Épidémie de rougeole : Vous partez en vacances avec vos tout-petits ? Pensez aux vaccins !

Des épidémies de rougeole touchent actuellement plusieurs pays en Europe et ailleurs dans le monde, comme au Maroc ou en Turquie. Si vous êtes parents de jeunes enfants, pensez à vérifier leur vaccination contre cette infection virale extrêmement contagieuse, surtout si vous voyagez. Car les conséquences sur leur santé peuvent être gravissimes.

Nous vous l’annoncions au sein d’un article publié en septembre dernier : à Bruxelles, du fait du nombre trop important d’enfants non vaccinés, les cas de rougeole ont connu une forte augmentation. Des chiffres qui vont à l’encontre des bienfaits prouvés de la vaccination, comme le déclare l’UNICEF : “En 50 ans à peine, nous sommes passés d’un monde où la mort d’un enfant était une crainte de beaucoup de parents à un monde où chaque enfant, s’il est vacciné, a une chance de survivre et de s’épanouir”. Si l’épidémie s’est calmée depuis l’été passé, de nouveaux cas sont à nouveau apparus en ce mois de janvier. L’épidémie de rougeole qui sévit dans plusieurs pays vers lesquels nous voyageons régulièrement doit d’autant plus alerter les parents et les sensibiliser à la vaccination urgente de leur enfant ; surtout s’ils prévoient de partir en vacances à l’étranger.

Vaccins et rappels de vaccins pour les enfants

Les enfants sont exposés aux mêmes risques de santé que les adultes, mais les conséquences peuvent être plus graves. Pour réduire le risque d’infection par la rougeole des nourrissons et des enfants qui se rendent dans un pays où sévit une épidémie de rougeole, l’Institut de Médecine Tropicale insiste sur la vaccination :

  • Pour les nourrissons entre 6 et 12 mois, il est recommandé d’offrir un vaccin précoce. Ce vaccin ne compte pas comme une vaccination complète mais offre une protection à court terme. Après cette dose, ils doivent recevoir leur deux vaccinations « normales », à 12 mois et entre 7 et 9 ans.
  • Pour les enfants entre 18 mois et 9 ans, , il est recommandé d’avancer la deuxième dose.

Les pays concernés

De nombreux pays à travers le monde sont concernés par cette épidémie et sur plusieurs continents. Pour les parents qui auraient décidé de partir au soleil, le Maroc ou la Turquie sont notamment touchés. Pour ceux qui préfèrent la neige, l’Autriche, la Suisse ou l’Italie sont des pays où il faudra rester vigilant. La Roumanie est également concernée. L’Institut de Médecine Tropicale suggère : « Soyez vacciné avant de vous rendre dans un pays de ces pays, sauf si vous avez déjà eu la rougeole avant ».

 → Liste complète des pays concernés 

Quelques mots sur la rougeole

Pour rappel, la rougeole est une infection virale extrêmement contagieuse qui se transmet par voie aérienne. Elle se manifeste spécifiquement par de la fièvre et l’apparition de tâches rouges sur la peau. Les personnes les plus à risque d’être touchées par cette infection sont les enfants de moins de 10 ans. Selon les dernières études, 30% des personnes infectées risquent des complications. Afin de réduire les risques, il faut davantage protéger certaines personnes comme les femmes enceintes, les nourrissons de moins de 12 mois ainsi que les personnes à faible immunité ou qui n’ont jamais été vaccinées. Malheureusement, on ne peut pas vacciner pendant la grossesse ni avant 6 mois de vie. C’est pour ça qu’il faut éviter que la maladie ne circule en nous faisant vacciner en temps et en heure. Les consultations ONE (Office de la Naissance et de l’Enfance) et K&G (Kind&Gezin) sont accessibles gratuitement jusqu’à 6 ans pour tous les enfants. Il est aussi possible de se faire vacciner sans mutuelle. Le vaccin est également gratuit auprès des pédiatres et médecins participants (la consultation reste payante). Les personnes nées après 1970 qui n’ont pas reçus deux doses de vaccins contre la rougeole peuvent bénéficier du vaccin gratuit auprès des médecins qui participent au programme de vaccination ONE ou K&G.

→ Pour en savoir plus sur la rougeole, une brochure a été réalisée par vivalis.brussels

Sofia Douieb

Accouchements : les mères s’expriment sur l’accessibilité aux soins

En vue de mieux saisir le vécu des mamans ayant accouchés, les résultats d’une enquête, qualitative et quantitative, menée par la Mutualité Chrétienne viennent de paraître. L’étude met l’accent sur les problèmes d’accessibilités aux soins auprès de 3.000 femmes, membres de la MC, ayant mis au monde leur enfant entre 2022 et 2023. Ce qui ressort de l’enquête est le manque d’information sur les soins disponibles, le manque de temps ou encore le coût trop élevé des soins et des séjours hospitaliers.


Dans une précédente étude réalisée par la Mutualité Chrétienne, il ressortait que les mères bénéficiant de l’intervention majorée (BIM) avaient moins recours aux soins avant et après l’accouchement. Les résultats de cette nouvelle étude viennent donc conforter la précédente. À cet égard, Elise Derroitte, vice-présidente de la Mutualité Chrétienne explique : « il y a encore trop de facteurs qui freinent l’accès aux soins, particulièrement pour les femmes vulnérables. Notre système de santé se doit pourtant de garantir à toutes l’accès à tous les soins nécessaires ».

L’information et le temps manquent

L’enquête démontre une forte disparité entre les mères BIM et les mères non-BIM à propos de la disponibilité des soins de santé. En effet, les mères non-BIM déclarent manquer ou ne pas trouver les bonnes informations ; 76% des mères non-BIM ont pris contact avec une sage-femme avant et après l’accouchement alors que du côté des mères BIM, 88% seulement l’on fait. Un autre élément ressort de l’étude concernant la notion du temps des nouvelles mamans : « Des données qualitatives, il ressort que bien des mères ont à gérer de nombreux problèmes de la vie quotidienne, en plus de leur grossesse : les autres enfants, la tenue du ménage, etc. Bref, elles ont trop peu de temps pour gérer leur propre situation. Cela met une pression supplémentaire sur leurs épaules, ce qui n’est pas acceptable », déclare Elise Derroitte.

Un coût encore trop élevé

En ce qui concerne l’accessibilité financière des soins pré ou postnatals, les résultats montrent que seules six femmes sur dix, BIM ou non, les trouvent abordables. Parmi les nombreux prestataires de soins pour une femme enceinte, environs 85% des mamans interrogées estiment que seules les sages-femmes et les médecins généralistes seraient abordables. Les tickets modérateurs – bien qu’ils participent à réduire le coût total des futures mamans – lorsqu’ils s’accumulent sont parfois difficile à payer. À cet effet, Elise Derroitte ajoute : « C’est en effet une situation très interpellante. Le prix des prestations est invoqué. Un prix élevé car trop peu de prestataires de soins sont conventionnés. Si rien n’est fait, on se dirige vers une situation où l’accouchement deviendra impayable pour certaines catégories de personnes. Ce n’est clairement pas ce que nous voulons à la MC. De plus, l’accessibilité financière doit être élargie à tous les soins, qu’ils soient pré ou post-natals. La MC reste persuadée ​que le conventionnement des prestataires est la meilleure solution pour garantir un accès équitable aux soins pour les patientes.

Pour plus de confort

Par manque de moyens, les mamans avec un statut BIM sont moins souvent couvertes par une assurance hospitalisation ; le séjour se passe alors en chambre double. Ce qui devrait être un espace calme et reposant est alors perçu comme lieu inconfortable et coûteux. « Les mères BIM indiquent plus souvent avoir ressenti un mal-être à l’hôpital. Cela est dû au fait qu’elles sont accueillies en chambres à plusieurs lits et qu’elles doivent partager un espace commun avec d’autres mamans, d’autres bébés et des visiteurs. Elles voient aussi défiler infirmières, kinés et médecins dans leur chambre, ce qui a un impact sur leur repos. Plusieurs d’entre elles témoignent également ne pas avoir été comprises lorsqu’elles ont exprimé des problèmes émotionnels. C’est sur tous ces points qu’il faut travailler », ajoute Elise Derroitte. Pour pallier ce mal être ressenti par les mamans, l’enquête démontre qu’il faudrait mieux les informer sur les soins pré et post-natals, faciliter les démarches suite à la naissance du bébé, étendre ce congé de naissance ou du moins mieux le répartir, aménager le temps de travail ou encore permettre à celles qui en auraient besoin des séances abordables de kinésithérapeutes.

Les points clés de l’étude

En résumé, l’étude démontre que :

  • À peine six femmes sur dix trouvent les soins autour d’un accouchement abordables. ​ ​
  • ​​Les futures mères ignorent trop souvent que le médecin généraliste et une sage-femme peuvent également suivre leur grossesse.
  • Les montants qui restent à charge des mères pour les soins pré et postnatals restent trop élevés (autour de 350 euros et jusqu’à 2000 euros et plus à la suite d’un accouchement par césarienne en chambre individuelle)
  • Les mères BIM quittent l’hôpital plus tôt après un accouchement, e.a. par manque de calme dans une chambre à plusieurs lits.
  • ​​​La MC plaide pour que chaque mère puisse bénéficier d’une chambre individuelle si elle le souhaite, sans surcoût.

« Chaque femme devrait pouvoir choisir une chambre individuelle si elle le souhaite, sans coûts supplémentaires, ​ afin de débuter sereinement cette nouvelle étape dans les meilleurs conditions, entourée de calme et de soutien », conclut Elise Derroitte.

Samuel Walheer

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Don d’ovocytes : les raisons d’une offre si faible ? Brussels IVF a mené l’enquête

Le don d’ovocytes a fait l’objet d’une récente étude dirigée par des chercheurs de la Brussels IVF, centre de reproduction humaine de l’UZ Brussel. Pour mener l’enquête, un questionnaire numérique et anonyme a été publié auprès de jeunes femmes résidant en Belgique et âgées de 21 à 30 ans. Les résultats montrent qu’une femme sur cinq est prête à faire un don d’ovocytes. D’autres facteurs ressortent de cette étude comme, par exemple : instaurer des programmes d’éducation pour augmenter la conscientisation et la transparence, disposer d’une législation claire en vue de protéger l’anonymat des donneurs ainsi que des parents et des enfants.

De manière générale, la demande d’ovocytes des donneuses augmente – en raison d’une ménopause, d’un problème génétique ou d’un âge avancé – mais ne rejoint pas l’offre qui, elle, reste faible. Comment cela s’explique ? Serait-ce dû à une procédure trop invasive (comparée au don de sperme), un manque de connaissances ou encore aux éventuelles conséquences sur leur santé mentale ? Publiés dans le Journal of Assisted Reproduction and Genetics, les résultats de l’enquête répondent de manière assez significative à toutes les questions que les futures donneuses pourraient se poser. Par ailleurs, l’enquête fait partie de la thèse de master de Britt Schoonjans. Cette dernière a été étudiante à l’Université d’Anvers en vue d’obtenir un master en soins infirmiers et de sage-femme dans le cadre de son poste de sage-femme en chef à l’UZ Brussel (Brussels IVF).

Pourquoi une offre si faible ?

L’offre reste donc faible, en comparaison à une demande croissante d’ovocytes provenant de candidats parents. D’après l’étude, 19% des femmes seraient favorables à faire un don d’ovocytes et 39% hésiteraient à cause du don anonyme. 52% des répondantes se montreraient inquiètes par rapport au manque de garanties de l’anonymat sur le long terme. Lorsqu’il s’agirait d’un don d’ovocyte à des candidats-parents connus, le pourcentage évolue : 41,2 % ont répondu oui, 26 % ont dit non et 33 % sont incertaines. Le facteur anonyme prend donc vraisemblablement une part importante dans le choix des femmes à effectuer un don d’ovocyte. D’autre part, toujours d’après les résultats de l’étude, un bon nombre des participantes seraient favorables à partager leur identité aux futurs parents ; avec pour condition de limiter voir refuser le contact avec la progéniture ou les parents. En effet, 13% des participantes autoriseraient un contact avec le couple et 9% si la demande proviendrait de l’enfant.

La solidarité comme maître mot

Le facteur motivant l’acte d’un don d’ovocyte s’est avéré être l’altruisme. Selon l’étude, 86,6 % des participantes souhaitaient simplement aider les autres ou ressentiraient de l’empathie pour les couples ayant un désir d’enfant dans leur réseau. Deux autres éléments considérés comme important par les personnes interrogées sont ressortis de l’enquête : le soutien et l’accompagnement. En effet, bien qu’il provient d’un choix personnel, mûrement réfléchi, faire un don d’ovocytes n’est pas un acte banal. Un encadrement avant, pendant et après le processus semble donc figurer comme un point important selon les participantes à l’enquête. À cet égard, près de 69 % d’entre elles ont déclaré avoir besoin d’un soutien psychologique si elles faisaient un don. Au contraire, les éventuels avantages comme une compensation financière ou un suivi médical gratuit n’ont que peu d’intérêt.

« Avec ces résultats, nous voulons non seulement améliorer les connaissances sur le don d’ovocytes, mais aussi sensibiliser aux aspects psychologiques du don. Les résultats de l’étude montrent à quel point il est important de mettre en place des programmes éducatifs qui sensibilisent et ouvrent davantage au don d’ovocytes à travers le monde », précise Britt Schoonjans, sage-femme en chef et chercheuse.

Un mot sur l’étude

Pour information, l’étude a été menée entre février et avril 2023 avec une visée quantitative. Parmi les 390 femmes ayant commencé à répondre au questionnaire, 352 l’ont rempli complètement. Voici d’autres données quant aux participantes à l’enquête :

  • L’âge moyen était de 25,2 ans.
  • 77,9% était de race blanche.
  • 88,7 % étaient hétérosexuelles.
  • Deux tiers avaient un partenaire : 7,2 % étaient mariées, 36,2 % vivaient en concubinage, 24,9 % ne vivaient pas en concubinage.
  • Un tiers étaient célibataires.
  • Le niveau d’éducation était élevé : 45,9 % étaient titulaires d’un diplôme de bachelier et 38,7 % d’un diplôme universitaire.

→ Pour consulter l’étude

Samuel Walheer

Alcool et grossesse, on en parle dans notre nouveau dossier santé mentale

À l’occasion de la tournée minérale – qui se déroule chaque année durant tout le mois de février – Born in Brussels tient à mettre en avant une problématique peu abordée : le Syndrome d’Alcoolisation Fœtale (SAF). En Belgique, il concerne une à deux naissances sur 1000. Les conséquences sur le fœtus sont multiples, malgré la difficulté de prédire avec exactitude les effets. La précaution serait d’arrêter la consommation d’alcool avant même de concevoir un enfant. Dans la pratique, ce n’est pas aussi simple. Des aides existent pour les (futures) mamans.

Si la maman enceinte consomme une quantité d’alcool, même minime, cela présente déjà un risque, pour le bébé, de développer une anomalie. C’est ce que les professionnel.le.s du secteur appellent l’Exposition Prénatale à l’Alcool (EPA). Pour les femmes désireuses d’avoir un enfant, les experts conseillent de stopper la consommation d’alcool au plus tôt. Ensuite, il y a les troubles occasionnés suite à une consommation d’alcool durant la grossesse qui, eux, sont regroupés sous l’appellation “ETCAF” (Ensemble de Troubles Causés par l’Alcoolisation Fœtale). Enfin, on parle de Syndrome d’Alcoolisation Fœtale (SAF) lorsque l’on constate des anomalies physiques, mentales, comportementales ou encore des lésions cérébrales permanentes. Pour développer le sujet, voici quelques informations sur les risques encourus par le bébé suite à une consommation d’alcool de la maman, les gestes préventifs ou encore la création du dossier santé mental périnatal.

30% de femmes consomment de l’alcool hors grossesse. Et à partir du moment où elles sont enceintes, la moitié d’entre elles arrêtent totalement : « Ce sont ces femmes-là qu’on doit cibler pour la prévention de ce syndrome. En tant que professionnel de la santé, on se doit d’informer à ce sujet », déclare la Dr Samartzi, cheffe de service de gynécologie-obstétrique à l’hôpital de Jolimont à la Louvière et à l’hôpital de Nivelles pour le journal Rtbf.

Dossier santé mentale périnatale

Sur Born in Brussels, un dossier intitulé « Santé mentale périnatale » est en cours de développement. Il est rédigé en collaboration avec Bru-Stars, Réseau de santé mentale pour enfants et adolescents, développé dans le cadre de la nouvelle politique en santé mentale. Son objectif ? Permettre aux professionnel.le.s de la périnatalité, ainsi qu’aux (futurs) parents et, en particulier, les femmes à risque de vulnérabilités, de s’y retrouver parmi toutes les offres possibles en Région bruxelloise. Le dossier propose plusieurs sous parties comme : les addictions, les violences conjugales, le deuil d’un bébé, les différents spécialistes « à qui poser mes questions ? », ou encore un répertoire des acteurs de la santé mentale périnatale bruxellois.

→ Pour consulter le dossier santé mentale périnatale

Quels risques pour le bébé ?

Exposés à l’alcool durant la grossesse de leur maman, les bébés peuvent présenter de multiples troubles : un retard de croissance, des malformations, une atteinte de leur système nerveux, des troubles du rythme cardiaque, de respiration ou de digestion ou encore de troubles du sommeil. C’est ce que les experts appellent plus couramment une EPA – Exposition Prénatale à l’Alcool – qui est une intoxication du fœtus provoquée par la consommation d’alcool durant la grossesse. L’EPA peut provoquer différents dégâts sur l’organisme en développement du bébé, tout au long de sa vie :

  • Problèmes d’intelligence et d’apprentissage
  • Troubles sensoriels (vue, tolérance à la douleur anormalement élevée, dyslexie, surdité…)
  • Problèmes de comportement (sommeil, syndrome de la Tourette, terreurs nocturnes, traits autistiques, impulsivité, maladies mentales, dépression, violence, …
  • Problèmes physiques (faible poids de naissance, petite tête, déformation du visage, de la bouche, retard de croissance, petite taille, problèmes osseux, articulaires, musculaires, malformations génitales, cardiaques…)

« Dans 80% des cas, les fœtus sont plus petits en taille et en poids, tout comme leurs organes. L’alcool peut également être toxique pour les neurones qui ne vont pas migrer correctement. Résultat : en plus du retard de croissance, il va y avoir un impact neurodéveloppemental important. On peut remarquer un souci chez l’enfant comme des atteintes sur la motricité, le tonus ou encore des retards d’acquisition », explique à la Rtbf la Dr Samartzi, cheffe de service de gynécologie-obstétrique à l’hôpital de Jolimont à la Louvière et à l’hôpital de Nivelles.

Mieux vaut prévenir…

Les risques encourus par une consommation d’alcool sont présents dès les premières semaines de grossesse. Il est important de rappeler qu’une consommation d’alcool de la future maman rendra le fœtus lui-même dépendant. Par la suite, ce dernier devra subir un véritable sevrage dès à sa naissance. Une entrée dans ce monde plutôt difficile ! Pour prévenir le SAF, il est fortement conseillé d’arrêter rapidement toute consommation, avant et pendant la conception. À l’instar de fumer, boire est une addiction difficile à arrêter du jour au lendemain. Il est alors conseillé de diminuer petit à petit sa consommation ; cela aidera le bébé à se développer correctement.

Une fois que la partie toxique se développe dans le corps, on ne peut rien faire pour l’arrêter, d’où l’importance de sensibiliser le grand public : « C’est la première cause de déficience intellectuelle qui est évitable donc autant l’éviter ; ce ne sont que 9 mois d’efforts. Autant tout mettre de son côté pour que l’enfant se développe de façon harmonieuse… » , déclare à nouveau la Dr Samartzi.

Qui peut m’aider ?

Devenir parent relève d’un double défi. D’une part car ce n’est pas forcément inné et, d’autre part, parce qu’il faut traiter sa propre addiction. Une grossesse peut également ne pas être planifiée, voire découverte tardivement. Il est donc indispensable d’être bien informé.e en comptant sur un soutien bienveillant et un accompagnement pluridisciplinaire. Plus le soutien des professionnel.le.s survient tôt, plus rapidement la (future) maman pourra s’épanouir tout en réduisant, voire en arrêtant, sa consommation d’alcool. De cette prise de conscience et de l’aide apportée à la maman découlera la santé de l’enfant à naître. Dans la pratique, le.la professionnel.le est une personne ressource avec qui il est nécessaire d’instaurer un climat de confiance, du respect mutuel, un secret médical et avant tout une absence de jugement. Pour les mamans pour qui l’alcool est un moyen de diminuer le stress, il existe d’autres moyens totalement sain : la marche à pieds, du sport, s’allonger, écouter de la musique, prendre un bain, faire une sieste ou encore lire un livre.

→ Pour une aide psychologique 

Un mot sur la Tournée minérale

Initialement lancée par La Fondation contre le Cancer, la Tournée minérale prend sa source en 2017. Son objectif est d’encourager les Belges à ne pas boire d’alcool un mois durant. Suite à un succès national : plus de 120.000 personnes se sont inscrites pour la première édition. Les motivations des participant.e.s étaient d’avoir une meilleure santé, de surmonter un défi personnel – ou entre ami.e.s –, ou encore de découvrir les bienfaits d’un sevrage mensuel. Par la suite, l’événement a pris de l’ampleur avec près d’1,5 million de participant.e.s en Belgique. Depuis 2021, deux associations ont pris l’organisation de l’événement en main : le VAD/De Druglijn en Flandre et l’asbl Univers santé en Belgique francophone.

Samuel Walheer

Tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales : prenez part à la lutte !

Le 6 février, c’est la Journée Internationale de Tolérance Zéro à l’égard des Mutilations Génitales Féminines (MGF). Le GAMS et d’autres associations de lutte unissent leurs voix pour sensibiliser, informer et agir pour mettre fin aux MGF. Pour l’occasion, la projection du documentaire coup de point « Koromousso – Grande Sœur » aura lieu dans plusieurs villes du pays. En Europe, la campagne End FGM est lancée.

Comme expliqué sur le site du GAMS (Groupe pour l’Abolition des Mutilations sexuelles Féminines) :« En Belgique, plus de 35 000 filles et femmes sont concernées par les mutilations génitales féminines (MGF). Bien que le pays soit souvent cité en exemple pour ses efforts (prévalence, prise en charge multidisciplinaire, formations, protocoles hospitaliers), des défis importants demeurent, notamment pour mieux informer les familles venues par regroupement familial et renforcer la prévention et l’accompagnement en Flandre, une région sous-dotée en ressources dédiées à cette problématique. »

« Koromousso – Grande Sœur », documentaire coup de poing sur les MGF

La première diffusion de ce documentaire de Habibata Ouarmé, canadienne d’origine ivoiro-burkinabée et de son compagnon, Jim Donovan, s’est tenue en 2023 au Human Rights Watch Film Festival. Ils y suivent le parcours de reconstruction de femmes excisées. Habibata, devant la caméra, joue le rôle de grande sœur − de Koromousso − pour ces guerrières sur le chemin de la guérison. La chirurgie reconstructive est notamment évoquée au travers de Safieta Sawadogo, l’une des protagonistes du film. Cette avancée médicale permet aux femmes victimes d’excision de se réapproprier leur corps, leur sexualité et leur liberté.

Projection de « Koromousso – Grande Sœur » et débat à Bruxelles le 6 février à 18h45 au cinéma Vandôme (réserver ici)

L’excision en Belgique

En Belgique, contrairement au Canada (lieu du documentaire), l’opération de reconstruction est accessible et les démarches chirurgicales sont totalement remboursées. En effet, depuis le 1er mars 2014, la prise en charge de la reconstruction chirurgicale post-excision est totalement remboursée par la mutuelle en Belgique. Le Centre Médical d’Aide aux Victimes de l’Excision, CeMaViE, du CHU Saint-Pierre, est un lieu multidisciplinaire dédié à l’accompagnement des femmes avec des complications physiques, sexuelles et/ou psychologiques liées aux MGF. Le processus vers une guérison peut être long et fait remonter des traumatismes parfois ancrés de manière inconsciente. C’est pourquoi un suivi psychologique est nécessaire dès le départ. Le GAMS est aussi une référence pour l’accompagnement psycho-social, la prévention, la recherche et les conseils juridiques sur les MGF en Belgique et ce depuis 1996.

Campagne européenne End FGM

Participant à la campagne européenne End FGM, les membres du GAMS se sont exprimés au Sénat le 5 février 2025. Le thème de l’intervention : « Vers l’abandon de l’excision, pour une approche nationale coordonnée ». L’idée de la campagne est de coordonner les efforts de tous pour éradiquer l’excision en Europe (et partout dans le monde évidemment). C’est pourquoi plusieurs événements ont lieu dans divers pays afin de taper sur le clou. Sur le site de End FGM, on peut lire : « Cette semaine est l’occasion de réaffirmer notre engagement à mettre fin aux mutilations génitales féminines et de lancer notre campagne annuelle. Plusieurs événements rassemblent des défenseurs, des décideurs politiques, des professionnels et des jeunes activistes pour faire avancer la conversation, sensibiliser et pousser à une action significative pour mettre fin aux MGF !’

Podcast « Toutes entières »

Pour en savoir plus sur les actions du GAMS, un podcast appelé « Toutes entières » a été créé récemment. En plusieurs épisodes, les différents volets d’actions de l’association sont décrits et détaillés. L’épisode 6 nous intéresse particulièrement, car plusieurs spécialistes parlent notamment des ateliers de préparation à la naissance et du soutien offert par le GAMS aux femmes enceintes excisées, tant émotionnellement que pratiquement. Le suivi médical est le même que pour toute maman, mais il peut être renforcé si nécessaire en fonction de la situation de la femme. Des interventions médicales, en cas de séquelles spécifiques, peuvent faciliter la mise au monde du bébé. Un accompagnement psycho-social est parfois nécessaire, selon le ressenti et les besoins. En ce sens, le GAMS effectue un suivi spécialisé pour les mamans excisées : suivi de la grossesse, accompagnement psycho-social à la demande et préparation à la naissance. Les entretiens individuels de premier accueil et orientation ont lieu sur rendez-vous au siège social de Bruxelles.

Prendre rendez-vous dans les bureaux du GAMS à Bruxelles 

Sofia Douieb