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Au Danemark, la prise de risques fait partie de l’éducation : une étude en révèle les bénéfices

Selon une étude menée par la psychologue danoise Marie Helweg-Larsen, le style parental plus détaché pratiqué au Danemark pourrait contribuer à développer des enfants plus résilients, autonomes et confiants. Dans ce pays régulièrement cité parmi les meilleurs au monde pour le bien-être des enfants, les parents encouragent davantage le jeu libre et la prise de risques mesurés, une approche qui contraste avec les modèles éducatifs plus protecteurs observés ailleurs.

Le Danemark figure régulièrement en tête des classements internationaux du bonheur et du bien-être des enfants. Si les politiques publiques généreuses, l’accès universel aux soins de santé ou encore les investissements dans l’éducation expliquent en partie ces résultats, la manière d’élever les enfants pourrait également jouer un rôle.

« En tant que Danoise d’origine et psychologue, j’ai étudié la manière dont le style parental plus détaché pratiqué au Danemark pourrait être l’une des clés pour élever des enfants plus résilients et autonomes », explique Marie Helweg-Larsen dans son article publié au sein du média « The Convention ».

Le jeu libre au cœur de l’apprentissage

L’une des particularités de l’éducation danoise réside dans l’importance accordée au jeu libre, explique la psychologue. La langue danoise distingue d’ailleurs deux formes de jeu : « leg », qui désigne le jeu libre et spontané, et « spille », qui renvoie aux activités régies par des règles préétablies, comme le football ou les échecs. Selon les recherches citées par Marie Helweg-Larsen, le jeu libre favorise :

  • le développement de compétences essentielles telles que la créativité,
  • la résolution de problèmes,
  • la coopération
  • la capacité à négocier avec les autres enfants.

Dans ces situations, les adultes interviennent peu et les enfants apprennent à gérer eux-mêmes les conflits et les imprévus.

Les bénéfices du « jeu à risque »

L’étude s’intéresse également à une pratique largement répandue dans les pays nordiques : le jeu à risque. Celui-ci consiste à permettre aux enfants de s’engager dans des activités stimulantes comportant un certain degré de danger maîtrisé, comme grimper en hauteur, construire des cabanes avec des outils, faire du vélo ou explorer leur environnement de manière autonome. Les travaux de la chercheuse norvégienne Ellen Beate Hansen Sandseter, pionnière dans ce domaine, montrent que ces expériences permettent aux enfants de développer leur autonomie et leur capacité à évaluer les risques. D’autres recherches suggèrent également que ce type de jeu favorise la santé mentale en renforçant la résilience et la gestion des émotions.

Risques positifs et risques négatifs

Marie Helweg-Larsen insiste toutefois sur la nécessité de distinguer les risques positifs des risques négatifs. Un risque positif est un défi que l’enfant est capable d’identifier et qu’il choisit lui-même de relever. Il peut s’agir, par exemple, de grimper plus haut qu’à son habitude ou d’essayer une nouvelle activité physique. Dans ce contexte, l’enfant apprend à gérer la peur, l’incertitude et l’échec éventuel. À l’inverse, un risque négatif correspond à une situation dont il ne peut pas mesurer les conséquences, faute d’expérience ou de connaissances suffisantes.

L’objectif n’est donc pas de mettre les enfants en danger, mais de leur permettre d’explorer progressivement leurs limites dans un cadre sécurisé.

Une confiance plus grande envers les capacités des enfants

Pour mieux comprendre les différences culturelles, une étude a comparé les réactions de mères danoises et américaines face à des images montrant des enfants engagés dans diverses activités potentiellement risquées, comme grimper à un arbre ou utiliser une scie. Les résultats montrent que les mères danoises se déclarent généralement plus à l’aise avec ces situations. Plusieurs expliquent même accompagner leurs enfants dans l’apprentissage de certaines activités considérées comme risquées. Certaines structures d’accueil danoises apprennent ainsi aux enfants à utiliser un couteau aiguisé ou à manier certains outils sous supervision.

Selon Marie Helweg-Larsen, cette différence repose sur une vision particulière de l’enfance : « Les parents danois considèrent leurs enfants comme naturellement compétents », explique-t-elle. « Ils ont davantage tendance à faire confiance aux capacités de leurs enfants pour affronter les difficultés et apprendre de leurs expériences. »

Une approche qui a aussi ses limites

La psychologue souligne néanmoins que cette philosophie éducative ne doit pas être assimilée à une permissivité totale. Certaines recherches montrent par exemple que les adolescent.e.s danois.e.s consomment davantage d’alcool que la moyenne européenne et que les enfants y accèdent souvent très tôt aux smartphones. Ces observations rappellent que tous les risques ne produisent pas les mêmes effets. Si le jeu à risque semble bénéfique pour le développement de l’autonomie et de la confiance en soi, d’autres formes de permissivité peuvent entraîner des conséquences négatives sur la santé ou le bien-être.

Pour Marie Helweg-Larsen, l’enjeu est donc moins de supprimer tous les risques que d’aider les enfants à apprendre à les gérer. Les expériences qui permettent de faire face à l’échec, à l’incertitude ou à la peur pourraient constituer des apprentissages essentiels tout au long de la vie.

Une culotte 3-en-1 pour mieux vivre le post-partum : l’innovation de quatre futures sages-femmes

Soulager les douleurs, améliorer le confort et offrir une protection adaptée durant le post-partum : c’est l’objectif du projet Les Culottées, imaginé par quatre étudiantes sages-femmes de l’Hénallux (Haute École de Namur-Liège-Luxembourg). Leur culotte menstruelle 3-en-1, conçue pour accompagner les femmes pendant les menstruations mais aussi après l’accouchement, poursuit aujourd’hui son développement après avoir remporté le prix du public au concours européen Gen-E.

On a lancé cette initiative pour répondre à un besoin réel observé chaque jour : accompagner les femmes souffrant de douleurs menstruelles ou post-partum avec des solutions pratiques, confortables et respectueuses de leur santé. » , explique l’équipe Les Culottées à la Fondation Génération Futures.

Une réponse à un besoin observé sur le terrain

Le projet Les Culottées est né d’un constat réalisé au cours de la formation et des stages cliniques d’Emelyne Dronsart, Célia Binon, Laura François et Célia Michotte. Confrontées quotidiennement aux réalités vécues par les femmes, elles ont identifié un besoin en matière de confort et de soulagement des douleurs menstruelles et post-partum. Dans le cadre d’un cours consacré au développement fictif d’un projet entrepreneurial, les quatre étudiantes ont alors imaginé une culotte menstruelle 3-en-1 associant protection, confort et soulagement de la douleur. Rapidement, leur idée a dépassé le cadre académique pour devenir un véritable projet d’innovation en santé féminine.

reconnaissance européenne

Les fondatrices ont présenté leur projet lors du concours européen Gen-E, consacré à l’entrepreneuriat étudiant. Leur initiative a séduit le public, qui lui a décerné son prix. Cette distinction a conforté les étudiantes dans leur volonté de poursuivre le développement du produit. Elles ont également créé une page Instagram afin de faire connaître leur projet et de partager conseils et informations autour de la santé féminine.

Des matériaux durables

L’équipe travaille actuellement sur la conception de plusieurs prototypes. Les recherches portent notamment sur l’utilisation de matériaux durables tels que le coton biologique et le bambou, choisis pour leurs qualités de confort et leur respect de la santé des utilisatrices. À court terme, les étudiantes prévoient de développer deux à trois prototypes et de les tester auprès d’une vingtaine de femmes afin de recueillir des retours qualitatifs. Ces essais permettront d’évaluer l’efficacité du produit et d’affiner sa conception avant une mise sur le marché progressive.

Être étudiantes-entrepreneures permet de transformer ces observations cliniques en innovations concrètes tout en vivant une expérience unique dans le développement complet d’un projet entrepreneurial. » – L’équipe Les Culottées

Une expertise issue de la pratique du métier de sage-femme

Les quatre fondatrices s’appuient sur leur expertise en anatomie féminine et en accompagnement clinique, acquise au cours de leur formation. Elles complètent ces compétences par des connaissances en communication, marketing et créativité. Pour accompagner la croissance du projet, elles envisagent de collaborer avec des spécialistes des domaines financier, juridique et industriel. En attendant, « la bourse (reçue à l’issue du concours européen) représente un soutien essentiel pour concrétiser les prototypes, tester le produit auprès des utilisatrices, affiner le modèle économique et rapprocher la culotte 3-en-1 du marché tout en bénéficiant de conseils d’experts pour sécuriser et renforcer la réussite du projet ».

 

Vers la page Instagram Les Culottées 

Allocations familiales : y voir plus clair avec le chatbot Iris, tout juste primé

Un assistant numérique pour aider les familles bruxelloises à naviguer dans le paysage des allocations familiales ? C’est ce que Famiris, la caisse publique d’allocations familiales bruxelloise d’Iriscare, a lancé en 2025. Nommé Iris, il est le premier chatbot IA de Belgique et répond à toutes vos questions sur les allocations familiales bruxelloises. Une innovation saluée puisqu’elle vient tout juste de remporter un Computable Award 2026.

{Communiqué de presse de Iriscare}

C’est une belle récompense pour Famiris, la caisse publique bruxelloise d’allocations familiales d’Iriscare : le chatbot Iris a remporté un Computable Award 2026 dans la catégorie IT Project of the Year in Government. Cette distinction récompense des projets informatiques apportant une réelle valeur ajoutée dans leur secteur. Pour Iriscare, il s’agit d’une reconnaissance forte de notre manière d’intégrer l’innovation digitale dans nos services : de façon réfléchie, responsable et toujours en partant des besoins des utilisateurs.

Iris, un assistant numérique

Le système des allocations familiales est complexe et se compose de différents régimes selon les régions, ce qui fait que les familles ne retrouvent pas toujours facilement les informations adéquates. C’est pourquoi Famiris a lancé Iris : un chatbot IA qui offre aux familles bruxelloises des réponses compréhensibles et fiables à leurs questions sur les allocations familiales bruxelloises. L’assistant numérique regroupe toutes les informations de base de Famiris en un seul endroit et guide les utilisateurs pas à pas dans la compréhension de leurs droits et des procédures à suivre. L’assistant IA répond en français, en néerlandais et en anglais et base ses réponses exclusivement sur des foires aux questions soigneusement élaborées par Famiris.

Aider les familles, notre priorité

Iris aide chaque jour les familles bruxelloises en leur fournissant des réponses accessibles et fiables aux questions générales sur leurs allocations familiales. Il constitue ainsi un complément précieux à notre accompagnement personnalisé. Il ne s’agit pas de technologie pour la technologie, mais d’un outil qui permet d’aider plus rapidement les familles. Cette valeur ajoutée se traduit aussi par des résultats concrets : en moyenne 129 conversations par jour et un taux de satisfaction de 91 %.

À propos d’Iriscare

Iriscare est un organisme d’intérêt public (OIP) bicommunautaire et le point de contact privilégié pour tout ce qui concerne la protection sociale en Région bruxelloise. Avec ses partenaires, Iriscare veille à ce que tous les Bruxellois obtiennent ce à quoi ils ont droit : des allocations familiales aux services de soins et d’accompagnement des aînés et personnes en situation de handicap. Accessibilité, professionnalisme et qualité : chaque jour, pour tous.

“Birth Loud & Birth Proud” : quand les mères s’expriment pour promouvoir les naissances respectées

Fin du mois dernier, la Plateforme citoyenne pour une naissance respectée lançait sa campagne “Birth Loud & Birth Proud” à l’occasion de la Semaine internationale pour des naissances respectées. Il s’agissait de récolter une série de témoignages de mères afin de « rendre visibles les expériences, les voix et les réalités vécues autour de la grossesse, de l’accouchement et du post-partum ». Des paroles précieuses désormais disponibles sur le site de la Plateforme. 

Born in Brussels se positionne en soutien de la première heure de cette Plateforme citoyenne. Depuis le début, leurs initiatives sont systématiquement relayées sur notre site : Violences obstétricales et gynécologiques : nouvelle formation pour les détecter et intervenirColloque sur la « Santé sexuelle et reproductive des femmes précarisées » : partage de bonnes pratiques ;  Carte blanche : « Signez pour que la maternité ne pénalise plus les femmes ! » ; Etc.

Neuf témoignages sur la naissance

Nouvelle initiative à présent : cette série de témoignages sur la naissance. Il s’agissait de « se mettre à leur écoute ; la meilleure manière de faire évoluer notre société et nos institutions pour des soins toujours plus respectueux des droits des usagères ». Neuf femmes se sont ainsi exprimées sur différentes thématiques qui ont ensuite été décryptées et analysées par la Plateforme. Voici quelques exemples repris du site :

Être écoutée ne devrait pas être un combat

Aujourd’hui encore, trop de femmes racontent ne pas avoir été écoutées lorsqu’elles exprimaient leur douleur, leurs inquiétudes ou leurs besoins dans le cadre des soins. Ce manque d’écoute est encore renforcé lorsque les femmes sont racisées, handicapées ou issues d’un groupe minorisé.

Pour des choix réellement libres et éclairés

L’accès à une information complète et honnête est une condition essentielle pour pouvoir faire des choix libres et éclairés pendant la grossesse et l’accouchement.

Je suis fière d’avoir pris le temps de choisir THE sage-femme et le gynéco avec qui elle aimait travailler pour mon accouchement”, exprime Doris, l’une des mamans interviewée.

La prise en compte d’une expérience positive de l’accouchement

L’Organisation mondiale de la Santé souligne l’importance de garantir une expérience positive de l’accouchement. Celle-ci ne se limite pas à de bons résultats cliniques : elle implique aussi que les femmes et les personnes qui accouchent se sentent respectées, écoutées et en sécurité. Elle doivent avoir la possibilité d’être impliquées dans toutes les décisions qui concernent leur corps et leur naissance.

Rendre visible l’invisible

La grossesse, l’accouchement, le post-partum et l’allaitement mobilisent d’importantes ressources chez les femmes et les personnes concernées. Ces transformations majeures impliquent un travail sur le plan physiologique et psychoaffectif et impactent également la vie sociale et économique des femmes. Parce que ces expériences sont souvent présentées comme « naturelles » ou allant de soi, l’investissement qu’elles demandent tend à être minimisé, alors même qu’il transforme profondément les corps, les rythmes de vie, les relations et les équilibres psychiques. Entre idéalisation et banalisation, la maternité et son coût sont largement invisibilisés dans notre société.

Le soutien comme enjeu collectif autour de la naissance

Le sentiment de sécurité, de confiance et de capacité à traverser cette période est profondément influencé par la qualité du soutien affectif reçu — qu’il soit familial, amical ou professionnel. Pouvoir compter sur une équipe soignante à l’écoute et bienveillante et des proches impliqué·es peut transformer l’expérience de la naissance et du post-partum.

Pendant le travail, je me suis sentie vraiment forte parce que j’étais entourée de personnes qui se souciaient profondément de moi et de mes bébés”, se souvient Valeriya, 33 ans, maman de jumeaux.

Pour un réel choix autour du lieu de naissance

En Belgique, différents lieux d’accouchement existent — hôpital, maison de naissance ou domicile — mais ces possibilités restent inégalement accessibles selon les régions. Un aperçu des options possible est disponible sur le site Born in Brussels – Les différents lieux d’accouchement. Le SPF Santé publique rappelle également l’importance de promouvoir un accompagnement de qualité dès le début de la vie et de soutenir le bien-être des familles autour de la naissance. SPF Santé publique – Promouvoir un avenir sain dès la naissance

Lire l’ensemble des témoignages et leurs analyses

Quelques mots sur la Plateforme citoyenne

Ce collectif s’est formé dans le but d’interpeller le monde politique afin de garantir le droit de toutes les femmes à une naissance respectée. La Plateforme rappelle aussi le droit des femmes à choisir les circonstances de leur accouchement dans l’intérêt des nouveau-nés, des mères et de leur partenaire. Elle promeut l’empowerment des femmes au moment des grossesses, accouchements et post-partum. Elle défend l’accès à des services de santé de qualité et le droit des femmes à être actrices de leur grossesse, de leur accouchement et plus généralement de toutes les étapes de leur vie sexuelle et reproductive. Et enfin, elle soutient toutes les initiatives qui visent à défendre les acquis en matière de respect des diverses orientations sexuelles, de contraception, d’avortement et d’éducation sexuelle.

→ Vous souhaitez soutenir ce travail ? Engagez vous au sein de l’organisation et/ou au sein du réseau.

→ N’hésitez pas à soutenir la Plateforme en faisant un don, en en parlant autour de vous, en la contactant ou en partageant l’information autour de vous.

 

Partagé par Sofia Douieb

À Bruxelles, les inégalités commencent dès le berceau !

En Région bruxelloise, les inégalités sociales impactent les enfants avant même leur naissance. C’est ce que met, entre autres, en lumière l’Observatoire de la Santé et du Social (Vivalis) au sein de son baromètre social annuel consacré à la pauvreté et aux inégalités sociales en Belgique. Les chiffres dressent le portrait d’une région jeune, mais particulièrement touchée par la pauvreté des enfants et des adolescent.e.s. En effet, en 2023, 33 % d’entre eux.elles vivaient dans un ménage dont le revenu se situait sous le seuil de risque de pauvreté.

Nos collègues de l’Observatoire de la Santé et du Social ont bien voulu, pour nous, extraire de leur baromètre annuel toutes les données relatives aux enfants. À travers ces données, le caractère multidimensionnel de la pauvreté infantile à Bruxelles est mis en évidence. Revenus, logement, santé, accès aux soins, santé mentale et scolarité sont étroitement liés et influencent durablement les parcours des enfants. Voici ce qui ressort du baromètre.

Une Région jeune, mais particulièrement touchée par la pauvreté infantile

Au 1er janvier 2024, la Région de Bruxelles-Capitale comptait 1.249.597 habitants, dont près de 272.000 enfants et adolescents de moins de 18 ans, soit 22 % de la population. Cette proportion est plus élevée qu’en Flandre et en Wallonie. Mais cette jeunesse s’accompagne d’une précarité importante. En 2023, 33 % des enfants et adolescents bruxellois vivaient dans un ménage dont le revenu se situait sous le seuil de risque de pauvreté. En Région bruxelloise, 42 % des enfants sont également considérés comme étant à risque de pauvreté ou d’exclusion sociale (AROPE). Certaines situations familiales exposent davantage encore les enfants à la précarité. Parmi les familles monoparentales, 58 % sont concernées par le risque de pauvreté ou d’exclusion sociale.

Taux de risque de pauvreté par type de ménage, Région bruxelloise et Belgique, revenus 2023 – Source : EU-SILC 2024

Les inégalités commencent avant la naissance

Les données rassemblées par l’Observatoire montrent que les conditions socioéconomiques influencent déjà la santé des enfants dès la grossesse et la naissance. En 2021 :

  • 16 % des enfants sont nés dans un ménage sans revenu du travail ;
  • 27 % dans un ménage avec un seul revenu du travail ;
  • 14 % dans un ménage où la mère vivait seule au moment de la naissance (parmi ces mères isolées, 62 % ne disposaient pas de revenu du travail).

Les conséquences sur la santé périnatale sont importantes. Entre 2015 et 2021, les enfants nés dans un ménage sans revenu du travail présentaient un risque de mortinatalité environ trois fois plus élevé que ceux nés dans un ménage avec deux revenus du travail. Leur risque de mortalité infantile avant l’âge d’un an était également plus de deux fois supérieur. Le rapport rappelle que les conditions de vie, l’accès aux soins, le logement, l’alimentation ou encore le stress chronique vécu par les parents ont un impact direct sur la santé des enfants, y compris avant leur naissance.

Le logement, un facteur majeur des inégalités

Le document souligne également l’importance des difficultés liées au logement dans les trajectoires des familles bruxelloises. La Région bruxelloise compte une forte proportion de locataires et des loyers particulièrement élevés. Pour les ménages aux revenus les plus faibles, les dépenses liées au logement représentent parfois plus de la moitié des revenus disponibles. En 2023, les 10 % des Bruxellois disposant des revenus les plus faibles consacraient 56 % de leurs revenus aux dépenses relatives au logement. Après paiement du loyer et des charges, il ne leur restait en moyenne qu’une dizaine d’euros par jour et par personne pour couvrir l’ensemble des autres dépenses essentielles. Les conséquences sur les conditions de vie des enfants sont nombreuses :

  • logements surpeuplés,
  • problèmes d’humidité,
  • difficultés de chauffage,
  • déménagements fréquents,
  • stress familial accru.

En Région bruxelloise, 50 % des enfants et adolescents de moins de 18 ans vivent dans un logement surpeuplé. Ce chiffre atteint 74 % parmi les 20 % des enfants les plus pauvres. Par ailleurs, 23 % des mineurs vivent dans un logement considéré comme de faible qualité, selon la définition de l’Observatoire de la Santé et du Social.

Des privations qui touchent le quotidien des enfants

L’enquête EU-SILC met également en évidence une privation spécifique des enfants âgés de 0 à 15 ans. En Région bruxelloise, 23 % des enfants vivent dans un ménage qui ne peut pas, pour des raisons financières, répondre à au moins trois besoins considérés comme essentiels. Parmi les privations les plus fréquentes figurent :

  • l’impossibilité de partir une semaine en vacances ;
  • la difficulté à remplacer des vêtements usés ;
  • l’impossibilité de consommer quotidiennement des protéines ;
  • les difficultés à participer à certaines activités de loisirs ou scolaires.

Le rapport rappelle que ces privations ont des conséquences qui dépassent les seules questions matérielles et influencent également la socialisation, le bien-être et le développement des enfants.

impacts sur la santé physique et mentale

Les inégalités sociales se traduisent aussi par d’importantes inégalités de santé. Les conditions de logement dégradées et le surpeuplement favorisent notamment les maladies respiratoires, la propagation des maladies contagieuses ainsi que les problèmes de santé mentale liés au stress et à l’anxiété.

Le baromètre souligne également que les personnes ayant de faibles revenus sont davantage exposées aux troubles dépressifs, aux problèmes de santé mentale et aux difficultés d’accès aux soins.

En Région bruxelloise, 38 % des ménages déclarant avoir des difficultés à joindre les deux bouts ont reporté des soins de santé pour des raisons financières. Ce phénomène touche particulièrement les familles monoparentales.

les parcours scolaires en pâtissent

Les conditions de vie influencent enfin les trajectoires scolaires des enfants et des adolescents. En 2022-2023, 17 % des élèves du secondaire en Région bruxelloise présentaient un retard scolaire d’au moins deux ans. Les proportions les plus élevées sont observées dans les communes les plus précarisées. Le rapport rappelle que les difficultés économiques, le chômage, les parcours migratoires, les conditions de logement ou encore le manque d’espace pour étudier à domicile peuvent avoir des conséquences directes sur les apprentissages et la réussite scolaire.

Vers le Baromètre social 2025