En France, une nouvelle invention, appelée Miaro, vient de voir le jour dans le domaine de la gynécologie. Une blouse pratique et réutilisable sera bientôt proposée aux patientes afin de mieux préserver leur intimité lors des consultations. Une initiative davantage symbolique que révolutionnaire à l’heure des dénonciations de plus en plus vives des violences obstétricales et gynécologiques.
C’est en observant le malaise de ses filles lors d’examens médicaux que Rodolphe Cressonnier, ingénieur à Troyes, a eu l’idée de créer cette blouse gynécologique. Une invention qui révèle une question partagée par la majorité des femmes : pourquoi doivent-elles encore se dénuder presque entièrement pour des examens ciblés ?
Une réponse aux violences gynécologiques ?
Ces dernières années, la parole autour des violences obstétricales et gynécologiques s’est largement libérée. Examens pratiqués sans consentement clair, gestes brusques, paroles déplacées, infantilisation ou banalisation de la douleur : pour de nombreuses femmes, le parcours de soin est aussi un parcours de dépossession du corps. Dans ce contexte, la question de l’exposition imposée n’est pas anodine. Repenser la tenue médicale, c’est aussi reconnaître que le respect de l’intimité participe à la prévention de ces violences, ou du moins à leur prise de conscience.
L’importance de préserver l’intimité 
Contrairement aux blouses médicales classiques, Miaro (« miharo » en malgache, signifiant protection) est modulable et enveloppante. Elle permet d’accéder uniquement aux zones nécessaires à l’examen, sans exposer le reste du corps. Une approche par « ouvertures ciblées », qui redonne à la patiente une forme de contrôle et de dignité. Selon son inventeur, interviewé par le journal Ouest-France,
Ce détail vestimentaire change profondément l’expérience du soin, en réduisant la sensation de vulnérabilité souvent associée aux consultations gynécologiques. »
Des bénéfices bien au-delà du confort
Sur le site de Miaro, on peut retrouver la liste des avantages de la blouse, qui sont autant psychologiques que pratiques : diminution de l’anxiété, sentiment de respect accru, meilleure relation de confiance avec le.la soignant.e. On peut lire : « La blouse est pensée pour s’adapter à toutes les morphologies et s’inscrit dans une démarche inclusive, tant dans sa conception que dans sa fabrication locale, impliquant des personnes en situation de handicap et un système de réutilisation durable. »
Déploiement de l’invention encore incertain
Son déploiement reste limité à des phases de tests dans certains services hospitaliers, et son adoption à grande échelle dépendra autant des institutions que des habitudes médicales. Au-delà de la gynécologie, le principe de cette blouse pourrait inspirer d’autres domaines médicaux où le corps est exposé : radiologie, soins post-opératoires, examens invasifs. Elle ouvre la voie à une réflexion plus large sur les vêtements médicaux comme outils de soin à part entière, capables de prendre en compte non seulement le corps, mais aussi l’histoire, la pudeur et la sensibilité de celles et ceux qui le portent.







