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Bruxelles reconnaît enfin les violences gynécologiques et obstétricales

C’est officiel, le Parlement bruxellois reconnaît désormais les violences gynécologiques et obstétricales (VGO) comme « une réalité, un enjeu de santé publique et une violence fondée sur le genre. »  Le secteur et les femmes concernées attendaient cela depuis très longtemps et se réjouissent ainsi de l’adoption de cette résolution. 

Par ce vote, le Parlement bruxellois dit enfin clairement ce que des milliers de femmes vivent, souvent dans le silence : ce qui se passe dans un cabinet médical ou en salle d’accouchement peut aussi être une violence”, explique la députée Margaux De Re, à l’initiative de la mesure.

Une femme sur cinq concernée

Les violences gynécologiques et obstétricales recouvrent des réalités diverses : examens ou interventions réalisés sans consentement éclairé, actes médicaux non justifiés, infantilisation, propos humiliants, minimisation de la douleur ou absence d’écoute. Des pratiques qui peuvent laisser des traces durables, tant sur le plan physique que psychologique. En Belgique, une femme sur cinq déclare avoir subi des violences gynécologiques ou obstétricales et une femme sur trois décrit son accouchement comme une expérience traumatisante. Ce sont les chiffres alarmants posés par le terrain au sein de plusieurs études, dont celle publiée en 2021 par la Plateforme citoyenne pour une naissance respectée. L’association s’est basée, à l’époque, sur de nombreux témoignages de femmes ayant vécu des soins sans consentement, des gestes imposés ou des paroles dénigrantes.

Merci à toutes celles et ceux qui ont contribué à la visibilisation et à la reconnaissance des violences gynécologiques et obstétricales, encore trop taboues. La recherche et l’identification de cette forme de violence basée sur le genre constituent une étape cruciale pour faire évoluer les pratiques, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des établissements de soins. » – Plateforme citoyenne pour une naissance respectée (sur sa page Facebook)

Des violences qui touchent davantage les personnes vulnérables

Si ces violences concernent un large public, elles ne touchent pas tout le monde de la même manière. La députée Margaux De Ré, rappelle, dans un communiqué, que les femmes racisées, précaires, en situation de handicap ou en parcours migratoire y sont surexposées. Les personnes LGBTQIA+ rapportent, elles aussi, davantage de discriminations et de violences dans leur parcours de soins gynécologiques et obstétricaux. Autre rappel essentiel de Madame De Ré : « Si la maternité concentre une grande partie des pratiques dénoncées, les violences gynécologiques ne se limitent pas à l’accouchement. Elles peuvent survenir de la puberté à la ménopause, y compris chez les personnes qui ne sont pas mères. La lutte contre les VGO concerne donc l’ensemble du parcours de vie et de santé intime. »

Mettre des mots pour faire évoluer les pratiques

En reconnaissant officiellement ces violences, le Parlement bruxellois pose une étape clé : celle de nommer. Nommer pour sortir de l’omerta, pour légitimer la parole des victimes, et pour rappeler que le cadre médical n’exclut pas la possibilité de violences.

Cette reconnaissance formelle est une étape essentielle pour faire évoluer les pratiques et garantir à toutes les femmes des soins respectueux, dignes et fondés sur leurs droits”, ajoute encore Margaux De Re.

La résolution appelle notamment à plus de transparence sur les pratiques médicales, à une meilleure collecte de données, ainsi qu’à une prise en compte renforcée de la santé mentale périnatale. L’objectif : favoriser des soins respectueux, fondés sur le consentement, la dignité et les droits des patientes.

Le rôle essentiel des associations

Cette avancée n’aurait pas été possible sans le travail de longue haleine des associations, collectifs et professionnel.le.s engagé.e.s sur le terrain. Ce sont elles.eux qui recueillent les témoignages, accompagnent les victimes, forment, alertent et documentent les pratiques. Depuis des années, une lutte pour briser le silence autour des violences gynécologiques et obstétricales s’est largement engagée. Parmi les associations les plus actives, nous pensons bien sûr à la Plateforme citoyenne pour une naissance respectée, mais également au GAMS (Groupe pour l’Abolition des Mutilations Sexuelles féminines), qui a d’ailleurs relayé l’info sur les réseaux sociaux à l’aide d’une infographie. Sa conclusion : « L’expérience des femmes doit être reconnue et prise en compte dans toute sa globalité ». 

Violences obstétricales et gynécologiques : nouvelle formation pour les détecter et intervenir

« Je vois, j’agis. Intervenir en témoin de violences obstétricales » ; c’est le titre d’une toute nouvelle formation destinée aux professionnel.le.s du secteur périnatal. La Plateforme citoyenne pour une naissance respectée souhaite leur permettre de pouvoir réagir en cas de potentielles violences gynécologiques de la part d’un.e autre professionnel.le. Un manuel d’une centaine de pages a été rédigé en support de cette formation ; donnée pour l’instant à Bruxelles et à Liège. 

Face aux violences obstétricales et gynécologiques, la méthode « Je vois, j’agis » propose des outils concrets pour aider les témoins à sortir du silence. Développée par la Plateforme citoyenne pour une naissance respectée (PCNR), Femmes et Santé et Garance ASBL, elle invite à intervenir sur le moment ou après les faits, en interrompant un comportement problématique, en le nommant ou en ouvrant le dialogue, sans se focaliser sur les intentions mais sur l’impact réel du geste.

La formation

La PCNR indique sur son site que « cette formation a été conçue et co-construite avec divers acteurs·rices dont des professionnel·les concerné·es afin de proposer des pistes d’actions concrètes qui répondent directement aux besoins et expériences vécues sur le terrain. Elle est basée sur une méthode globale de prévention des violences basées sur le genre. Il est ainsi question de promouvoir et renforcer l’action individuelle et collective, y compris dans des situations marquées par des rapports de pouvoir et/ou hiérarchiques. »  Un manuel sera également distribué (et peut aussi être commandé par ailleurs) avec, d’une part, la théorie et le cadre juridique : pour comprendre les origines systémiques du phénomène, son lien avec les droits humains. Et d’autre part, les outils pratiques : vignettes inspirées de situations réelles, grilles d’analyse accessibles et pistes concrètes pour réagir individuellement ou collectivement.

→ S’inscrire à la formation à Bruxelles (last minute) ou à Liège.

Les stratégies d’interventions

Au cœur de cette approche : le soutien à la personne concernée. Se positionner clairement à ses côtés, assurer sa sécurité, écouter ses besoins et rappeler que la violence subie n’est jamais de sa faute. La méthode s’appuie sur le Système des drapeaux, une grille d’analyse qui permet d’évaluer objectivement le consentement, la contrainte, les rapports de pouvoir et l’impact d’un acte, tout en rappelant qu’intervenir est un droit (jamais une obligation) et que se protéger reste toujours légitime.

Nous souhaitons encourager toutes les personnes qui se sentent concernées et qui souhaitent prévenir les violences en leur disant : vous n’êtes pas seul·es. » PCNR

Vers le document/ outil mis à disposition par la PCNR pour avoir une idée succincte des stratégies d’interventions. 

Quelques mots sur la PCNR

La Plateforme pour une naissance respectée est un collectif regroupant des usagères, professionnel.le.s de la santé, associations, féministes. Elle rappelle le droit des femmes à choisir les circonstances de leur accouchement dans l’intérêt des nouveau-nés, des mères et de leur partenaire. Elle promeut l’empowerment des femmes au moment des grossesses, accouchements et post-partum. Elle défend l’accès à des services de santé de qualité et le droit des femmes à être actrices de leur grossesse, de leur accouchement et plus généralement de toutes les étapes de leur vie sexuelle et reproductive. Et enfin, elle soutient toutes les initiatives qui visent à défendre les acquis en matière de respect des diverses orientations sexuelles, de contraception, d’avortement et d’éducation sexuelle.

Une blouse innovante pour plus d’intimité lors des consultations gynécologiques

En France, une nouvelle invention, appelée Miaro, vient de voir le jour dans le domaine de la gynécologie. Une blouse pratique et réutilisable sera bientôt proposée aux patientes afin de mieux préserver leur intimité lors des consultations. Une initiative davantage symbolique que révolutionnaire à l’heure des dénonciations de plus en plus vives des violences obstétricales et gynécologiques. 

C’est en observant le malaise de ses filles lors d’examens médicaux que Rodolphe Cressonnier, ingénieur à Troyes, a eu l’idée de créer cette blouse gynécologique. Une invention qui révèle une question partagée par la majorité des femmes : pourquoi doivent-elles encore se dénuder presque entièrement pour des examens ciblés ?

Une réponse aux violences gynécologiques ?

Ces dernières années, la parole autour des violences obstétricales et gynécologiques s’est largement libérée. Examens pratiqués sans consentement clair, gestes brusques, paroles déplacées, infantilisation ou banalisation de la douleur : pour de nombreuses femmes, le parcours de soin est aussi un parcours de dépossession du corps. Dans ce contexte, la question de l’exposition imposée n’est pas anodine. Repenser la tenue médicale, c’est aussi reconnaître que le respect de l’intimité participe à la prévention de ces violences, ou du moins à leur prise de conscience.

L’importance de préserver l’intimité

Contrairement aux blouses médicales classiques, Miaro (« miharo » en malgache, signifiant protection) est modulable et enveloppante. Elle permet d’accéder uniquement aux zones nécessaires à l’examen, sans exposer le reste du corps. Une approche par « ouvertures ciblées », qui redonne à la patiente une forme de contrôle et de dignité. Selon son inventeur, interviewé par le journal Ouest-France,

Ce détail vestimentaire change profondément l’expérience du soin, en réduisant la sensation de vulnérabilité souvent associée aux consultations gynécologiques. »

Des bénéfices bien au-delà du confort

Sur le site de Miaro, on peut retrouver la liste des avantages de la blouse, qui sont autant psychologiques que pratiques : diminution de l’anxiété, sentiment de respect accru, meilleure relation de confiance avec le.la soignant.e. On peut lire : « La blouse est pensée pour s’adapter à toutes les morphologies et s’inscrit dans une démarche inclusive, tant dans sa conception que dans sa fabrication locale, impliquant des personnes en situation de handicap et un système de réutilisation durable. »

Déploiement de l’invention encore incertain

Son déploiement reste limité à des phases de tests dans certains services hospitaliers, et son adoption à grande échelle dépendra autant des institutions que des habitudes médicales. Au-delà de la gynécologie, le principe de cette blouse pourrait inspirer d’autres domaines médicaux où le corps est exposé : radiologie, soins post-opératoires, examens invasifs. Elle ouvre la voie à une réflexion plus large sur les vêtements médicaux comme outils de soin à part entière, capables de prendre en compte non seulement le corps, mais aussi l’histoire, la pudeur et la sensibilité de celles et ceux qui le portent.

→ En savoir plus sur cette blouse gynécologique 

Le secteur de la santé mentale périnatale en Région bruxelloise enfin cartographié !

La cartographie d’une bonne partie des organisations actives au sein du secteur de la santé mentale périnatale à Bruxelles est désormais disponible. Pour arriver à un tel résultat, Bru-Stars, le Réseau Bruxellois en Santé Mentale pour les Enfants et Adolescents, a collaboré avec de nombreux.ses professionel.le.s concerné.e.s, ainsi qu’avec notre plateforme Born in Brussels. En effet, les informations liées aux associations, hôpitaux ou services mentionnés viennent tout droit de notre base de données ; à retrouver sur le site bornin.brussels

   

Depuis plusieurs mois, l’équipe de Born in Brussels travaille en collaboration avec l’équipe de Bru-Stars à l’élaboration d’une cartographie (non exhaustive) à deux volets : le prénatal et les soins psychologiques pour les 0- 24 mois (et leurs parents). Elle est désormais disponible, à la fois sur notre plateforme ainsi que sur celui de notre partenaire.

Vers la cartographie en santé mentale périnatale

Dossier santé mentale périnatale

Sur Born in Brussels, un dossier intitulé « Santé mentale périnatale » vient d’être mis en ligne (la partie FR est terminée ; reste à peaufiner la partie NL). Il est ainsi rédigé en collaboration avec Bru-Stars et développé dans le cadre de la nouvelle politique en santé mentale. Son objectif ? Permettre aux professionnel.le.s de la périnatalité, ainsi qu’aux (futurs) parents – en particulier les femmes à risque de vulnérabilité–, de s’y retrouver parmi toutes les offres possibles en Région bruxelloise. Le dossier propose plusieurs sous parties comme : les addictions, les violences conjugales, le deuil d’un bébé, les différents spécialistes « à qui poser mes questions ? », ou encore un répertoire des acteurs de la santé mentale périnatale bruxellois (rassemblés dans la fameuse cartographie).

→ Pour consulter le dossier santé mentale périnatale

Trajet de soin des 1000 premiers jours

Comme le rappelle Bru-Stars sur son site : « Les rencontres organisées par le programme Crosslink 0-6 ans de Bru-stars ont permis d’élaborer ce projet. Nous tenons encore à remercier les participant·es aux divers groupes de travail pour leur implication et investissement. Cette cartographie du trajet de soin des 1000 premiers jours est donc créée par des professionnel·les, à destination des professionnel·les, et se présente comme un outil d’aide à l’orientation. Chaque service mentionné est en lien cliquable avec des fiches informatives rédigées et collectées sur la plateforme Born in Brussel ou vers des sites internet propres aux différentes institutions. En outre, cette cartographie à été réalisée selon le prisme de professionnel·les de terrain et est donc complémentaire à toute autre forme de répertoire du réseau de soin périnatal à Bruxelles. Loin d’être exhaustive, cette cartographie se veut évolutive grâce à l’apport constant des professionnel·les qui souhaiteraient y intégrer de nouveaux services. En ce sens, nous invitons les services à prendre contact avec nous. »

Contacter Bru-Stars ou Born in Brussels pour modifier une fiche 

Quelques mots sur Bru-Stars

Bru-Stars est le Réseau bruxellois de santé mentale pour enfants et adolescents (0 à 18 ans), développé dans le cadre de la nouvelle politique de santé mentale. Il soutient les professionnel.le.s de la petite enfance et de l’adolescence, notamment autour de la relation parent-bébé, de la détection et de l’intervention précoce des troubles psychiques (0-3 ans), et intervient en situation de crise aiguë via une équipe mobile pluridisciplinaire. Celle-ci agit en binôme ou trinôme dans le milieu de vie, en collaboration étroite avec les professionnel.le.s déjà impliqué.e.s, pour des suivis de courte durée (4 à 6 semaines). Bru-Stars développe également le programme Crosslink 0-6, visant à renforcer les échanges d’expertise intersectorielle autour de la santé mentale des jeunes enfants et de la parentalité fragile.

 

Congé de maternité des indépendantes : bientôt 15 semaines au lieu de 12 !

C’est une avancée majeure et longtemps attendue pour les familles : le congé de maternité des travailleuses indépendantes passera de 12 semaines à 15 semaines. L’annonce a été faite le 6 janvier dernier par Éléonore Simonet, ministre des Classes moyennes, des Indépendants et des PME, dans le cadre de son plan de soutien aux indépendants, qui accorde une attention particulière à l’entrepreneuriat féminin.

Sur notre site bornin.brussels, au sein de la rubrique Droits et Démarches, une série d’articles permettent notamment d’en savoir plus sur le congé de maternité des indépendantes ; celui-là même dont la durée devrait bientôt être allongée. Par exemple : À quelles conditions ai-je droit à un congé de maternité ? ;  Quelles démarches dois-je faire pour avoir droit à un congé de maternité ? ; etc.

{Communiqué de la Ligue des familles}

Non plus 12 mais 15 semaines

Cette décision marque une victoire importante obtenue grâce au combat de la Ligue des familles, qui dénonçait depuis des années une inégalité flagrante entre mères. Jusqu’ici, les mères indépendantes n’avaient droit qu’à 12 semaines de congé de maternité, contre 15 semaines pour les mères salariées.

 Concrètement, un bébé dont la mère est indépendante passait moins de temps avec sa maman qu’un enfant dont la mère est salariée », explique Céline Cocq, chargée d’études à la Ligue des familles. « Il n’était vraiment plus acceptable que certaines mères – et donc leurs bébés – soient pénalisées en raison de leur statut professionnel. »

Une mesure largement attendue par les mères

L’allongement du congé de maternité répond à une attente très forte des mères indépendantes. « Selon une récente enquête nationale de la Ligue des familles, 70 % d’entre elles placent l’allongement du congé de maternité parmi leurs top priorités » indique Céline Cocq.

Les données récentes de l’INAMI confirment également la réalité du terrain : 85 % des travailleuses indépendantes utilisent l’intégralité des 12 semaines de congé auxquelles elles ont actuellement droit.

Pas encore en application 

Le calendrier de mise en application de cette mesure n’a pas encore été précisé. La Ligue des familles restera particulièrement attentive à la mise en place concrète de l’allongement du congé de maternité des mères indépendantes, et plus généralement à la future réforme des congés familiaux prévue par le gouvernement fédéral.

Notons encore que les nombreux changements réalisés ou en préparation rendent compliqué pour les parents d’obtenir une information fiable sur leur droits en matière de congés parentaux. La Ligue des familles a lancé en 2025 Allo Info Parents, un service gratuit qui permet à ses membres d’obtenir des réponses concrètes, personnalisées et adaptées à leur situation familiale. 

Les conditions restent les mêmes

Si la durée du congé varie, ce n’est pas le cas des conditions qui y sont liées :

  • Vous pouvez prendre vos semaines facultatives de manière fractionnée. Cela veut dire que vous n’êtes pas obligée de les prendre toutes en un coup.
  • Après les 2 semaines de congé postnatal obligatoire, vous pouvez alterner semaines de travail et semaines de repos.
  • Par exemple, vous pouvez reprendre le travail une semaine, puis prendre une semaine de congé facultatif, puis reprendre le travail, etc.
  • Vous pouvez aussi prendre vos semaines facultatives à mi-temps : vous travaillez à mi-temps et vous êtes en repos de maternité l’autre mi-temps. Le montant de vos indemnités de maternité est divisé en 2.
  • Vous devez cependant prendre des blocs d’une ou plusieurs semaines (blocs de 7 jours). Vous ne pouvez pas diviser ces blocs en jours.
  • De plus, vous devez prendre ce repos facultatif dans les 36 semaines qui suivent les 2 semaines de congé postnatal obligatoire.

 → En savoir plus sur les conditions via notre page sur bornin.brussels