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Trouver son chemin de résilience après un deuil périnatal (portrait)

Comment se relever après le décès d’un enfant ? Comment traverser une telle épreuve et continuer à vivre, malgré l’immense déchirement ressenti ? Pour Véronique Willems, confrontée à la perte de son fils de quatre mois – Émile –, la parole et l’écriture ont été ses bouées de sauvetage. Elle n’a pas eu d’autre choix que de crier sa douleur autour d’elle, comme un instinct de survie, au sein de sa famille, dans des groupes de parole et finalement au travers de ses livres pour enfants. Un chemin de résilience qui force le respect et que Born in Brussels a voulu mettre à l’honneur par ce portrait. 

Quatre des livres de Véronique Willems aux éditions Pompon et Mimosa – Photo : Sofia Douieb

 

Il est 10 h 30 et ce café du centre-ville est déjà bondé. On entend les tasses s’entrechoquer du côté du bar et le brouhaha des conversations s’élever dans la salle. Véronique est pile à l’heure. Elle hésite un instant, puis vient s’installer. « On se fait une idée des gens et puis quand on les rencontre, ce n’est pas du tout pareil », remarque-t-elle avant même de s’asseoir. Âgée de tout juste cinquante ans, cette femme joviale et souriante a déjà les yeux brillants. Elle sort immédiatement de son sac une pile de livres ; ses livres. Parce que Véronique est autrice et illustratrice, avec déjà plus de cinq ouvrages à son actif. L’an dernier, elle lançait sa propre maison d’édition – Pompon et Mimosa – afin de donner plus de poids à ses mots et pour aider davantage de familles à traverser l’épreuve du deuil.

« Il fallait trouver les bons mots pour lui expliquer »

Cela fait 12 ans que son petit Émile s’en est allé d’une « cardiopathie congénitale », une malformation du cœur qui touche un enfant sur 100 à la naissance. Il s’est fait opérer plusieurs fois, donnant de l’espoir à ses parents, pour finalement s’éteindre à quatre mois et huit jours d’une insuffisance cardiaque. Derrière lui, il laisse un vide immense, des parents inconsolables et un grand frère de trois ans, James, qui ne comprend pas pourquoi son petit Mimile, comme ils l’appelaient, ne rentre pas à la maison.

J’étais démunie par ses questions et je ne trouvais aucun bouquin dont les mots résonnaient vraiment en moi. J’ai alors eu l’idée d’écrire mon propre ressenti, avec les phrases et les illustrations qui me correspondaient et que j’avais envie de transmettre à mon fils. Car il fallait trouver les bons mots pour lui expliquer ; sans lui dire, par exemple, que son frère était simplement « parti » pour éviter qu’il l’attende… » 

C’est ainsi qu’est né le premier livre de Véronique : « Poussinou s’en est allé ». Le deuxième, « Poussinou des étoiles », suivra quelques années après, au moment où l’autrice accouche de son troisième enfant (et puis de son quatrième). Il s’agit alors de parler aux enfants d’après ; ceux qui n’ont pas connu le frère décédé, mais qui doivent pourtant vivre avec son fantôme. « On les appelle « Les enfants arc-en-ciel », précise l’autrice, car ils apparaissent après la tempête… » Elle en est particulièrement fière, car ces deux livres-là sont maintenant des références dans les outils proposés par les associations qui accompagnent les familles endeuillées.

Savoir que ces livres aident concrètement et réellement des fratries endeuillées à mettre des mots sur leurs questions, leur manque, leur colère et leurs émotions m’a permis, d’une certaine manière, de donner un autre sens à ma vie et, de ce fait, de donner un sens à la mort d’Émile, qui n’en a aucun. »

Se faire aider, parler, échanger… pour survivre

Véronique Willems, autrice et illustratrice

Cette résilience et cette force, Véronique a pu les trouver grâce à différentes sources de soutien. Son compagnon, tout d’abord, a réagi de façon assez similaire à elle. Ils avaient tous les deux besoin de parler, de déverser leur chagrin, de s’entourer de leurs proches pour traverser cette épreuve.

Nous avons eu de la chance dans notre malheur, car nous sommes toujours restés soudés avec Mika. Nous avons parlé à tout le monde : famille, professionnel.le.s, autres parents endeuillés… La parole était impérative pour sortir tout ce chagrin et cette douleur qui nous tiraillaient. »

Parmi le corps médical, une psychologue (et amie du couple) les a particulièrement aidé à y voir plus clair durant les premiers mois de deuil. Claire Van Pevenage est psychologue clinicienne à l’Hôpital des Enfants de Bruxelles (dans les services de cardiologie, soins intensifs pédiatriques et soins palliatifs). Elle a également accepté d’apporter son expertise sur le deuil périnatal et l’accompagnement des fratries au sein des postfaces des deux premiers « Poussinous ».

Enfin, le groupe de parole Parents Désenfantés leur a permis de se sentir moins seuls. « Tout le monde dans ce groupe avait perdu un enfant d’une manière ou d’une autre et il était bon de pouvoir échanger ensemble, en toute confiance et transparence. Car on a vraiment l’impression d’être en décalage avec le monde entier quand ça nous arrive ; comme si personne ne pouvait vraiment comprendre. L’étiquette de « mère endeuillée » est d’ailleurs difficile à porter les premières années. »

« T’attendre » : le petit dernier

Véronique boit une gorgée de son café et sourit. Elle attrape un de ses livres en déclarant un peu plus fort, comme pour rompre le chagrin encore bien présent malgré les années : « Et voici donc le petit dernier ». « T’attendre » parle d’une autre douleur qu’un enfant peut parfois traverser : l’absence – volontaire ou non – d’un parent. Sous forme de questions suspendues, le récit, parfois empreint de silence, permet à l’autre parent d’aborder la question en douceur.

Ce livre commence à faire son petit chemin de référence au sein des associations qui œuvrent autour de la prévention du suicide et auprès des familles monoparentales dont l’un des parents est parti. »

Et comme pour les autres ouvrages, l’idée est qu’une fois lu, le livre rangé dans la bibliothèque puisse être repris par l’enfant à chaque fois qu’il souhaitera parler du sujet. Car Véronique l’a bien compris, la clé pour apaiser les douleurs du deuil ou de l’absence est avant tout de les exprimer. Communiquer sur ce qui fait mal pour pouvoir continuer à vivre ; « pour que les vagues du manque s’espacent un peu plus chaque jour », finit par exprimer l’autrice, les yeux toujours aussi brillants qu’à son arrivée.

Sofia Douieb

 

→ Commander les livres de Véronique Willems sur le site internet des Éditions Pompon et Mimosa (Le livre « Nuit » fait partie d’une collection plus « légère » de la maison d’édition, où l’on parle de la peur du noir chez les enfants)

→ À savoir : Pompon et Mimosa ne publie que deux ou trois livres par an, mais va s’ouvrir à d’autres auteur.rice.s et illustrateur.rice.s, tout en gardant l’orientation un peu atypique de la maison qui est d’accompagner l’enfant, avec ce support de tendresse, dans les blessures qu’il traverse (collection Mots Sur Maux) ou dans les moments plus délicats de sa vie (collection Petits Soleils). Avis aux amateur.rice.s !

À 54 ans, elle accouche grâce à un embryon congelé depuis 22 ans : jusqu’où peut-on repousser l’âge de la PMA ?

En Grèce, une femme de 54 ans vient de donner naissance à une petite fille issue d’un embryon congelé depuis plus de 22 ans. Une histoire exceptionnelle, survenue après le décès accidentel de son premier enfant, qui relance aussi une question : jusqu’à quel âge peut-on avoir recours à une procréation médicalement assistée (PMA) ? En Belgique, la loi fixe des limites précises.

Le 9 septembre 2026, Cristina Rapti-Tzelepi, 54 ans, a donné naissance à une petite fille à Athènes, en Grèce. Le bébé, prénommé Georgia en hommage à son frère décédé Giorgos, est issu d’un embryon créé en 2004 et conservé par cryoconservation pendant plus de 22 ans. En 2004, Cristina et son mari avaient eu recours à une fécondation in vitro (FIV). Leur premier enfant était né à la suite de cette tentative. En octobre 2025, alors âgé de 21 ans, il est décédé dans un accident de la route. Après ce décès, ses parents ont décidé d’utiliser l’un des embryons qui avaient été conservés plus de 20 ans plus tôt. Le transfert embryonnaire a été réalisé en décembre 2025 et la grossesse a abouti à la naissance de Georgia.

Nous avons décidé de donner une seconde chance à la vie, de prendre un nouveau départ, d’apporter une nouvelle vie dans notre maison et de poursuivre l’histoire de notre famille », a expliqué Cristina Rapti-Tzelepi à l’Associated Press.

Une course contre la limite d’âge

Cette naissance a également été rendue possible par un calendrier particulièrement serré. En Grèce, les femmes doivent avoir terminé leur parcours de FIV dans la limite d’âge fixée par la législation. Cristina Rapti-Tzelepi avait 54 ans et ne disposait que de quelques mois pour mener son projet à bien.

« Je n’avais qu’une fenêtre de deux mois et demi », précise-t-elle encore à l’Associated Press. « C’était stressant, mais avec ma force intérieure et notre médecin et toute son équipe à nos côtés, nous avons surmonté tous les obstacles. »

Son gynécologue, Kostas Pantos, qui dirige également la Hellenic Society of Reproductive Medicine, estime que cette limite devrait être réexaminée. « La loi est très stricte : 54 ans et un jour, ce n’est pas autorisé. Peut-être est-il temps qu’elle change », a-t-il déclaré au sein du même reportage. Le médecin estime notamment que l’accès à la PMA ne devrait pas être automatiquement exclu en raison de l’âge.

Pourtant, les professionnel.le.s de santé soulignent qu’avec l’avancée en âge, les grossesses sont notamment davantage exposées à certaines complications obstétricales, comme l’hypertension artérielle et la prééclampsie ou encore le diabète gestationnel. Les limites d’âge de la PMA prennent donc en compte plusieurs paramètres médicaux et pas uniquement la capacité à obtenir un embryon viable.

Une naissance exceptionnelle, mais pas un record

La conservation d’un embryon pendant plus de 22 ans est inhabituelle, mais il ne s’agit pas du plus long délai jamais rapporté. En 2025, aux États-Unis, un enfant est né à partir d’un embryon conservé pendant plus de 30 ans. Dans ce cas, l’embryon avait été donné à un autre couple dans le cadre d’un programme d’« adoption d’embryons ». L’histoire grecque illustre donc surtout les possibilités offertes aujourd’hui par la cryoconservation : un embryon peut être conservé pendant de très nombreuses années avant d’être éventuellement transféré.

Ce que dit la loi en Belgique

En Belgique, une naissance dans les mêmes circonstances ne pourrait pas avoir lieu à 54 ans. La loi du 6 juillet 2007 relative à la procréation médicalement assistée fixe des limites d’âge pour accéder à la PMA. Une demande de recours à la PMA doit être introduite avant le 46e anniversaire de la femme et l’implantation d’un embryon ne peut pas être réalisée à partir du 48e anniversaire. Autrement dit, une femme de 54 ans ne pourrait pas, en Belgique, demander le transfert d’un embryon qui aurait été conservé lorsqu’elle était plus jeune. Ces limites concernent l’âge de la femme au moment du projet de PMA et du transfert embryonnaire. Elles ne sont donc pas supprimées parce que l’embryon a été créé à un âge plus jeune.

La loi belge prévoit une durée de cryoconservation des embryons pendant cinq ans. Cette durée peut toutefois être prolongée dans certaines circonstances particulières, à la demande des auteur.rice.s du projet parental et avec l’accord du centre de fécondation. La loi prévoit notamment que les embryons dits « surnuméraires » peuvent être conservés en vue d’un projet parental ultérieur. Une conservation de très longue durée n’est donc pas, en elle-même, comparable à la possibilité de transférer cet embryon à n’importe quel âge. En Belgique, la durée de conservation et l’âge auquel l’embryon peut être transféré sont deux questions distinctes.

Faut-il revoir les limites d’âge de la PMA ?

C’est la question que cette naissance grecque remet sur la table. Faut-il fixer une limite d’âge uniforme ? Faut-il plutôt évaluer individuellement l’état de santé de chaque femme ? La conservation d’ovocytes ou d’embryons à un âge plus jeune doit-elle permettre d’envisager une grossesse plus tardive ? Et jusqu’où le principe d’autonomie reproductive peut-il aller face aux risques médicaux liés à l’âge ? En Belgique, la législation date de 2007. Depuis, les techniques de congélation ovocytaire et embryonnaire ont évolué, tout comme les pratiques médicales et les parcours de parentalité. La naissance de Georgia ne permet évidemment pas, à elle seule, de conclure qu’une grossesse à 54 ans est sans risque ou que les limites légales doivent être supprimées. Mais elle pose une question devenue de plus en plus concrète : l’âge de la mère au moment du transfert doit-il rester le principal critère lorsque l’embryon, lui, a été créé à partir d’ovocytes beaucoup plus jeunes ?

Sofia Douieb

Grossesse, naissance, petite enfance : les professionnel.le.s bruxellois.es renforcent leurs collaborations

En 2025, 21 rencontres autour de la périnatalité – organisées par l’asbl Brusano – ont réuni des centaines de professionnel.le.s à Bruxelles. L’objectif : mieux se connaître et mieux travailler ensemble pour accompagner les femmes enceintes, les enfants et leurs familles.

©Brusano – MatildeGony_Switchasbl

 

Qui accompagne une future maman lorsqu’elle rencontre une difficulté sociale ? Vers qui peut-elle être orientée si elle a besoin d’un soutien psychologique ? Comment les professionnel.le.s de la santé, du social ou des hôpitaux peuvent-ils mieux se transmettre les informations utiles ? C’est notamment autour de ces questions que Brusano organise des rencontres entre professionnel.le.s. Pour rappel, Brusano est une structure d’appui qui rassemble et met en lien les acteur.rice.s de l’aide et des soins, afin de favoriser une meilleure collaboration autour des personnes et des familles. Son rapport d’activités 2025 vient tout juste d’être révélé.

Créer des liens entre professionnel.le.s de la périnatalité

Pour la périnatalité, ces rencontres sont organisées au sein des cinq bassins d’aide et de soins à Bruxelles. L’idée est simple : réunir des professionnel.le.s qui travaillent sur un même territoire, mais qui ne se connaissent pas toujours ou qui n’ont pas souvent l’occasion d’échanger. En 2025, 21 rencontres, soit quatre à cinq par zone, ont ainsi réuni des centaines de professionnel.le.s.

Pour Brusano, il s’agit des « premiers espaces de rencontres social-santé organisés à l’échelle de chaque bassin de manière structurelle à Bruxelles ». Ces rencontres répondent aussi à « une forte demande du terrain ».

Des préoccupations communes, mais aussi des réalités locales

Ces échanges permettent de mieux comprendre ce que vivent les professionnel.le.s sur le terrain. Certaines préoccupations reviennent dans plusieurs quartiers de Bruxelles : les violences au sein de la famille, les difficultés de logement, la précarité ou encore la santé mentale. Mais les discussions montrent aussi que les besoins ne sont pas exactement les mêmes partout. Dans certaines zones, les professionnel.le.s ont davantage parlé des violences obstétricales ou de la petite enfance. Dans d’autres, l’accompagnement psychologique, le logement ou la précarité ont occupé une place importante.

Les rencontres cherchent ainsi à construire une réponse « ancrée dans les réalités locales », pour « adapter les réponses aux besoins concrets des familles et des professionnel.le.s qui les accompagnent », peut-on lire au sein du rapport.

Et les 1000 premiers jours dans tout ça ?

Ces échanges sont aussi l’occasion de faire avancer le programme interfédéral des 1000 premiers jours, qui vise à renforcer l’accompagnement des familles dès la grossesse et jusqu’aux premières années de l’enfant. À Bruxelles, le programme s’appuie notamment sur Born in Belgium, un outil qui permet aux professionnel.le.s d’identifier certaines situations de vulnérabilité et de mieux coordonner l’accompagnement. Quatre types d’interventions sont prévus : le dépistage, la consultation prénatale, la coordination et la concertation.

Sur le terrain, les professionnel.le.s cherchent encore la meilleure manière de faire fonctionner ces différents éléments ensemble. Le rapport de Brusano évoque ainsi la nécessité de trouver un équilibre entre « la mise en réseau (interconnaissance), la répartition des rôles et l’opérationnalité du programme des 1000 premiers jours ».

Adapter les outils aux réalités des familles

Les rencontres permettent, finalement, de faire remonter des difficultés très concrètes. Par exemple, certains professionnel.le.s qui jouent un rôle important auprès des familles ne disposent pas d’un numéro INAMI. Leur permettre de participer au partage sécurisé d’informations pourrait faciliter la communication entre les différents intervenant.e.s.

L’objectif est notamment d’améliorer « la communication interprofessionnelle et la coordination autour de la personne enceinte, de l’enfant et de la famille ».

Pour Brusano, il reste primordial de renforcer la confiance autour du programme des 1000 premiers jours et de mieux expliquer son intérêt aux professionnel.le.s. Les échanges de terrain doivent ainsi continuer à nourrir son évolution. Avec ces 21 rencontres en 2025, l’enjeu est finalement assez concret : permettre aux professionnel.le.s qui entourent une famille, parfois dans des secteurs très différents, de mieux se connaître pour pouvoir plus facilement travailler ensemble.

→ Lire la synthèse 2025 de Brusano sur les rencontres en périnatalité

Sofia Douieb

 

Allaitement difficile : les antibiotiques en cas de mastite devraient pouvoir être évités

Et si certaines bactéries pouvaient aider à en combattre d’autres ? Une start-up danoise nommée Mastitia développe actuellement une nouvelle approche contre la mastite, cette inflammation douloureuse du sein qui touche de nombreuses femmes pendant l’allaitement. Pour avancer dans ses recherches, l’entreprise s’appuie notamment sur une impressionnante collection de bactéries lactiques constituée par l’Université d’Anvers.

L’allaitement peut parfois être mis à rude épreuve par la mastite. Cette inflammation du sein, souvent douloureuse et parfois accompagnée de fièvre ou d’un état grippal, toucherait environ une femme allaitante sur quatre, selon Mastitia et l’Université d’Anvers. Chez près de quatre femmes concernées sur dix, elle contribuerait même à un arrêt plus précoce de l’allaitement. Un enjeu d’autant plus important que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) recommande un allaitement exclusif pendant les six premiers mois de vie, puis sa poursuite parallèlement à l’introduction d’une alimentation complémentaire jusqu’à l’âge de deux ans ou au-delà.

→ Lire notre page « Problèmes d’allaitement »

Miser sur le microbiome

Aujourd’hui, des antibiotiques peuvent être prescrits lorsqu’une mastite bactérienne le nécessite. Mastitia cherche toutefois à développer une approche différente, fondée sur le microbiome, c’est-à-dire l’ensemble des micro-organismes vivant naturellement dans et sur notre corps. L’idée peut sembler paradoxale : utiliser des bactéries pour lutter contre une infection bactérienne. Mais toutes les bactéries ne sont pas nocives. Certaines jouent au contraire un rôle protecteur et peuvent empêcher des micro-organismes indésirables de proliférer.

Nous travaillons actuellement à une alternative efficace et respectueuse du microbiome », explique à Belga Emilie Glad Bak, responsable de la recherche chez Mastitia. « Nous entendons exploiter les propriétés protectrices de bactéries bénéfiques présentes naturellement dans le microbiome féminin. »

L’objectif est double : proposer à terme une nouvelle option contre les mastites et réduire le recours aux antibiotiques lorsqu’ils ne sont pas indispensables. Mastitia inscrit également cette recherche dans la lutte plus large contre l’antibiorésistance (résistance aux antibiotiques).

Plus de 1.000 souches étudiées à Anvers

Pour développer cette piste, l’entreprise danoise collabore avec l’équipe de la professeure Sarah Lebeer, spécialiste du microbiome à l’Université d’Anvers. Au fil des années, son laboratoire a constitué une collection de plus de 1.000 souches différentes de lactobacilles, des bactéries lactiques que l’on retrouve notamment dans l’intestin, le vagin, la bouche ou sur la peau. Les chercheur.euse.s étudient les molécules bioactives produites par ces micro-organismes, dont certaines peuvent avoir une action comparable à celle d’« antibiotiques naturels ». Cette biobanque a permis d’identifier une souche présentant un intérêt particulier pour le projet Mastitia et de la mettre à disposition de l’entreprise.

Les chercheur.euse.s anversoi.se.s travaillent également sur la manière de rendre ces bactéries suffisamment stables pour pouvoir être intégrées, à terme, dans un véritable produit thérapeutique. Il faut notamment pouvoir ralentir leur activité et prolonger leur durée de conservation, une étape nécessaire avant d’envisager une autorisation par les autorités compétentes.

Une piste prometteuse, mais encore en développement

Mastitia, sur son site, estime que « plus de 30 millions de nourrissons pourraient être exposés chaque année à des antibiotiques via le traitement de leur mère contre une mastite. » L’entreprise souhaite donc développer une solution qui préserve davantage le microbiome de la mère et de l’enfant.

La prudence reste toutefois de mise : il s’agit pour l’instant d’une technologie en cours de développement, et non d’un nouveau traitement déjà disponible pour les patientes. La collaboration entre Mastitia et l’Université d’Anvers marque néanmoins une étape supplémentaire. La jeune entreprise danoise devient par ailleurs une spin-off de l’UAntwerpen, qui apporte au projet son expertise dans le domaine des lactobacilles et du microbiome féminin.

Cette recherche illustre surtout une évolution plus large de la médecine : plutôt que d’éliminer indistinctement les bactéries, les scientifiques cherchent de plus en plus à comprendre comment certaines d’entre elles peuvent être utilisées pour protéger ou rééquilibrer notre microbiome. Une approche qui pourrait, à terme, faciliter la prise en charge de la mastite et permettre à davantage de mères qui le souhaitent de poursuivre leur allaitement.

Partagé par Sofia Douieb

Se former aux premiers secours sur un nourrisson, ou comment lui sauver la vie

En cette journée mondiale des premiers secours, Born in Brussels souhaite encourager les (grands-) parents à se former le plus vite possible après la naissance de leur enfant. Connaître les bons gestes pour le secourir sans hésitation peut lui sauver la vie. À Bruxelles, plusieurs formations existent, spécifiquement pour venir au secours des bébés ou des jeunes enfants. 

À Liège, les 12 et 13 septembre, la Croix-Rouge de Belgique organise un grand événement à l’occasion de cette journée mondiale : le grand défi des premiers secours. L’objectif, selon les organisateurs :

Former le plus grand nombre de personnes possible au brevet européen des premiers secours (BEPS), au même endroit, le même week-end. Parce que plus il y a de personnes formées, plus il y a de vies sauvées. Le BEPS vous donne les bons réflexes pour protéger vos proches et réagir efficacement face aux urgences du quotidien.

Situations urgentes possibles

Un bébé est fragile, dépendant et vulnérable par définition. Plusieurs situations à risques peuvent survenir et apprendre à y faire face semble essentiel.

  • Mort subite du nourrisson (arrêt cardio- respiratoire)
  • Détresses respiratoires : liées à l’inhalation d’un corps étranger, à une laryngite, à une bronchiolite, à un crise d’asthme
  • Méningites et infections bactériennes sévères
  • Convulsions
  • Réactions allergiques avec gonflement du visage et difficultés respiratoires
  • Accidents : absorption de produits toxiques, intoxication au CO, plaies, morsures, brûlures, chute…

→ Consulter notre page : Prévention et protection de bébé des accidents domestiques

Comment réagir en cas d’accident domestique ou d’urgence ?

La première réaction à observer lors d’une situation d’urgence est de garder son calme afin de correctement évaluer la situation. Si elle est effectivement critique et pourrait nuire à l’enfant, il est impératif d’alerter les secours au numéro 112 et de suivre leurs instructions au téléphone. Pendant ce temps, et seulement si l’adulte est en capacité de le faire ou a suivi une formation adaptée, les premiers secours peuvent faire la différence. Enfin, il faut ensuite surveiller l’évolution de l’enfant une fois qu’il est hors de danger.

Les numéros d’urgence à Bruxelles

Où se former ?

Certaines formations aux premiers secours pédiatriques sont obligatoires pour les professionnel.le.s de la petite enfance. Des ateliers sont aussi destinés aux parents et proches de jeunes enfants. On y apprend par exemple à réagir en cas de chute de l’enfant, de plaie, de convulsions, de brûlure, ou de suffocation, ainsi que les techniques de réanimation.

→ Réa bébé : initiation à la réanimation pédiatrique (Croix-Rouge)

→ Premiers soins pédiatriques | Pelican Brussels

→ Premiers secours pour bébés et jeunes enfants | Colruyt Group Academy

 

Sofia Douieb