politiques qui souhaitent prendre des mesures structurelles efficaces, afin de lutter contre cette problématique.

Périnatalité, petite enfance et santé mentale : le secteur s’unit pour mieux aider les familles

Sous l’égide de Bru-Stars, réseau bruxellois en santé mentale pour enfants et adolescents, un groupe de travail inédit en périnatalité, petite enfance et santé mentale vient d’être initié. Il s’agit de rassembler plusieurs professionnels, tant francophones que néerlandophones, travaillant dans le secteur de la périnatalité à Bruxelles pour réfléchir ensemble à la manière de partager plus efficacement les connaissances et expertises. L’objectif ultime est bien sûr de mieux intervenir auprès des familles.

Cette initiative de créer un groupe de travail s’est plus spécifiquement concrétisée dans le cadre du Programme Crosslink, justement destiné à une meilleure mise en lien des professionnels autour de l’une ou l’autre thématique liée à l’enfance et la santé mentale. Caroline Grégoire et Jessy Poels, psychologues cliniciennes, sont responsables au sein de ce programme de la thématique des 0-6 ans. Ce sont donc elles qui chapeautent le groupe de travail périnatalité et petite enfance. Elles travaillent également toutes les deux au sein de l’équipe mobile Périnatalité et Enfance de Bru-Stars.

Objectifs du GT Périnatalité et petite enfance

Ce groupe de travail avait déjà été mis en place il y a plusieurs années, mais avait vu ses activités ralentir lors de la crise Covid. La réflexion a donc récemment repris du service et, cette fois-ci, Born in Brussels a été convié pour participer aux échanges. Le traditionnel tour de table a montré une forte participation du monde « psy » : psychologues, pédopsychiatres, assistant.e.s sociaux.ales issu.e.s d’hôpitaux dotés d’unités mères (parents)/enfants… D’autres professionnels représentaient les crèches, le SAJ, un centre d’expertise périnatale, des équipes mobiles d’intervention en santé mentale ou encore l’ONE.

Les objectifs de ce groupe de travail sont clairs :

  • Faciliter l’échange et le partage d’expériences, d’expertises entre professionnels de terrain de différents secteurs autour de la périnatalité et de la petite enfance.
  • Promouvoir l’interconnaissance des acteurs.
  • Élargir l’expertise concernant la santé mentale.

Besoins et souhaits des participants à cette première réunion de réseau

Si beaucoup d’acteur.rice.s présent.e.s lors de cette première réunion appartenaient au monde des « psys », le programme Crosslink se veut ouvert à d’autres disciplines et experts de terrain. En effet, les problématiques soulevées par les participant.e.s sont multiples et touchent tant aux domaines sociaux que médicaux et psychologiques. Les causes des troubles de santé mentale qui touchent les adultes ou les enfants durant cette période périnatale sont bien souvent complexes et liées à de nombreux facteurs imbriqués. D’emblée, les participant.e.s ont été invité.e.s à déterminer trois préoccupations et besoins, par ordre d’importance, dans leur pratique quotidienne.

Réseautage, cartographie, réflexions…

Les thématiques retenues concernaient le plus souvent une meilleure connaissance des acteur.rice.s entre eux, tant du côté francophone que néerlandophone, un espace numérique dédié au réseautage, ainsi qu’une cartographie des organismes et acteurs.rice.s bruxellois.e.s.

Les participant.e.s ont également exprimé l’importance de faire remonter, au politique, les freins au bon déroulement de leur pratique quotidienne et de manière plus générale, l’importance de mener une réflexion sur les facteurs sociaux et matériels qui influent sur la santé mentale de leurs patient.e.s.

Parmi d’autres souhaits exprimés, il semble important d’élargir l’interdisciplinarité des participant.e.s et d’inviter d’autres professionnel.le.s de première ligne à rejoindre le réseau qui se forme : sages-femmes, médecins généralistes, kinés, infirimier.ère.s, ou encore responsables d’associations en contact avec les futurs et jeunes parents.

Quels outils pour une meilleure communication ?

Au terme des échanges, il était question de déterminer la façon dont le réseau pourrait parvenir à mieux communiquer et à mieux échanger leurs connaissances et expertises. Parmi les outils proposés :

  • Les groupes de travail
  • Les formations
  • L’intervision
  • Une cartographie des acteurs

Quelques mots sur Bru-Stars

Bru-Stars est le réseau bruxellois en santé mentale pour enfants et adolescents créé en 2015 dans le cadre de la nouvelle politique en santé mentale avec l’objectif de renforcer les collaborations entre les acteurs francophones, néerlandophones et bi-communautaires à Bruxelles, pour permettre des prises en charges globales et intégrées ainsi qu’une continuité dans les soins pour des enfants et des adolescents présentant des problèmes psychiques et leur entourage. Les programmes de crise et de longue durée se sont développés rapidement, suivis par plusieurs autres programmes, dont le programme Crosslink déjà évoqué et le case management.

Les équipes mobiles est l’offre la mieux connue. Elles proposent des interventions auprès des enfants et des adolescents, ainsi qu’auprès des (futurs) parents et travaillent en réseau. Les équipes mobiles pluridisciplinaires se déplacent partout dans Bruxelles et prennent en charge des situations allant de la grossesse à l’âge de 23 ans ; en cas de situations de crise nécessitant un suivi plus intensif sur une courte période (maximum 3 mois) mais aussi pour un suivi thérapeutique plus long et moins intensif (maximum 2 ans). Les bénéficiaires (et leurs entourages) ainsi que les professionnels impliqués (généraliste, spécialiste, hôpital, école, ONE, SAJ, maternité, …) peuvent contacter la permanence téléphonique de Bru-stars qui va les guider dans leur trajet de soins. Depuis peu, le programme de psychologue de première ligne a été développé (voir https://psybru.be/fr) qui permet l’accès à des séances psychologiques individuelles ou de groupe près de chez soi à un tarif abordable. Des sensibilisations autour des questions de la santé mentale pour des professionnels de première ligne sont également possibles.

 

→ Vous êtes un.e professionnel.le travaillant dans le domaine de la périnatalité et vous avez envie de rejoindre le groupe de travail périnatalité et petite enfance du programme Crosslink ou vous souhaitez avoir un échange concernant les besoins en périnatalité à Bruxelles ? N’hésitez pas à contacter Caroline Grégoire (c.gregoire@bru-stars.be) ou Jessy Poels (j.poels@bru-stars.be) de Bru-Stars.

→ Pour d’autres questions concernant le réseau Bru-Stars, n’hésitez pas à contacter la coordination : k.coppens@bru-stars.be.

« Précarité : la défaite des mères », Born in Brussels a participé au débat

Fin septembre, la coordinatrice de Born in Brussels, Emmanuelle Vanbesien, a été conviée à participer à un débat animé par Alter Échos. La thématique abordée, déjà développée au sein d’un dossier écrit paru quelques semaines plus tôt, porte sur la question de la précarité dans le cadre de la maternité. 

« Précarité, la défaite des mères » est le titre choisi autant pour le débat du 28 septembre, que pour le dossier paru dans le dernier numéro d’ Alter Échos (magazine d’analyse critique des problématiques sociales depuis 25 ans en Belgique).

« La maternité a un coût bien réel pour les femmes »

En description du podcast disponible sur SoundCloud et diffusé sur les ondes de Radio Campus et Radio Panik, Alter Échos écrit : « «Véritable ralentisseur de carrière et accumulateur de dépenses, la maternité a un coût bien réel pour les femmes et leur indépendance économique», soulignait en juin dernier une note de l’Observatoire de l’émancipation économique des femmes en France. Avant d’interroger : « Pour les femmes, quel est le coût d’être mère ? »
À l’évidence, la facture est salée. À fortiori pour les femmes qui connaissent déjà une ou plusieurs formes de précarité. Départ du géniteur à l’annonce de la grossesse, davantage de difficultés à trouver un logement pour les femmes en situation irrégulière, risque accru de perdre son emploi… Les facteurs de risques sont nombreux. Et les liens entre maternité et précarité, pluriels et complexes. »

Croiser autant les points de vues que les domaines d’expertises

Parmi les invitées de ce débat, outre notre représentante, Emmanuelle Vanbesien, deux professionnelles et expertes de ces questions étaient également présentes : Rachel Gourdin, sage-femme au sein de l’asbl Aquarelle et Sylvie Anzalone, porte-parole de l’Office de la naissance et de l’enfance (ONE). Il s’agissait de répondre à une série de questions et de croiser autant les points de vues que les domaines d’expertises. Par exemple : « En quoi la précarité est-elle source de difficultés pour les (futures) mères ? » ; « En quoi la maternité peut-elle aussi renforcer la précarité ? » ; « Face à l’urgence, comment offrir refuge et soutien aux mamans sans abri et à leur bébé ? » ; « Un enjeu reste crucial après l’accouchement: l’accès aux crèches ? » ; Etc. En ce qui concerne Born in Brussels, l’idée était de suggérer aux mères en difficultés financières ou aux professionnel.le.s qui les accompagnent, que des aides existent. Adresses, conseils concrets, partages d’expériences… Tout cela peut être trouvé sur notre site web. 

↓ Écouter le débat