Nouveauté à l’Hôpital des Enfants : l’Unité Nourrisson

Baptisée « Unité Nourrisson », cette nouvelle unité hospitalière se situe à la salle 68 de l’Hôpital des enfants (HUDERF). Elle s’adresse spécifiquement aux tout-petits âgés de 0 à 2 ans qui, pour la plupart, sont hospitalisés en raison de pathologies aiguës, chroniques ou postopératoires. Un suivi pluridisciplinaire à la pointe pour ces enfants avec une place toute particulière pour leurs parents.

Ces tout-petits vont donc pouvoir bénéficier d’un suivi spécialisé surtout lorsqu’il s’agit de cas particuliers : grands prématurés, soins palliatifs pédiatriques, malformations ou retards du développement. Grâce à la collaboration avec les autres services de l’hôpital, le parcours de soins de santé va s’articuler dans une logique de continuité mais aussi de co-construction. En effet, l’accueil des familles est, selon l’HUDERF, « au coeur de notre démarche de soin ».

Nos équipes collaborent quotidiennement avec tous les spécialistes de l’HUDERF pour assurer une prise en charge multidimensionnelle adaptée aux besoins médicaux, nutritionnels, psychologiques et sociaux des enfants. Après l’hospitalisation, l’unité Nourrisson garantit aussi le suivi des patients pour aider les parents à planifier les rendez-vous en ambulatoire à l’hôpital. » L’Hôpital des enfants Reine Fabiola

 Soutenir et impliquer les parents

L’unité propose ainsi plusieurs actions préventives afin d’impliquer le ou les parents dans leur (nouveau) rôle :

  • Écolage des parents : premiers soins (portage, hygiène et alimentation), soins postopératoires, alimentation adaptée en cas d’aversions ou troubles alimentaires
  • Soutien à l’allaitement maternel, avec l’appui d’une référente en lactation
  • Soutien à la parentalité : détection de la dépression post-partum, prévention de la maltraitance en collaboration avec SOS Enfants. Une psychologue et une diététicienne passent dans toutes les chambres de manière régulière
  • Suivi préventif systématique : dépistage des retards staturo-pondéraux, retards vaccinaux, troubles du développement

Le lien d’attachement est un pilier du développement à cet âge. Il ne peut pas être mis entre parenthèses par l’hospitalisation » Dr Nathalie Genis, pédiatre responsable de l’unité Nourrisson

Une place centrale pour les familles

Tout a été pensé dans les moindres détails pour favoriser un environnement adapté aux familles. Chaque chambre est individuelle et équipée d’un lit pour l’un des parents ; permettant ainsi la cohabitation jour et nuit et le maintien du lien d’attachement. Il y a aussi une kitchenette et une salle de jeux dans laquelle interviennent des éducateurs et des clowns afin de distraire les enfants. Il est également possible de profiter d’un accompagnement éducatif et psychologique ; l’école Robert Dubois, accolée à l’HUDERF, peut intervenir lors d’hospitalisations de longues durées. Tout comme l’asbl « Les Câlineuses de bébés » qui relayent momentanément les parents épuisés.

Expertise infirmière et troubles alimentaires

HUDERF ©

Les besoins spécifiques des tout-petits sont placés sous une surveillance rapprochée grâce à une équipe d’infirmières expertes en la matière. Pour favoriser une qualité continue des soins, elles disposent d’un équipement de grande qualité : un monitoring centralisé (apnées, malaises, troubles du rythme…), mais aussi un équipement en lunettes à haut débit (LHD), accompagné de leur expertise (confort respiratoire amélioré, meilleure tolérance pour le nourrisson, surveillance continue).

Les troubles alimentaires, une problématique en constante augmentation, figure comme l’un des axes essentiels de l’unité Nourrisson. Les cas de malnutritions ou de troubles de la succion requièrent l’intervention d’une équipe spécialisée : pédiatres, kinésithérapeutes, logopèdes et psychologues. Pour accompagner les familles, il faut identifier les causes et activer un processus pour retrouver une alimentation autonome.

→ Pour en savoir plus sur l’unité « Nourrison »

↓ Vidéo de présentation de l’unité nourrison (HUDERF) ↓

 

«Les équipes SOS Enfants», services de prévention de maltraitance, fêtent leurs 40 ans d’existence !

Les Équipes SOS Enfants fêtent leurs 40 ans d’existence cette année. Ces équipes, dont les missions sont la prévention, l’aide et le soin traitent chaque année pas moins de 6.500 signalements avec soupçons ou faits de maltraitance sur des enfants. Elles interviennent dans des contextes problématiques : maltraitance physique, psychologique, sexuelle, institutionnelle ou encore des situations à risque ou de négligence. Leur priorité : la sécurité immédiate de l’enfant, stopper les violences mais aussi, quand cela est nécessaire, apporter des soins. Born in Brussels tenait à mettre ces équipes à l’honneur.

«L’enfant doit être protégé contre toute forme de violences, d’atteinte ou de brutalités physiques ou mentales, d’abandon ou de négligence, de mauvais traitements ou d’exploitation, y compris la violence sexuelle. L’Etat établit des programmes pour prévenir les mauvais traitements et pour traiter les victimes ». Article 19 de La Convention Internationale des Droits de l’Enfant

SOS Enfants

Les 15 équipes SOS Enfants (3 à Bruxelles et 12 en Wallonie), agréées par la Fédération Wallonie-Bruxelles et subsidiées par l’ONE, prennent en charge les situations de maltraitance ou à risque de maltraitance sur un enfant : maltraitance physique, psychologique, sexuelle et institutionnelle, et négligence grave. Elles offrent des espaces confidentiels, gratuits, d’aide et d’écoute pour les familles qui vivent ces situations et proposent une aide spécialisée psychologique et médicale mais aussi sociale et juridique. Elles cherchent à faire émerger des pistes de solution et de soins adaptés et toujours mettant en avant l’intérêt supérieur et la protection de l’enfant.

→ Brochure de SOS Enfants à l’attention des professionnels

→ Localiser une équipe SOS Enfants près de chez vous via MyONE

{ Communiqué de SOS Enfants }

Contexte

Le 22 juin 1985 entrait en vigueur le décret qui institue les équipes SOS Enfants. Une avancée majeure dans la prise en charge des situations de maltraitance sur enfant en Fédération Wallonie-Bruxelles : la confirmation d’un modèle original d’intervention pluridisciplinaire basé sur l’expérience de terrain et une philosophie intégralement tournée vers l’enfant. 40 ans plus tard, les équipes SOS Enfants ont développé une expertise de l’accompagnement des enfants et des jeunes maltraités reconnue internationalement.
La recherche-action de 1979 qui aboutira à la création des équipes SOS Enfants part du constat que la grande majorité des faits de maltraitance intervient au sein des familles. Prévenir ou mettre fin à la maltraitance passe par une prise en charge de l’enfant victime, de celui ou celle, adulte ou enfant, qui a commis les faits de maltraitance, mais aussi de la famille dans son ensemble.
Si leur priorité reste toujours la sécurité immédiate de l’enfant et l’arrêt des violences, les équipes SOS Enfants ont également pour mission d’apporter du soin. Cet aspect thérapeutique est le cœur du modèle des équipes SOS Enfants : dégager un espace de parole pour l’enfant et mettre la famille au travail pour faire cesser ce qui dans son fonctionnement a permis la maltraitance.
Comprendre, réparer, reconstruire la cellule familiale, c’est éviter que la maltraitance ne se répète, y compris sur de futures générations.

Dès le début, une philosophie centrée sur l’enfant, qui encourage la responsabilité de toutes et tous

Il y a 40 ans donc, à la suite de cette recherche-action impulsée par l’ONE et menée dans plusieurs hôpitaux universitaires du pays, un premier décret – daté du 29 avril 1985 et entré en vigueur le 22 juin de la même année – a institué les équipes SOS enfants. La recherche-action avait, 4 ans durant, mis au jour toute la complexité de la maltraitance, son aspect intrafamilial, les nécessaires particularités de la prise en charge quand celui ou celle qui maltraite est aussi un frère, une soeur, un parent, et un constat capital : souvent l’entourage sait ou suspecte mais n’a pas suffisamment d’éléments pour dénoncer.

Comment amener le corps social à parler ? Que faire quand il n’existe qu’un doute ? Comment donner les moyens à chaque citoyen, chaque citoyenne d’agir ? Les équipes SOS Enfants, travaillant dans la confidentialité et hautement spécialisées, sont la réponse imaginée à ces questions. Prendre contact avec une équipe SOS Enfants, c’est donner la possibilité à un proche enfermé dans un cadre maltraitant de trouver du soutien.

L’optique est restée la même et, 40 ans plus tard, les familles viennent souvent d’elles-mêmes, chercher auprès des équipes SOS Enfants une aide qui n’est pas contrainte. Quand par exemple les parents comprennent que leur comportement ou le contexte familial nuit à l’enfant et qu’ils n’arrivent plus à agir pour son bien.

Un décret comme une gageure clinique et politique.

Le décret de 1985 était une gageure. Il conférait déjà aux équipes des missions très étendues : informer et former les professionnel·le·s, le grand public, et les autorités concernées ; prévenir les mauvais traitements, et assurer la prise en charge médico-psychosociale des familles vivant une situation de maltraitance. Ces interventions peuvent être activées par toute personne, particulier ou professionnel·le, institution ou organisme ayant connaissance ou suspectant des faits de maltraitance à l’égard d’un enfant.
Une responsabilité considérable était ainsi confiée aux équipes SOS Enfants : celle de pouvoir intervenir, sans obligation de recours à la justice, en privilégiant un accompagnement médico-psychosocial des familles. Une confiance qui 40 ans plus tard a montré toute sa pertinence.

Les équipes SOS Enfants reçoivent et traitent chaque année plus de 6500 signalements pour des soupçons ou faits de maltraitance sur enfants.

Aujourd’hui, le décret du 12 mai 2004, qui succède à celui de 1985, étend encore les missions des équipes SOS Enfants, leur permettant de prendre en charge non seulement les victimes mais aussi les mineurs-auteurs ou autrices de maltraitance. D’autres projets portés par des équipes SOS Enfants ont plus récemment vu le jour. En 2017, le tchat de Child Focus dédié aux victimes mineures de violences sexuelles a été repris par une équipe SOS Enfant sous le nom de « Maintenant j’en parle ».

La maltraitance est un processus sur lequel il est possible d’agir

La préoccupation première des équipes SOS Enfants est l’enfant, son bien-être et ses besoins. Après avoir fait le bilan de la situation, l’objectif sera, quand cela s’avère possible, de donner à ces familles toutes les ressources pour (re)devenir un cadre où l’enfant pourra s’épanouir. Et si l’enfant doit être écarté de son milieu familial pour sa protection, que cette séparation soit pensée et travaillée, tant avec l’enfant qu’avec sa famille. Développer la capacité des parents et de la famille à prendre soin de l’enfant est un travail qui peut être fait avant même la naissance de l’enfant. Ainsi, plusieurs équipes SOS Enfants ont développé des actions spécifiques de prise en charge des futurs parents quand un risque de maltraitance est craint, que ce soit par des tiers ou par les parents eux-mêmes.

La maltraitance est un processus qu’on peut interrompre, sur lequel il est possible d’agir !

Un travail de coopération et de réseau

Le travail des équipes SOS Enfants s’appuie sur les ressources des familles et des personnes qui gravitent autour d’elles mais aussi sur tout un réseau de services de soins et d’aide, dans un maillage souple qui permet de prendre en charge les situations dans toute leur complexité. Les équipes SOS Enfants collaborent ainsi constamment avec la diversité et la richesse des acteurs et actrices de l’aide à la jeunesse et de toutes ses institutions, de la santé, de l’enfance, de l’enseignement et des loisirs.

Néanmoins, des violences, nous le savons, se poursuivent hors de nos radars. Notre devoir est aussi d’alerter, et nous le faisons régulièrement, sur les dysfonctionnements du système ou le manque de moyens. Si les équipes SOS Enfants fêtent leurs 40 ans, la Fédération des équipes SOS Enfants, et son travail de sensibilisation et de plaidoyer politique, célèbre, elle, ses 30 ans. Elle reste à la disposition du monde politique pour donner plus de force à la lutte essentielle contre la maltraitance. Nous rappelons aussi aux familles que les portes des équipes SOS Enfants leur sont ouvertes.

24e édition pour l’opération « Lire dans les parcs » à destination des tout-petits et leurs familles

Jusqu’au 22 août 2025, les livres sortent de l’ombre pour investir les parcs et les jardins des 19 communes en Fédération Wallonie-Bruxelles/Officiel mais également en Wallonie. Il s’agit de la 24e édition de l’opération, totalement gratuite et ouverte à tous, qui vise à rendre la culture et les livres accessibles à celles et ceux qui n’en ont pas forcément l’habitude.

À la recherche d’une chouette activité à partager en famille durant les vacances d’été ? L’opération « Lire dans les parcs » est ouverte au grand public. Action de proximité, les enfants sont invités à investir le monde des livres, leur permettant d’en apprécier chaque mot, chaque illustration et chaque moment de partage. Il suffit de repérer le parc proche de chez soi, de convenir d’une date et d’y convier sa famille. N’ayez crainte, en cas de pluie, la lecture se fait dans la bibliothèque la plus proche.
L’opération Lire dans les parcs est une nécessité ! Donner l’accès à tous ceux qui ont peu ou pas accès à la culture ou aux livres. Cela a également une fonction sociale pour un certain nombre d’enfants tout en leur laissant l’occasion de rencontrer d’autres enfants au sein d’autres milieux. Gauthier Flemal, animateur pour l’opération Lire dans les parcs, interviewé par BX1

Prenez part à un moment d’évasion

Giulia Vetri, illustratrice et designer italienne ©

Initialement porté par le Centre de littérature de jeunesse de Bruxellesen collaboration avec les opérateurs d’appui de la lecture publique de la Fédération Wallonie-Bruxelles (Namur, Liège, Brabant wallon, Luxembourg et Hainaut) – chaque lieu de lecture est parrainé par une bibliothèque locale. Un lien entre l’animation du jour et le réseau est effectif. «Les enfants partent à la découverte d’histoires, racontées à voix haute par des bibliothécaires et des animatrices et animateurs. Installés à l’ombre d’un arbre ou sur une couverture colorée, ils découvrent des albums, des récits et des univers qui les invitent à rêver, rire et réfléchir.», peut-on lire sur le site de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

→ Pour découvrir le programme complet et les parcs proche de chez soi : Lire dans les parcs 2025 | Bibliothèques de la région de Bruxelles

→ D’autres parcs et jardins dans toute la Belgique. Parmi elles, La Bibliothèque centrale du Brabant wallon coordonne le programme de la province du Brabant wallon.  : Lire dans les parcs 2025 – Bibliothèques.be

Un mot sur Giulia Vetri, l’illustratrice

Née en 1989, Giulia est née dans un village situé au nord de l’Italie. Sa formation ? Un master en illustration via des études en design industriel et graphique. Ensuite, elle s’installe en 2016 à Bruxelles et travaille pour la presse et des maisons d’édition internationales. Avec une passion pour la géographie, elle imaginait déjà très jeune ses propres histoires. Mais Giulia Vetri, c’est aussi :

↓ Découvrir l’opération « Lire dans les parcs » en vidéo (reportage par BX1) ↓

Témoignage : « Autoportait d’une femme en PMA »

Un témoignage poignant sur le parcours PMA d’une jeune bruxelloise vient de paraître sur Bliss Stories (blog et podcasts autour de la naissance). En plus de transmettre un récit sans filtre, Valentine, 29 ans, a immortalisé sa traversée compliquée par de superbes clichés. 

Photo : Valentine ; auteure du témoignage disponible sur le site Bliss.

 

Born in Brussels met un point d’honneur à transmettre aux (futurs) parents un maximum d’histoires et de témoignages afin d’aider d’autres mères, d’autres familles à traverser de pareilles situations. À travers l’histoire de Valentine, ce sont des sujets délicats qui sont abordés en toute transparence (PMA, deuil périnatal…).

 → UN TÉMOIGNAGE À LIRE SUR LE SITE DE BLISS STORIES.

Entre PMA et deuil périnatal

Valentine retrace avec une sincérité bouleversante son parcours de maternité marqué par une grossesse interrompue pour raisons médicales, une profonde solitude et un long processus de procréation médicalement assistée (PMA). Expatriée entre Milan, Dublin et Bruxelles, elle traverse l’attente, le chagrin, les traitements et les épreuves du deuil périnatal en s’accrochant à son appareil photo argentique.

Un livre photo à la clé

C’est à travers la photographie — capturant son corps, ses larmes, les hôpitaux, la renaissance d’une seconde grossesse — qu’elle parvient à panser ses blessures. Ce geste intime devient témoignage : I’ve always wanted to be a mom, un livre-photo personnel et lumineux (la lumière y est omniprésente) qui célèbre la maternité dans toute sa complexité et brise le silence autour de la PMA et du deuil.

Mesures flamandes pour booster l’apprentissage du néerlandais dès 1 an

Parler néerlandais avant même de marcher ? C’est l’ambition du gouvernement flamand, qui veut renforcer l’apprentissage de la langue dès les premiers mois de vie. Début juillet, un ensemble de mesures ont en effet été approuvées ; visant à généraliser l’exposition au néerlandais dès la crèche.

Cette politique est présentée comme « nécessaire pour lutter contre l’échec scolaire », mais suscite de vives critiques, notamment de la part des syndicats d’enseignants.

Objectif : parler néerlandais dès la crèche

La ministre flamande de l’Enseignement, Zuhal Demir (N-VA), est catégorique : le combat contre les inégalités scolaires commence dans les premières années de vie. Dès l’âge de 1 an, les enfants seront davantage exposés au néerlandais dans les structures d’accueil. Une enveloppe de 12 millions d’euros a été débloquée pour renforcer les ressources éducatives néerlandophones dans les crèches et milieux d’accueil, via la ministre du Bien-être, Caroline Gennez (Vooruit). À partir de 2 ans et demi, des “sauts d’embarquement linguistiques” seront proposés aux tout-petits : des moments ludiques pour découvrir leurs premiers mots en néerlandais, avec la possibilité d’impliquer les parents.

Une logique de prévention… mais aussi de pression

L’idée est de prévenir dès le plus jeune âge les retards linguistiques qui freinent la réussite scolaire. Aujourd’hui, plus de 27 % des enfants scolarisés en Flandre ne parlent pas le néerlandais à la maison, contre 18 % il y a dix ans. Pour la ministre Demir, il faut “agir tôt, avant que le fossé ne se creuse”.

Mais cette logique de prévention s’accompagne aussi de mesures contraignantes :

  • En maternelle et en primaire, des cours en petits groupes et des “classes de héros de la langue” deviennent obligatoires pour les enfants en difficulté.
  • En secondaire, les élèves pourront se voir imposer 3 heures de néerlandais supplémentaires par semaine.
  • Des cours d’été permettront aux enfants de “rattraper” leur retard en dehors des périodes scolaires.

Des mesures “ambitieuses”, mais à quel prix ?

Si le fond du projet fait globalement consensus (mieux apprendre la langue d’enseignement dès le départ), la forme et les moyens semblent poser problème. Plusieurs syndicats dénoncent une réforme déconnectée de la réalité du terrain.

Comment allons-nous mettre cela en œuvre avec la pénurie actuelle de professeurs ? », s’interroge Marc Borremans (du syndicat ACOD).

Selon les chiffres cités par les syndicats, 10 à 15 % des postes d’enseignants sont vacants en Flandre, et jusqu’à 27 % à Bruxelles et Gand. La pénurie touche de plein fouet les écoles qui accueillent justement un public plus fragilisé sur le plan linguistique.

Avant de lancer des réformes de cette ampleur, il faut renforcer les équipes existantes, pas simplement empiler de nouvelles missions”, alerte Marianne Coopman, secrétaire générale du syndicat COV.

Les parents aussi mis à contribution

Le gouvernement flamand ne s’arrête pas là. Les parents non-néerlandophones sont aussi visés. Des séances d’information leur seront proposées pour les aider à mieux accompagner leur enfant. À terme, la ministre Demir souhaite lier l’apprentissage du néerlandais par les parents à l’octroi des allocations scolaires, une mesure jugée inquiétante par certaines associations de défense des droits sociaux.

 En résumé : un projet ambitieux, mais fragile

Le plan flamand repose sur un principe fort : plus tôt les enfants sont exposés à la langue de l’école, meilleures sont leurs chances de réussite. Mais sans un investissement massif dans les ressources humaines, ces ambitions risquent de creuser davantage les inégalités, en surchargeant les écoles et en stigmatisant les familles déjà précarisées. La question centrale reste donc : qui portera ce projet sur le terrain ? Et à quel coût humain et pédagogique ?