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Grossesse, naissance, petite enfance : les professionnel.le.s bruxellois.es renforcent leurs collaborations

En 2025, 21 rencontres autour de la périnatalité – organisées par l’asbl Brusano – ont réuni des centaines de professionnel.le.s à Bruxelles. L’objectif : mieux se connaître et mieux travailler ensemble pour accompagner les femmes enceintes, les enfants et leurs familles.

©Brusano – MatildeGony_Switchasbl

 

Qui accompagne une future maman lorsqu’elle rencontre une difficulté sociale ? Vers qui peut-elle être orientée si elle a besoin d’un soutien psychologique ? Comment les professionnel.le.s de la santé, du social ou des hôpitaux peuvent-ils mieux se transmettre les informations utiles ? C’est notamment autour de ces questions que Brusano organise des rencontres entre professionnel.le.s. Pour rappel, Brusano est une structure d’appui qui rassemble et met en lien les acteur.rice.s de l’aide et des soins, afin de favoriser une meilleure collaboration autour des personnes et des familles. Son rapport d’activités 2025 vient tout juste d’être révélé.

Créer des liens entre professionnel.le.s de la périnatalité

Pour la périnatalité, ces rencontres sont organisées au sein des cinq bassins d’aide et de soins à Bruxelles. L’idée est simple : réunir des professionnel.le.s qui travaillent sur un même territoire, mais qui ne se connaissent pas toujours ou qui n’ont pas souvent l’occasion d’échanger. En 2025, 21 rencontres, soit quatre à cinq par zone, ont ainsi réuni des centaines de professionnel.le.s.

Pour Brusano, il s’agit des « premiers espaces de rencontres social-santé organisés à l’échelle de chaque bassin de manière structurelle à Bruxelles ». Ces rencontres répondent aussi à « une forte demande du terrain ».

Des préoccupations communes, mais aussi des réalités locales

Ces échanges permettent de mieux comprendre ce que vivent les professionnel.le.s sur le terrain. Certaines préoccupations reviennent dans plusieurs quartiers de Bruxelles : les violences au sein de la famille, les difficultés de logement, la précarité ou encore la santé mentale. Mais les discussions montrent aussi que les besoins ne sont pas exactement les mêmes partout. Dans certaines zones, les professionnel.le.s ont davantage parlé des violences obstétricales ou de la petite enfance. Dans d’autres, l’accompagnement psychologique, le logement ou la précarité ont occupé une place importante.

Les rencontres cherchent ainsi à construire une réponse « ancrée dans les réalités locales », pour « adapter les réponses aux besoins concrets des familles et des professionnel.le.s qui les accompagnent », peut-on lire au sein du rapport.

Et les 1000 premiers jours dans tout ça ?

Ces échanges sont aussi l’occasion de faire avancer le programme interfédéral des 1000 premiers jours, qui vise à renforcer l’accompagnement des familles dès la grossesse et jusqu’aux premières années de l’enfant. À Bruxelles, le programme s’appuie notamment sur Born in Belgium, un outil qui permet aux professionnel.le.s d’identifier certaines situations de vulnérabilité et de mieux coordonner l’accompagnement. Quatre types d’interventions sont prévus : le dépistage, la consultation prénatale, la coordination et la concertation.

Sur le terrain, les professionnel.le.s cherchent encore la meilleure manière de faire fonctionner ces différents éléments ensemble. Le rapport de Brusano évoque ainsi la nécessité de trouver un équilibre entre « la mise en réseau (interconnaissance), la répartition des rôles et l’opérationnalité du programme des 1000 premiers jours ».

Adapter les outils aux réalités des familles

Les rencontres permettent, finalement, de faire remonter des difficultés très concrètes. Par exemple, certains professionnel.le.s qui jouent un rôle important auprès des familles ne disposent pas d’un numéro INAMI. Leur permettre de participer au partage sécurisé d’informations pourrait faciliter la communication entre les différents intervenant.e.s.

L’objectif est notamment d’améliorer « la communication interprofessionnelle et la coordination autour de la personne enceinte, de l’enfant et de la famille ».

Pour Brusano, il reste primordial de renforcer la confiance autour du programme des 1000 premiers jours et de mieux expliquer son intérêt aux professionnel.le.s. Les échanges de terrain doivent ainsi continuer à nourrir son évolution. Avec ces 21 rencontres en 2025, l’enjeu est finalement assez concret : permettre aux professionnel.le.s qui entourent une famille, parfois dans des secteurs très différents, de mieux se connaître pour pouvoir plus facilement travailler ensemble.

→ Lire la synthèse 2025 de Brusano sur les rencontres en périnatalité

Sofia Douieb

 

Allaitement difficile : les antibiotiques en cas de mastite devraient pouvoir être évités

Et si certaines bactéries pouvaient aider à en combattre d’autres ? Une start-up danoise nommée Mastitia développe actuellement une nouvelle approche contre la mastite, cette inflammation douloureuse du sein qui touche de nombreuses femmes pendant l’allaitement. Pour avancer dans ses recherches, l’entreprise s’appuie notamment sur une impressionnante collection de bactéries lactiques constituée par l’Université d’Anvers.

L’allaitement peut parfois être mis à rude épreuve par la mastite. Cette inflammation du sein, souvent douloureuse et parfois accompagnée de fièvre ou d’un état grippal, toucherait environ une femme allaitante sur quatre, selon Mastitia et l’Université d’Anvers. Chez près de quatre femmes concernées sur dix, elle contribuerait même à un arrêt plus précoce de l’allaitement. Un enjeu d’autant plus important que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) recommande un allaitement exclusif pendant les six premiers mois de vie, puis sa poursuite parallèlement à l’introduction d’une alimentation complémentaire jusqu’à l’âge de deux ans ou au-delà.

Lire notre page « Problèmes d’allaitement »

Miser sur le microbiome

Aujourd’hui, des antibiotiques peuvent être prescrits lorsqu’une mastite bactérienne le nécessite. Mastitia cherche toutefois à développer une approche différente, fondée sur le microbiome, c’est-à-dire l’ensemble des micro-organismes vivant naturellement dans et sur notre corps. L’idée peut sembler paradoxale : utiliser des bactéries pour lutter contre une infection bactérienne. Mais toutes les bactéries ne sont pas nocives. Certaines jouent au contraire un rôle protecteur et peuvent empêcher des micro-organismes indésirables de proliférer.

Nous travaillons actuellement à une alternative efficace et respectueuse du microbiome », explique à Belga Emilie Glad Bak, responsable de la recherche chez Mastitia. « Nous entendons exploiter les propriétés protectrices de bactéries bénéfiques présentes naturellement dans le microbiome féminin. »

L’objectif est double : proposer à terme une nouvelle option contre les mastites et réduire le recours aux antibiotiques lorsqu’ils ne sont pas indispensables. Mastitia inscrit également cette recherche dans la lutte plus large contre l’antibiorésistance (résistance aux antibiotiques).

Plus de 1.000 souches étudiées à Anvers

Pour développer cette piste, l’entreprise danoise collabore avec l’équipe de la professeure Sarah Lebeer, spécialiste du microbiome à l’Université d’Anvers. Au fil des années, son laboratoire a constitué une collection de plus de 1.000 souches différentes de lactobacilles, des bactéries lactiques que l’on retrouve notamment dans l’intestin, le vagin, la bouche ou sur la peau. Les chercheur.euse.s étudient les molécules bioactives produites par ces micro-organismes, dont certaines peuvent avoir une action comparable à celle d’« antibiotiques naturels ». Cette biobanque a permis d’identifier une souche présentant un intérêt particulier pour le projet Mastitia et de la mettre à disposition de l’entreprise.

Les chercheur.euse.s anversoi.se.s travaillent également sur la manière de rendre ces bactéries suffisamment stables pour pouvoir être intégrées, à terme, dans un véritable produit thérapeutique. Il faut notamment pouvoir ralentir leur activité et prolonger leur durée de conservation, une étape nécessaire avant d’envisager une autorisation par les autorités compétentes.

Une piste prometteuse, mais encore en développement

Mastitia, sur son site, estime que « plus de 30 millions de nourrissons pourraient être exposés chaque année à des antibiotiques via le traitement de leur mère contre une mastite. » L’entreprise souhaite donc développer une solution qui préserve davantage le microbiome de la mère et de l’enfant.

La prudence reste toutefois de mise : il s’agit pour l’instant d’une technologie en cours de développement, et non d’un nouveau traitement déjà disponible pour les patientes. La collaboration entre Mastitia et l’Université d’Anvers marque néanmoins une étape supplémentaire. La jeune entreprise danoise devient par ailleurs une spin-off de l’UAntwerpen, qui apporte au projet son expertise dans le domaine des lactobacilles et du microbiome féminin.

Cette recherche illustre surtout une évolution plus large de la médecine : plutôt que d’éliminer indistinctement les bactéries, les scientifiques cherchent de plus en plus à comprendre comment certaines d’entre elles peuvent être utilisées pour protéger ou rééquilibrer notre microbiome. Une approche qui pourrait, à terme, faciliter la prise en charge de la mastite et permettre à davantage de mères qui le souhaitent de poursuivre leur allaitement.

Partagé par Sofia Douieb

Se former aux premiers secours sur un nourrisson, ou comment lui sauver la vie

En cette journée mondiale des premiers secours, Born in Brussels souhaite encourager les (grands-) parents à se former le plus vite possible après la naissance de leur enfant. Connaître les bons gestes pour le secourir sans hésitation peut lui sauver la vie. À Bruxelles, plusieurs formations existent, spécifiquement pour venir au secours des bébés ou des jeunes enfants. 

À Liège, les 12 et 13 septembre, la Croix-Rouge de Belgique organise un grand événement à l’occasion de cette journée mondiale : le grand défi des premiers secours. L’objectif, selon les organisateurs :

Former le plus grand nombre de personnes possible au brevet européen des premiers secours (BEPS), au même endroit, le même week-end. Parce que plus il y a de personnes formées, plus il y a de vies sauvées. Le BEPS vous donne les bons réflexes pour protéger vos proches et réagir efficacement face aux urgences du quotidien.

Situations urgentes possibles

Un bébé est fragile, dépendant et vulnérable par définition. Plusieurs situations à risques peuvent survenir et apprendre à y faire face semble essentiel.

  • Mort subite du nourrisson (arrêt cardio- respiratoire)
  • Détresses respiratoires : liées à l’inhalation d’un corps étranger, à une laryngite, à une bronchiolite, à un crise d’asthme
  • Méningites et infections bactériennes sévères
  • Convulsions
  • Réactions allergiques avec gonflement du visage et difficultés respiratoires
  • Accidents : absorption de produits toxiques, intoxication au CO, plaies, morsures, brûlures, chute…

→ Consulter notre page : Prévention et protection de bébé des accidents domestiques

Comment réagir en cas d’accident domestique ou d’urgence ?

La première réaction à observer lors d’une situation d’urgence est de garder son calme afin de correctement évaluer la situation. Si elle est effectivement critique et pourrait nuire à l’enfant, il est impératif d’alerter les secours au numéro 112 et de suivre leurs instructions au téléphone. Pendant ce temps, et seulement si l’adulte est en capacité de le faire ou a suivi une formation adaptée, les premiers secours peuvent faire la différence. Enfin, il faut ensuite surveiller l’évolution de l’enfant une fois qu’il est hors de danger.

Les numéros d’urgence à Bruxelles

Où se former ?

Certaines formations aux premiers secours pédiatriques sont obligatoires pour les professionnel.le.s de la petite enfance. Des ateliers sont aussi destinés aux parents et proches de jeunes enfants. On y apprend par exemple à réagir en cas de chute de l’enfant, de plaie, de convulsions, de brûlure, ou de suffocation, ainsi que les techniques de réanimation.

Réa bébé : initiation à la réanimation pédiatrique (Croix-Rouge)

→ Premiers soins pédiatriques | Pelican Brussels

→ Premiers secours pour bébés et jeunes enfants | Colruyt Group Academy

 

Sofia Douieb

Périnatalité et enfance : l’ONE récompense trois travaux de fin d’études

L’Office de la Naissance et de l’Enfance lance l’édition 2026 de son Prix ONE Academy. Trois travaux de fin d’études consacrés à la périnatalité ou à l’enfance seront récompensés à hauteur de 1.000 euros chacun. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 28 septembre 2026.

Dans le cadre du partenariat ONE Academy, l’Office de la Naissance et de l’Enfance attribue un prix qui récompense un travail de fin d’études supérieures de deuxième cycle. Le travail doit constituer une contribution originale dans le champ de la périnatalité ou de l’enfance, de 0 à 18 ans.

Le prix est ouvert à toutes les disciplines. Trois prix d’un montant de 1.000 euros seront attribués.

Qui peut poser sa candidature ?

Pour pouvoir poser sa candidature, il faut être inscrit dans une université ou une Haute École francophone de la Fédération Wallonie-Bruxelles, avoir défendu son mémoire ou son travail de fin d’études au cours de l’année académique 2025-2026, avoir obtenu une note d’au moins 16/20 et avoir réussi son année académique.

Quels travaux peuvent être récompensés ?

Le travail doit porter sur un ou plusieurs des axes suivants :

  • La situation des enfants et/ou de leurs familles dans un contexte ou dans un territoire spécifique de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
  • L’évolution des pratiques professionnelles de la périnatalité et/ou de l’enfance et/ou du soutien à la parentalité en Fédération Wallonie-Bruxelles.
  • Les enjeux actuels ou émergents des champs de la périnatalité et/ou de l’enfance et/ou du soutien à la parentalité en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Trois prix de 1.000 euros

Trois lauréats seront récompensés, chacun recevant un prix de 1.000 euros. Une manière pour l’ONE de mettre en lumière des travaux étudiants susceptibles de nourrir la réflexion et les pratiques dans les domaines de la périnatalité, de l’enfance et du soutien à la parentalité.

→ Les personnes intéressées sont invitées à consulter le règlement du Prix ONE Academy 2026 – Périnatalité et Enfance sur le site de l’ONE et à compléter le formulaire de candidature en ligne.

 

Syndrome d’alcoolisation fœtale : soutenir les futures mamans pour protéger les bébés

Le 9 septembre est marqué par une journée mondiale importante aux yeux de Born in Brussels ; celle de la sensibilisation au syndrome d’alcoolisation fœtale. C’est l’occasion de rappeler que la consommation d’alcool chez la femme enceinte, même en petite quantité, est à proscrire totalement. Le vin, la bière ou les alcools plus forts passent dans le sang maternel et dans le sang du fœtus, via le placenta. Le foie du fœtus n’est pas suffisamment développé pour pouvoir l’éliminer, ce qui peut provoquer des séquelles irréversibles.

Sur Orphanet (site européen sur les maladies rares), le syndrome d’alcoolisation fœtale est défini comme suit : 

Malformation syndromique rare causée par une consommation excessive d’alcool par la mère pendant la grossesse. Elle se caractérise par un retard de croissance prénatal et/ou postnatal (poids et/ou taille <10e percentile), la présence d’un ensemble caractéristique d’anomalies faciales mineures (fentes palpébrales courtes, philtrum plat et lisse, et lèvre supérieure mince), et par des anomalies graves du système nerveux central (SNC), dont la microcéphalie, ainsi que des troubles cognitifs et comportementaux (déficience intellectuelle, déficit cognitif général, troubles de l’apprentissage et du langage, des fonctions exécutives, du traitement visuo-spatial, de la mémoire et de l’attention). »

Quels effets sur le fœtus ?

Lorsqu’une future maman consomme tous les jours une quantité d’alcool importante (soit 5 verres ou plus), le bébé présente alors une anomalie détectée dès la naissance. Le SAF se caractérise par des anomalies physiques, mentales, comportementales et même des lésions cérébrales permanentes dans certains cas. Ainsi, l’Exposition Prénatale à l’Alcool (EPA) désigne une intoxication du fœtus provoquée par la consommation d’alcool durant la grossesse. L’EPA peut provoquer différents dégâts sur l’organisme en développement du bébé, tout au long de sa vie :

  • Problèmes d’intelligence et d’apprentissage
  • Troubles sensoriels (vue, tolérance à la douleur anormalement élevée, dyslexie, surdité…)
  • Problèmes de comportement (sommeil, syndrome de la Tourette, terreurs nocturnes, traits autistiques, impulsivité, maladies mentales, dépression, violence…)
  • Problèmes physiques (faible poids de naissance, petite tête, déformation du visage, de la bouche, retard de croissance, petite taille, problèmes osseux, articulaires, musculaires, malformations génitales, cardiaques…)

Qui consulter ?

Lors des consultations prénatales, il est essentiel qu’un climat de confiance s’installe entre la maman et le.la professionnel.le qui suit la grossesse. Si elle a besoin d’aide et d’accompagnement pour réduire ou stopper sa consommation d’alcool, le.la professionnel.le n’est pas là pour juger mais bien pour informer et aider, dans le respect du secret médical.

Dans 80% des cas, les fœtus sont plus petits en taille et en poids, tout comme leurs organes. L’alcool peut également être toxique pour les neurones qui ne vont pas migrer correctement. Résultat : en plus du retard de croissance, il va y avoir un impact neurodéveloppemental important. On peut remarquer un souci chez l’enfant comme des atteintes sur la motricité, le tonus ou encore des retards d’acquisition », expliquait l’an dernier à la Rtbf la Dr Samartzi, cheffe de service de gynécologie-obstétrique à l’hôpital de Jolimont à la Louvière et à l’hôpital de Nivelles.

Quelques lieux clés pour se faire aider :

  • Lignes d’écoute et d’aide spécialisées en addictions : des services d’accompagnement ou d’aide (comme le 02/227 52 52 ou des centres d’aide en toxicomanie) sont joignables si la question de l’addiction est toujours active.
  • Les hôpitaux universitaires pédiatriques : Des services spécialisés en neuropédiatrie ou en développement infantile (comme à l’Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola – HUDERF) prennent en charge le diagnostic et le suivi des troubles neurocomportementaux.
  • Consulter les recommandations détaillées sur Aide Alcool.

 

Sofia Douieb