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Vers une approche coordonnée de lutte contre les violences gynécologiques et obstétricales en Belgique

Après la très bonne nouvelle, fin janvier, de la reconnaissance des violences obstétricales et gynécologiques par le parlement bruxellois, le groupe de travail interfédéral en la matière surfe sur la vague et propose « des actions prioritaires afin de mener une politique de lutte et de prévention ambitieuse contre ces violences de genre ».

Parmi la quinzaine de membres de ce groupe de travail interfédéral : Vivalis (qui chapeaute notre site Born in Brussels), le SPF Santé Publique, la Plateforme citoyenne pour une naissance respectée, l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes, safe.brussels, l’Union professionnelle des sages-femmes belges, la Fédération Wallonie-Bruxelles, etc.

Cette recommandation constitue une base pour le développement d’une approche coordonnée de lutte contre les VGO en Belgique. » – Groupe de travail interfédéral VGO

Définition commune et recommandations

Au sein du communiqué de presse du groupe de travail, on peut lire : « Cette recommandation propose une définition commune des VGO et formule des recommandations structurées autour de plusieurs axes : amélioration de l’information des patient·e·s et de leur participation aux décisions, renforcement de la formation et des conditions de travail des professionnel.le.s, développement de soins plus inclusifs, amélioration de la collecte de données et mise en place d’un financement durable. »

→ Lire le document complet : Recommandation relative à l’élaboration d’une politique en matière de prévention et de lutte contre les violences gynécologiques et obstétricales

Que dit le rapport ?

La première chose à souligner en parcourant le document, c’est la définition commune des VGO : « On peut définir les violences gynécologiques et obstétricales (ci-après « VGO ») comme tout acte, parole, comportement, omission ou abstention commis par les professionnel.le.s dans le cadre des services de santé sexuelle et reproductive qui va porter atteinte à l’intégrité des femmes et entraine, ou est susceptible d’entrainer, des dommages ou souffrances de nature physique ou psychologique. »

Le rapport souligne ensuite que ces violences s’inscrivent dans un contexte structurel et peuvent avoir des conséquences durables sur la santé, la confiance envers les soins et le bien-être des patient.e.s, mais aussi sur les professionnel.le.s.

Les sept recommandations prioritaires

Enfin, sept recommandations prioritaires sont avancées, parmi lesquelles : mieux informer les patient.e.s sur leurs droits, renforcer la formation des soignant.e.s, promouvoir une relation de soin basée sur le consentement et le partenariat, améliorer l’inclusivité des soins pour les publics vulnérables, soutenir les équipes via des espaces d’échange, et développer la collecte de données à l’échelle nationale.

Ce groupe de travail constitue une première expérience de coopération interinstitutionnelle et intersectorielle sur la lutte contre les violences gynécologiques et obstétricales (VGO) en Belgique. Il a permis de réunir autour d’une même table des acteurs aux perspectives complémentaires afin d’améliorer collectivement la prise en charge et la prévention de ces violences. L’importance d’un tel travail avait d’ailleurs été soulignée dans le rapport d’information du Sénat consacré au droit à l’autodétermination corporelle et à la lutte contre les violences obstétricales. » — Institut pour l’égalité des femmes et des hommes

La péridurale ambulatoire : une avancée majeure enfin proposée à Bruxelles

Une première en Belgique francophone : l’Hôpital Universitaire de Bruxelles (H.U.B) propose la péridurale ambulatoire pour les accouchements par voie basse. Les femmes peuvent continuer à bouger pendant le travail tout en étant soulagées de la douleur. Une évolution importante qui vise à améliorer le confort, favoriser le bon déroulement de l’accouchement et renforcer l’autonomie des patientes, sans compromis sur la sécurité.

(Communiqué de presse de l’H.U.B)

Une avancée majeure qui révolutionne l’expérience de la naissance, en permettant aux femmes de rester actrices de leur accouchement, tout en favorisant le bon déroulement du travail, au bénéfice des mamans comme des bébés. 

Une première en Belgique francophone

Le service de gynécologie-obstétrique de l’H.U.B franchit une étape majeure dans l’accompagnement des naissances. Il devient le tout premier service en Belgique francophone à proposer l’accouchement par voie basse sous péridurale ambulatoire.

Concrètement, cette innovation permet aux femmes enceintes de se déplacer librement pendant le travail, tout en bénéficiant d’un soulagement efficace de la douleur. Jusqu’à présent, la péridurale classique entraînait une perte de mobilité, obligeant les patientes à rester alitées. Grâce à ce nouveau protocole, la douleur est contrôlée, les sensations sont préservées et la mobilité des membres inférieurs maintenue.

Pourquoi le mouvement pendant le travail est essentiel ?

De nombreuses études médicales démontrent que la mobilité et les positions verticales pendant le travail favorisent le bon déroulement de l’accouchement :

  • Le mouvement aide le bébé à mieux s’engager dans le bassin
  • Il peut raccourcir la durée du travail
  • Il est associé à une diminution du recours aux instruments(forceps, ventouse)
  • Il améliore le confort maternel et l’autonomie de la future maman

Dr. Clotilde Lamy, Directrice de la Clinique de Gynécologie Obstétrique de l’H.U.B : « Léonard de Vinci l’affirmait déjà : le mouvement, c’est la vie. »

Cette approche s’inscrit dans une vision moderne de l’obstétrique, centrée sur la sécurité médicale, mais aussi sur le respect de la physiologie et de l’expérience vécue par les patientes.

Une réussite rendue possible par un travail d’équipe inédit

Cette innovation est le fruit d’une collaboration étroite entre les équipes de gynécologie-obstétrique et d’anesthésiologie de l’H.U.B. Ensemble, elles ont élaboré un nouveau protocole clinique spécifique. Cette collaboration garantit, une nouvelle fois, un haut niveau de sécurité pour la mère et l’enfant, tout en ouvrant de nouvelles perspectives dans l’accompagnement de la naissance.

Sommeil du bébé : « Il n’est jamais honteux de demander de l’aide ! »

Le sommeil du tout petit éprouve tous les parents. Peu importe que l’enfant dorme bien ou qu’il ait plus de mal à rejoindre les bras de Morphée, il n’est jamais simple de se lever en plein milieu de la nuit pour prendre soin de son nouveau-né. Dans certains cas, les réveils nocturnes trop réguliers impactent plus profondément certains parents qui n’arrivent plus à sortir la tête de l’eau. Dans ces cas-là, des solutions existent et, selon Lucia Pecchini, conseillère en sommeil – interviewée par Born in Brussels –, « il n’est jamais honteux de demander de l’aide ! »

« Je suis consultante en sommeil infantile certifiée à l’international (Sleep Sense®), l’un des programmes de formation les plus reconnus dans le domaine du sommeil du nourrisson et du jeune enfant. Mon travail est centré sur l’accompagnement des familles pendant la grossesse et la petite enfance, avec une attention particulière portée au sommeil en tant que pilier fondamental du développement de l’enfant et du bien-être parental. J’accompagne les familles en les aidant à mieux comprendre le sommeil du nouveau-né et de l’enfant, à prévenir les difficultés de sommeil et à traverser les périodes de perturbation grâce à une approche respectueuse et basée sur des données probantes. » – Lucia Pecchini, conseillère en sommeil.

Troubles du sommeil chez les bébés

Avant ses six mois, un bébé aura tendance à se réveiller plusieurs fois par nuit pour réclamer le sein ou le biberon. À partir de six mois, s’il a un certain poids, il devrait pouvoir faire ses nuits. En théorie du moins, car chaque enfant est bien sûr différent, avec ses propres besoins. Il peut par exemple souffrir de coliques ou avoir les dents qui poussent ou être sujet à certaines angoisses de séparation… Rien n’est vraiment figé. Toujours est-il que certains parents s’accommodent moins bien de toutes ces sollicitations (parce qu’ils n’ont pas de relais ou qu’ils ont du mal à faire le lien avec l’enfant, par exemple). Pour autant, ils ne devraient pas souffrir inutilement et ne pas hésiter à faire appel à des spécialistes dans le domaine ; que ce soit à l’hôpital, au sein de centres dédiés ou même à domicile.

« Je trouve que dans cette société, les parents ne sont pas suffisamment soutenus, alors qu’il faut juste leur donner les bons outils. La rhétorique de dire que ‘c’est comme ça’, qu’il faut tenir de le coup, je ne l’accepte pas. On n’est pas obligé de souffrir à ce point ; des solutions existent ! », précise Lucia Pecchini.

Les étapes d’urgence en cas de perte de contrôle

Si d’aventure un parent venait à perdre patience avec son nourrisson et qu’il se sentirait tout à coup à la limite de la perte de contrôle, il ne faut pas réfléchir trop longtemps et se rendre directement aux urgences les plus proches. Une équipe sur place est formée pour prendre le relais durant quelques heures et s’occuper de l’enfant pour le maintenir en sécurité. Certains centres peuvent ensuite prendre le relai comme Amala Espace Naissance, Naissantiel, Grandir Ensemble ou encore Pep’s Périnat. Si le besoin d’un suivi plus personnalisé se fait sentir, une conseillère en sommeil peut alors être contactée (directement par le parents ou par les centres ou les crèches). C’est seulement à ce moment-là que des spécialistes comme Lucia Pecchini peuvent entrer en jeu. Elle-même pourra ensuite orienter les parents vers une conseillère en allaitement ou un.e autre spécialiste, selon la problématique du bébé.

Collaboration avec PsyBru pour la sensibilisation au burnout parental

Dans le cadre de son partenariat avec PsyBru (depuis octobre 2025), Lucia collabore étroitement avec une psychologue afin de proposer des actions conjointes de sensibilisation et de prévention au sein des crèches. « Ensemble, nous sensibilisons les familles aux impacts du manque de sommeil sur le burn-out parental, le bien-être émotionnel et la sécurité globale des familles, en particulier durant les premières années de vie de l’enfant », explique la jeune femme.

Il s’agit ainsi de mettre en place, avec les milieux d’accueil, divers objectifs :

  • L’organisation de séminaires réguliers sur le sommeil, adaptés aux différentes tranches d’âge ;
  • La transmission d’informations pratiques et préventives aux futurs parents pour les aider à aborder sereinement le sommeil de leur nouveau-né

Plus d’infos à venir sur le site de PsyBru 

 

 

Sofia Douieb

Renforcer la littératie en santé pour les futurs parents, un enjeu clé !

Grossesse, accouchement et post-partum constituent un moment déterminant pour la santé de l’enfant et de ses parents. Pourtant, à Bruxelles, de nombreuses familles, en particulier celles en situation de précarité ou d’exil, rencontrent des difficultés à accéder aux informations de santé, à les comprendre et à s’orienter dans les services. Des solutions semblent pourtant exister et Cultures&Santé a eu la bonne idée de les compiler au sein d’une fiche succincte nommée : « Comment soutenir la littératie en santé en période périnatale ? »

Selon Cultures&Santé : « La littératie en santé désigne la capacité à accéder à l’information, à la comprendre, à l’évaluer et à l’utiliser pour prendre des décisions éclairées. »

La fiche sur la littératie en santé (LISA) en période périnatale (réalisée en collaboration avec Proforal et ses Ateliers sociolinguistique périnatalité) est déjà la dixième développée par Cultures&Santé, une structure bruxelloise engagée dans la lutte contre les inégalités sociales de santé. Ces fiches sont pensées comme des outils pratiques à destination des professionnel.le.s de terrain et visent à rendre les parcours de soins plus accessibles, cohérents et humains.

La littératie en santé, un levier contre les inégalités

En période périnatale (c’est le cœur du sujet de cette dixième fiche LISA), la littératie en santé est essentielle pour prévenir les complications, soutenir la santé mentale des parents et favoriser le bon développement de l’enfant. Mais les disparités sont malheureusement encore trop flagrantes entre les (futures) mamans. En ce sens, l’association met en avant le fait que « les femmes nées en Afrique subsaharienne sont cinq fois plus à risque de débuter leur suivi prénatal tardivement que celles nées en Belgique. En raison, notamment, de freins socio-économiques mais aussi d’une reconnaissance plus tardive de la grossesse et l’absence de besoins ressentis. »

Des freins multiples pour les (futurs) parents

Toujours pour reprendre les informations de la fiche explicative de Cultures&Santé, il semblerait que plusieurs facteurs limitent l’exercice de la littératie en santé chez les parents. Ils doivent notamment naviguer dans des systèmes de soins et sociaux complexes, dont les codes restent peu lisibles pour celles et ceux qui n’y sont pas familiarisés. Cette difficulté est renforcée par une surabondance d’informations, parfois techniques ou contradictoires, provenant des professionnel·les de santé, de l’entourage ou des réseaux sociaux. Le manque de temps, comme les consultations courtes et séjours en maternité de plus en plus réduits, complique encore l’appropriation des informations, dans un contexte où la santé mentale peut être fragilisée par les bouleversements physiques, hormonaux et identitaires liés à l’arrivée d’un enfant. La barrière linguistique constitue également un frein majeur à l’accès à une information autonome et compréhensible, obligeant parfois à passer par des tiers au détriment de la confidentialité, tandis que l’implication encore insuffisante des pères, souvent relégués à un rôle secondaire, renforce les inégalités de genre et la charge qui pèse sur les mères.

Des pistes concrètes pour agir sur le terrain

Soutenir la littératie en santé ne se limite pas à transmettre de l’information. Des pistes concrètes sont ainsi décrites par l’association :

  • Favoriser une entrée la plus précoce possible dans le parcours périnatal, en orientant vers des services accessibles.
  • Désigner un.e professionnel.l.e de santé de référence pour assurer la continuité du suivi.
  • Développer des activités collectives, complémentaires aux consultations individuelles : groupes de parole, ateliers pratiques, cours de préparation à la naissance adaptés.
  • Travailler avec des interprètes et médiateur.rice.s interculturel.le.s et utiliser des supports sensibles aux cultures.
  • Proposer des mises en situation, jeux de rôle ou balades exploratoires dans les hôpitaux et quartiers, afin de démystifier les lieux et les démarches.
  • Encourager des groupes mixtes, impliquant mères et pères, pour partager expériences, difficultés et solutions réalistes.

→ Vers la fiche LISA n°10 de Cultures&Santé 

Le paiement des allocations familiales doit être garanti, insiste la Ligue des Familles

Négociations gouvernementales obligent, la question des allocations familiales revient au centre du débat. Déjà marquées par des économies et une indexation moins rapide que le coût de la vie, elles pourraient subir de nouvelles pressions budgétaires. La Ligue des familles appelle les responsables politiques à faire un choix clair : garantir le financement de ces aides essentielles en transférant les moyens nécessaires à la Cocom, afin de préserver le pouvoir d’achat et la santé des familles bruxelloises.

{ Communiqué de presse de la Ligue des Familles }

Alors que les négociations en vue de former un gouvernement à Bruxelles reprennent, la Ligue des familles appelle les partis autour de la table à prendre les mesures nécessaires pour garantir le paiement des allocations familiales à Bruxelles. Dans les mois et années à venir, la Cocom peinera en effet à financer ses missions, dont les allocations familiales.

Un manque à gagner pour les familles

Plusieurs mesures ont déjà généré 33 millions € d’économies sur les allocations familiales ces derniers mois à Bruxelles. Les parents d’enfants nés avant 2020 ont désormais un manque à gagner, pour chaque enfant, de 12€ par mois. Et toutes les familles bruxelloises voient leurs allocations familiales augmenter moins vite que le coût de la vie, en raison du report de deux mois de chaque indexation. 

Malgré ces économies importantes, les allocations familiales restent sous tension. A Bruxelles, ce n’est pas la Région mais la Cocom qui a la charge des allocations familiales. Il s’agit de l’institution bilingue qui s’occupe de la santé et de l’aide aux personnes à Bruxelles : allocations familiales donc mais aussi maisons de repos, allocation d’aide aux personnes âgées en perte d’autonomie, certaines compétences de santé, notamment en ce qui concerne les hôpitaux. Elle dispose d’une certaine enveloppe budgétaire pour payer tout cela.

Transférer les moyens nécessaires de la Région à la Cocom

Dans les mois et années à venir, la Cocom peinera à financer ses missions, dont les allocations familiales.

« Il lui sera alors compliqué d’aller chercher de l’argent ailleurs : difficile de faire des économies dans les maisons de repos pour payer les allocations familiales, car on touche à des politiques essentielles », indique Madeleine Guyot, Directrice générale de la Ligue des familles. Il est à craindre qu’on nous explique qu’il n’y a pas le choix et qu’il faut faire des économies dans les allocations familiales. Or, les responsables politiques bruxellois ont le choix. Ils peuvent décider de transférer des moyens budgétaires de la Région bruxelloise à la Cocom pour financer toutes ces politiques essentielles, dont les allocations familiales. »

La Ligue des familles les appelle à faire ce choix politique, qui implique des arbitrages difficiles à la Région, mais qui sera un choix politique fort : celui de préserver les allocations familiales et la santé des familles bruxelloises.

Rappel sur les allocations familiales à Bruxelles

Sur notre site Born in Brussels, le système des allocations familiales à Bruxelles est largement détaillé. Il est notamment indiqué : « L’allocation familiale est versée chaque mois pour subvenir aux besoins de votre enfant. À Bruxelles, le montant dépend de l’âge de votre enfant et s’il a des frères ou sœurs, ainsi que de vos revenus. De plus, les montants versés peuvent augmenter en fonction de l’indexation. Dans la plupart des cas, votre dossier est maintenu à jour et vous percevez les suppléments (allocations familiales majorées) si vous y avez droit. Notez que le système a été modifié à Bruxelles pour les enfants nés à partir de 2020. En effet, il faut ajouter un certain montant pour chaque enfant né à partir de 2020. » C’est ainsi ce que reproche la Ligue des Familles dans son communiqué : « Les parents d’enfants nés avant 2020 ont désormais un manque à gagner, pour chaque enfant, de 12€ par mois. » L’association demande ainsi au gouvernement de remédier à cette inégalité.